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PSYCHOLOGIE DU CHEVAL

plus il s^étonnera et se révoltera le jour où le relâchement des aides ne se produira pas à point.

C'est pourquoi un cheval de haute école fin et nerveux devient si facilement rétif entre de mauvaises mains». Un hunter est moins susceptible, car il connaît peu de mouvements et il n'est pas très sensible aux aides ; il trouve ses récompenses dans des repos et dans le plaisir qu'il éprouve à suivre les chiens ou les autres chevaux. Un hunter ordinaire peut être monté par la majorité des cavaliers, surtout s'il a la bouche un peu ferme et qu'il ait un mors doux ; s'il avait la bouche sensible et qu'il reçût en sautant une saccade, il croirait à un châtiment et redouterait les obstacles.

. Le cheval a encore la mémoire des sons ; bien entendu, il ne comprend pas les mots, mais il les reconnaît. J'ai l'habitude d'arrêter mes chevaux, quand ils sont à la longe, en disant : « Hhhô ! » d'une voix forte et brève ; j'arrive à les immobiliser d'autant plus brusquement que mon commandement est haut et bref. L'animal reconnaît donc bien le son et non pas seulement l'intonation. J'arrive à cela en soulignant d'un coup de caveçon chacun de mes « hhhô . Ce dressage m'a maintes fois rendu service, en me permettant, d'arrêter d'un « hhhô » sonore des chevaux prêts à emmener leurs amazones.

J'ai démontré qu'un cheval s'arrête facilement à un commandement brusque ; en revanche, il bondira en avant au moindre appel de langue s'il y est dressé.

Beaucoup de personnes, d'ailleurs peu sportives, emploient le plus doux des sons : celui du baiser, pour pousser en avant leur monture.

L'usage de la parole ne me servira que dans les débuts du dressage ; je ne parle jamais à mon cheval quand il est dressé.

Sachant donc que le cheval est attentif, ponctuel, sensible aux récompenses, qu'il m'écoute et qu'il a de la mémoire, je m'efforce de développer ces qualités au détriment des autres facultés instinctives.

Avec de la méthode, j'arrive à supprimer son indépendance et son initiative et à annihiler sa| volonté. Naturellement je n'emploie pas- la brutalité ; au contraire, je rends jmon cheval si [heureux, je le conduis avec tant d'attention, qu'il prend jentière confiance en moi ; il se persuade que, guidé par mes soins, il ne court aucun danger. Mais dès qu'il veut agir seul et en contradiction avec ce qu'il a déjà appris, je l'attaque énergiquement, pour le caresser et l'arrêter dès que l'ordre est rétabli.

Mon cheval ne doit ni me craindre, ni m'aimer; il doit me regarder l'œil paisible, ni rieur, ni farouche. Nos relations doivent être des relations d'affaires, si j'ose dire, et non d'amitié.

Pendant l'ouvrage, nous travaillons ensemble et nous ne faisons qu'un; passé ce moment, nous redevenons des indifférents.

Dans le groupe que nous formons quand je suis en selle » je dois être la volonté et lui le moteur ; la perfection en équitation est d'amener le cheval à être aussi passif qu'une automobile vibrante et obéissant à des mouvements automatiques; j'irai plus loin dans la comparaison, en affirmant qu'un poulain non dressé est assimilable à une machine dont les écrous ne seraient pas serrés. La direction est folle, la solidité contestable, la force motrice indépendante et l'ensemble est inutilisable. Quand un mécanicien a tout réglé, l'automobile file rapide ou lente, souple et silencieuse.

Le dresseur remplace le mécanicien, il règle le jeune cheval et le rend d'un emploi facile, régulier, agréable et sûr»

Premières séances. — Le rôle du cheval de selle est de transporter son cavalier d'un point à un autre ; il doit donc, avant tout, se laisser monter et ensuite se mouvoir.

Dans mon dressage, je suis la même progression et je ne demande rien d'autre au poulain que de me porter sur son dos et de marcher à peu près droit. Ce double résultat obtenu, je passe au dressage proprement dit.

Certains animaux se laissent seller, sangler et monter sans se

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