LE DÉBARQUEMENT
L^emmener de suite à une place où il ne risque pas d^accident et où il n'y ait pas de violent courant d'air.
Certains wagons s'ouvrent sur le côté et tout un panneau se rabat, formant pont et permettant de débarquer sur la voie. Ce système est très commode, mais il faut veiller à ce que la descente se fasse loin d'une aiguille ou d'un embranchement dans lesquels les pieds pourraient s'embarrasser. Si l'homme d'équipe proteste, aller trouver le chef de gare.
Le règlement du port et la régularisation des signatures auront dû être faits antérieurement.
Vérifier l'état du cheval; s'il est blessé, le faire constater • immédiatement par un vétérinaire.
Les compagnies ne sont pas responsables des animaux voyageant non accompagnés; mais l'accident a pu se produire avant l'embarquement ; alors , et suivant les circonstances, vous auriez recours contre le marchand.
Votre cheval arrivé, faites-le mettre dans sa stalle ou dans son box et ne vous en occupez plus ; moins vous ferez de bruit autour de lui, plus il s'acclimatera vite.
S'il a quatre ou cinq ans, il a un grand nombre de chances pour gourmer; s'il est plus âgé et qu'il sorte d'une bonne écurie, il n'aura peut-être rien, mais dans les deux cas donnez un barbotage tiède, mêlez-y une poignée de sulfate de soude et 40 grammes de sel de nitre.
Pour ne pas ennuyer le nouvel arrivé, contentez-vous, s'il est mouillé, de le faire bouchonner rapidement et évitez-lui, pour l'instant, un pansage complet.
Recommandez à votre cocher de vous avertir s'il constate le tic ou tout autre vice rédhibitoire ; vous n'hésiteriez pas alors à appeler un vétérinaire, qui vous indiquerait la marche à suivre. En général, sur un simple certificat, le cheval sera repris.
Si avant l'expiration du délai légal, qui est de neuf jours, non compris celui de l'arrivée, vous n'aviez pas reçu de réponse du vendeur, vous mettriez le cheval en fourrière.
Premier essai, — Le lendemain de l'arrivée, montez ou attelez votre cheval, suivant ce que vous en voulez faire.
Si vous attelez, agissez avec prudence, mettez une plate-longe et des genouillères et laissez à la tète un licol en sangles muni d'une longe.
Si c'est vous qui conduisez, emmenez un aide; s'il y a difficulté, une personne seule, est complètement désarmée quand au contraire, si elle a un homme au courant, elle peut se rendre maîtresse de la grande majorité des chevaux.
Agissez avec méthode; faites ajuster le harnachement avec le plus grand soin et surtout ne dites pas : ça ira toujours pour une fois.
Le cheval le plus sage peut tout démolir s'il est attelé trop court, si sa bride est trop grande, s'il a un mors trop large ou trop étroit. Vous trouverez sur ce sujet des détails plus précis pages 89 et suivantes.
Attelez avec un collier de paille allant bien et placez la voiture dans une position telle que le démarrage se produise en descendant.
Soyez silencieux et rapide, sans hâte apparente.
Tout doit être préparé d'avance; mais si l'homme a besoin d'aller chercher quelque chose, il devra le faire sans courir; le bruit de ses pas effrayerait le cheval impressionnable.
Si l'animal tente de partir, il sera arrêté par le licol et non par le mors.
Les guides doivent être placées à l'écurie, puis repliées dans la clé gauche de la sellette.
L'attelage terminé, prenez-les soigneusement sans les tendre, et montez en voiture sans brusquerie. L'homme resté à terre tiendra toujours la longe en main.
Sans rencontrer la bouche, faites un appel de langue et le cheval partira ou. . . ne partira pas.
S'il part, l'aide attachera la longe à la clé des attelles et montera près de vous.