Les jarrets
Procéder à rebours pour l'examen du côté droit.
7* { Faire repasser au pas.
8" J Au trot sur un terrain dur.
9* 1 Au galop .
Vices rédhtbitoires. — Loi sur le Code rural (2 août 1884).
Article premier. — L'action en garantie, dans les ventes ou échanges d'animaux domestiques, sera régie, à défaut de conventions contraires, par les dispositions suivantes, sans préjudice des dommages et intérêts qui peuvent être dus s'il y a dol.
Art. 2. — Sont réputés vices rédhibitoires et donneront seuls ouverture aux actions résultant des articles 1 64 1 et suivants du Code civil, sans distinction des localités où les ventes et échanges auront eu lieu, les maladies ou défauts ci-après, savoir :
Pour le cheval, l'âne et le mulet : la morve, le farcin, l'immobilité, l'emphysème pulmonaire, le comage chronique, le tic proprement dit avec ou sans usure des dents, les boiteries anciennes intermittentes, la fluxion périodique des yeux.
Pour l'espèce ovine : la clavelée. Cette maladie reconnue chez un seul animal entraînera la rédhibition de tout le troupeau, s'il porte la marque du vendeur.
Pour l'espèce porcine : la ladrerie.
Art. 3. — L'action en réduction de prix, autorisée par l'article 1644 du Code civil, ne pourra être exercée dans les ventes
et échanges d'animaux énoncés à l'article précédent, lorsque le vendeur offrira de reprendre l'animal vendu, en restituant le prix et en remboursant à l'acquéreur les frais occcasionnés par la vente.
Art. 4. — Aucune action en garantie, même en réduction de prix, ne sera admise pour les ventes ou pour les échanges d'animaux domestiques, si le prix, en cas de vente, ou la valeur, en cas d'échange, ne dépasse pas 100 francs.
Art. 5. — Le délai pour intenter l'action rédhibitoire sera de neuf jours francs, non compris le jour fixé pour la livraison, excepté pour la fluxion périodique, pour laquelle ce délai sera de trente jours francs, non compris le jour fixé pour la livraison.
Art. 6. — Si la livraison de l'animal a été effectuée en dehors du domicile du vendeur ou si, après la livraison et dans le délai ci-dessus, l'animal a été conduit hors du lieu du domicile du vendeur, le délai pour intenter l'action sera augmenté à raison de la distance, suivant les règles de la procédure civile.
Art. 7. — Quel que soit le délai pour intenter l'action, l'acheteur, à peine d'être non [recevable, devra provoquer, dans les délais de l'article 5, la nomination d'experts, chargés de dresser procès-verbal; la requête sera présentée, verbalement ou par écrit, au juge de paix du lieu où se trouve Tanimal; ce juge constatera dans son ordonnance la date de la requête et nommera immédiatement un ou trois experts, qui devront opérer dans le plus bref délai.
Ces experts vérifieront l'état de l'animal, recueilleront tous les renseignements utiles, donneront leur avis, et, à la fin de leur procès- verbal, affirmeront, par serment, la sincérité de leurs opérations.
Art. 8. — Le vendeur sera appelé à l'expertise, à moins qu'il n'en soit autrement ordonné par le juge de paix, à raison de l'urgence et de l'éloignement.
La citation à l'expertise devra être donnée au vendeur dans les délais déterminés par les articles 5 et 6 ; elle énoncera qu'il y sera procédé même en son absence.
Si le vendeur n'a pas été appelé à l'expertise, la demande pourra être signifiée dans les trois jours à compter de la clôture du procès- verbal, dont copie sera signifiée en tête de Texploit.
Si le vendeur n'a pas été appelé à l'expertise, la demande devra être faite dans les délais fixés par les articles 5 et 6.
Art. 9. — La demande est portée devant les tribunaux compétents, suivant les règles ordinaires du droit.
Elle est dispensée de tout préliminaire, de conciliation et, devant les tribunaux civils, elle est instruite et jugée comme matière sommaire.
Art. 10. — Si l'animal vient à périr, le vendeur ne sera pas tenu à la garantie, à moins que l'acheteur n'ait intenté une action régulière dans le délai légal, et ne prouve que la perte de l'animal provient de l'une des maladies spécifiées dans l'article 2.
Art. II. — Le vendeur sera dispensé de la garantie résultant de la morve ou du farcin pour le cheval, l'âne et le mulet, s'il prouve que l'animal, depuis sa livraison, a été mis en contact avec des animaux atteints de ces maladies.
