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DRESSAGE

Psychologie du cheval. — Le cheval est presque stupide, mais il a beaucoup de dignité et ne prête jamais à rire. Le chien, le chat, l'âne, le dindon, le bœuf et tant d'autres animaux sont souvent ridicules par leurs cris, leurs gestes et leurs attitudes. Le cheval, lui, est toujours noble; vigoureux, il provoque l'admiration ou la crainte ; misérable, il nous invite à la pitié; en aucun cas il n'est grotesque.

Sa voix aussi est très belle et son hennissement n'est compa- ' rable aux cris ou hurlements d'aucun autre quadrupède.

Peu intelligent, il n'aime pas à apprendre et souvent, ne comprenant rien à ce qu'on réclame de lui, il envoie tout promener. Cependant, comme beaucoup d'esprits lents, il est capable d'une grande ponctualité et ce qu'il parvient à bien saisir, il l'exécute avec bon vouloir.

Il apprend successivement beaucoup de choses, et il les répète sans savoir ce qu'il fait, ni dans quel but il agit. S'il est bien dressé, il ne cherche qu'à obéir aux aides et à surprendre leur moindre indication. Cette occupation lui suffit et il ne pense pas à autre chose. Celui qui travaille dans un cirque ne voit pas les spectateurs ; il suffit de regarder son œil pour s'en rendre compte ; il cherche à apprécier les pressions des jambes ou des mains du cavalier, et à produire les mouvements qu'il sait y correspondre.

Ce sont cette ponctualité et cette attention que le dresseur doit accaparer à son profit; cela lui est assez -facile, car le cheval est doué d'une bonne mémoire, et si on ne l'embrouille pas.

qu'on ne lui demande pas des choses contradictoires, il devient un élève en somme facile.

Sa mémoire est incontestable, elle se manifeste en maintes circonstances : Un cheval de boulanger reconnaît facilement les portes où il doit s'arrêter, un hack se retrouve dans les nombreux sentiers d'une forêt; j'ai souvent été obligé d'interrompre le dressage d'un poulain pendant huit ou quinze jours, et à mon retour, je le retrouvais exactement au même point qu'à mon départ ; il n'avait donc rien oublié pendant mon absence.

J'enseigne à mes chevaux des mouvements très décomposés et très simples, qu'ils finissent par exécuter par routine comme un petit enfant répète une prière en latin.

M'adressant à la mémoire, je caresse et j'arrête dès que l'animal m'a obéi; il s'en aperçoit rapidement, et une corrélation ne tarde pas à s'établir dans son intelligence entre son obéissance et la récompense : bientôt, de soumis, il deviendra passif.

Tout pour lui est récompense ; par exemple, s'il tire sur le mors, il souffre plus ou moins des barres; dès qu'il se décontracte, il se trouve dans le vide et ne souffre plus de la bouche. Par conséquent, il pense que la cessation de souffrance est la récompense de sa flexion.

Je le prouve facilement : faites monter par un mauvais cavalier un cheval très mis aux flexions ; celui-ci les fera bien au début, mais s'il s'aperçoit que malgré ses flexions il éprouve toujours un tiraillement douloureux des rênes, il renoncera à fléchir son encolure, et il cherchera d'autres moyens pour atténuer l'effet du mors; suivant sa nature il sera rétif ou braqué.

Autre exemple : un cheval obéit sans hésiter aux jambes et à l'éperon et il déplace ses hanches avec facilité ; le mauvais cavalier l'enfourche et pique de l'éperon à tort et à travers ; infailliblement les hanches ne trouvant plus avantage à céder s'égareront et, suivant son caractère, l'animal reculera ou s'emballera, mais il n'obéira pas ; plus il aura été habitué à recevoir rapidement des récompenses par la cession des doigts ou des jambes du cavalier,

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