‹ Généralités hippiquesChapitre 2 sur 74 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

Acheter un cheval utile et s'en servir, tel est le problème que nous tenterons de résoudre; problème insoluble pour les amateurs sans expérience et dépourvus de connaissances spéciales ; problème au contraire pouvant, à de rares exceptions près, être mené à bien, quand l'acquéreur s'entoure de certaines précautions, et qu'il apporte à l'achat et à l'emploi d'un cheval une méthode rationnelle.

Nous n'avons pas ici la prétention d'écrire pour les professionnels qui, dans les écoles militaires, vétérinaires, de dre&sage, aussi bien que dans les manèges et chez les marchands de chevaux, ont appris et acquis des connaissances techniques et pratiques très étendues, mais pour les amateurs qui n'ont jamais approfondi les questions hippiques.

Disons-le dé suite. Avant de se mettre en quête de l'animal rêvé, l'acheteur doit faire un examen de conscience. Il lui faut se demander s'il possède les connaissances suffisantes pour juger non seulement du plus ou moins de chic d'un cheval, mais encore pour reconnaître une bonne conformation d'une mauvaise, pour découvrir les tares nombreuses qui échappent à l'œil inexpérimenté, pour distinguer enfin parmi ces tares et ces défauts quels sont les plus ou moins nuisibles.

Le résultat de cet examen sera rarement à l'avantage de celui qui le fera en toute sincérité.

Beaucoup de sportsmen ont appris à monter à cheval au collège, en allant une fois par semaine au manège. Des écuyers

expérimentés leur ont donné d'excellents principes, sans toutefois, faute de temps, leur apprendre la pratique du cheval.

Sorti du collège, le jeune homme, pris par ses études, ses occupations, ou simplement ses obligations mondaines, a toute autre chose à faire qu'à compulser des traités savants; ce qui ne l'empêchera pas de parler en connaisseur quand il se trouvera en compagnie sportive. Des mots récoltés au hasard serviront à émailler sa conversation et à le poser en homme de cheval, quand il parlera à plus igTiorant que lui.

Parler cheval est à la mode ; chacun veut briller, ou tout au moins, ne pas paraître nul; c'est pourquoi la plupart des jeunes gens, par crainte du ridicule, n'osent pas interroger quand, devant eux, il est question de choses qu'ils ignorent. Ils se promettent bien de consulter un traité d'hippologie ou d'équitation ; mais le volume coûte cher, il ne se rencontre pas dans la bibliothèque, le libraire ne l'a pas chez lui et en fin de compte l'oubli se fait et les apprentis-sportsmen restent dans l'ignorance.

D'autre part, les connaisseurs sont peu prodigues de bons conseils; et, comme autrefois les druides, ils ne veulent pas vulgariser leur science mystérieuse.

Nous conseillons aux personnes qui doivent faire un usage fréquent du cheval de lire des ouvrages sérieux écrits avec soin par des vétérinaires avertis.

L'Extérieur du cheval, de MM. Jacoulet et Chomel, devrait être le bréviaire de tout amateur. Mais les gens d'affaires et les gens du monde ne veulent pas prendre le temps de parcourir de nombreux livres, aussi tâcherons-nous de les renseigner du mieux que nous pourrons en peu de pages.

Nous dévoilerons les trucs réputés si nombreux des maquignons et nous les réduirons à de justes proportions. Nous n'avons nullement l'intention de plaider pour les marchands, dont beaucoup sont des commerçants d'une haute probité n*ayant pas besoin d'être défendus; nous nous efforcerons de démontrer que tous les trucs peuvent être découverts, et que

Page 1