Art. 12. — Sont abrogés tous règlements imposant une garantie exceptionnelle aux vendeurs d'animaux destinés à la boucherie.
Sont également abrogées la loi du 20 mai 1838 et toutes les dispositions contraires à la présente loi.
Marchands et maquignons, — Avant de courir ensemble les marchands de deuxième ordre et les maquignons, nous désirons expliquer pourquoi les marchands à la mode sont obligés de vendre cher, sans pour cela réaliser des bénéfices exagérés. Les grands marchands, il faut le comprendre, vendent des objets de luxe à des clients riches, mais peu nombreux.
Les gens décidés à mettre de 6 à 10,000 francs à une paire sont rares relativement aux marchands vendant le beau cheval.
En vous promenant dans Paris ou au Bois, cherchez des yeux
les paires sortant de Tordinaire, les beaux hacks et les bons hunters; vous les compterez sans peine.
Chassez autour de Paris ; sur quarante ou cinquante cavaliers groupés aux rendez-vous, combien, dont le cheval vaille plus de cent louis? En général, dans le lot, la grosse majorité vaut à peine un billet de mille francs.
La province donne, direz-vous. Oui, et c'est bien heureux ; mais dans quelle proportion? Regardez combien d'équipages misérables, au point de vue cheval, sortent par les larges grilles de somptueuses demeures. Quand, dans une région, un monsieur a payé une paire 8,000 francs, c'est un événement dont on parie pendant dix ans, à trente lieues à la ronde.
Le temps est déjà bien loin où la jeunesse, sans compter, jetait aux quatre vents les écus de papa. Le jeune homme modemstyle, s'il n'est spécialiste du sport, achètera un beau reste, déniché pour cinquante louis dans un coin, et sera enchanté d'aller, ainsi monté, faire son tour de « Poteaux ».
Les veneurs chassant à Pau, ou suivant quelques rares équipages en pays dur et vite, sont obligés de mettre de l'argent dans leur écurie; mais combien sont-ils?
La vente du cheval cher est donc difficile. Certains marchands n'en écoulent pas cent par an et ils en ont toujours trente de premier choix dans leur écurie.
Evaluons approximativement leurs frais :
Loyer 20 . 000 fr.
Piqueur 2 . 500 —
Comptable i . 800 —
Six hommes d'écurie à 6 francs 13. 140 —
Nourriture de trente chevaux à 3 francs par jour 32 .850 —
Intérêt du capital engagé pour l'achat de trente chevaux
à 2,000 francs chaque 3.000 —
Intérêt du capital de roulement, 60,000 francs environ. . 3.000 —
Total 76 . 290 fr.
Nous n'avons pas compté les voyages, les honoraires du vété-
rinaire, la note du maréchal, l'usure d'un matériel toujours irréprochable, les accidents, la patente, et enfin les pertes en marchandise et en argent.
Estimons en bloc le tout à 10,000 francs, et nous arrivons au total effrayant de 86,290 francs (i).
Il faut que le commerçant et sa famille vivent et pour cela laissons-leur maigrement 12,000 francs. .
Avant de pouvoir mettre quelque chose de côté, le marchand devra gagner tout près de 100,000 francs sur la vente de cent animaux.
Il ne pourra donc vous vendre moins de 3,000 à 3,500 francs un sujet lui revenant à 2,000 francs, c'est-à-dire ayant été payé en France 1,800 francs à l'éleveur.
Si le cheval est anglais, il paye 150 francs d'entrée à cinq ans, et, avec les frais de voyage, il n'aura pu être payé en Angleterre beaucoup plus de 1,500 francs.
Vous vous rendez compte du prix que vous devrez donner du beau hunter irlandais, coûtant cher en Irlande et fort rare, même en son pays d'origine.
Nous avons parlé du marchand vendant un petit nombre de chevaux d'élite ; il y a deux ou trois maisons faisant le même commerce sur une grande échelle, mais leurs frais généraux sont en proportion plus élevés encore par suite des sacrifices qu'elles font pour accaparer tous les poulains de mérite au pays d'élevage, dans le but de s'assurer les premiers prix dans les concours. Ne vous exagérez donc pas les bénéfices des commerçants en chevaux et surtout ne croyez pas que vous payez la marque ; vous ne trouverez jamais, chez un marchand moyen, ce que vous pouvez vous procurer dans les maisons de premier ordre petites ou grandes.
Vous aurez des imitations ou de très beaux animaux dépréciés par une tare souvent peu nuisible mais réelle; jamais vous
(i) Ajoutez à cela le pourboire du cocher, qui atteint parfoii 5 pour 100, et les honoraires du courtier, plus importants encore.
ne rencontrerez pour i,8oo francs le cheval de 4,000 francs. Si vous êtes cavalier, je ne doute pas que vous soyez capable de réaliser une bonne affaire en achetant un gros trimbaleur, un cheval peureux, en arrière de la main ou rétif. Peut-être en tirerez-vous parti et refuserez-vous de le revendre, au bout d'un certain temps, le double de ce que vous en avez donné ; mais n'empêche qu'au moment précis où vous l'avez acheté il avait peu de valeur. Vous avez été hardi, vous avez réussi. Cela n'est pas à la portée de tout le monde, et il n'en faut pas conclure que l'animal était bon marché; dans beaucoup d'autres mains, il eût été de valeur nulle.
Bons marchands et gros marchands, — Votre budget vous permet de mettre 1,800 ou 2,000 francs dans un cheval.
Les bons marchands capables de vous servir sont légion et vous rencontrerez les types d'hommes les plus curieux : l'un sera verbeux et réjoui, l'autre lugubre et silencieux comme un croquemort ; un troisième fera semblant de ne pas attacher d'importance à votre visite; l'épateurvous éblouira de sa noble clientèle. Le type le plus désagréable est celui qui prend le client par la terreur et qui, contre toute vraisemblance, réussit à colloquer un cheval bon ou mauvais à un monsieur timide et résigné.
Procédez, chez tous les marchands, de la façon une fois pour toutes indiquée; en parlant peu, en ne discutant jamais et en sachant ce que vous voulez, vous obtiendrez généralement un repos relatif.
Vous ne rencontrerez plus le gentleman, mais souvent le bon et honnête commerçant; en revanche, si vous descendez aux marchands de basse catégorie, vous vous exposerez à tous les ennuis et vous ferez certainement une mauvaise affaire.
Certains petits maquignons, gens déclassés, n'achètent que les animaux de très bas prix, inaptes à tout service; ils ont recours aux trucs les plus déshonnêtes pour vous tromper.
Ils vous vendent, avec toutes les garanties, un cheval atteint
d'un ou de plusieurs vices rédhibitoires et si vous voulez le leur rendre, ils le refusent. Voulez-vous procéder? Vous apprenez l'insolvabilité absolue du quidam.
Allez de préférence chez l'homme qui a beaucoup de chevaux dans ses écuries; cela vous donne toujours une certaine garantie, et dans le grand nombre, en cherchant bien, vous tomberez peut-être sur celui qui vous convient.
Quelques maisons en vendent dix par jour; ce sont plutôt des entrepôts, et la marchandise ne reste pas longtemps en magasin, Vous y trouverez de tout : un normand de 1,800 francs à côté d'une rosse de 15 louis.
Là, ne demandez pas à ce qu'on vous sorte un cheval; passez plutôt entre les longues rangées de croupes et faites sortir celui qui paraîtra répondre à vos besoins.
L'essai se fait à la diable; le piqueur est généralement un gars vigoureux et solide, mais piètre cavalier. Ne vous effrayez pas trop si les chevaux vous paraissent à demi sauvages. Achetés chez ces gros marchands, ils gagneront toujours chez vous, si vous vous en occupez avec intelligence; tandis qu'il vous est impossible de les maintenir dans l'état où les amènent les grands marchands.
L'emploi des courtiers ne nous paraît pas à conseiller; il en est certainement de fort honnêtes, mais quelques-uns sont sans scrupules, et vous payerez toujours plus cher si vous avez recours à leur ministère. Cependant, par manque de connaissances personnelles et en l'absence d'amis capables de vous aider, peut-être serez-vousobligédevousadresser à un courtier; tâchez alors de le bien connaître et sachez qu'il sera toujours favorable au marchand, avec lequel il a tout avantage à demeurer en bons termes.
Il ne faut pas oublier les marchands paysans en blouse; nous en connaissons de fort riches et très sérieux.
Ils parcourent eux-mêmes les foires, ramènent de bons sujets, font le moins de frais possible et vendent en somme de la bonne marchandise. Là, plus qu'ailleurs, dites d'avance ce que vous
voulez, sans quoi, il vous sera fait un prix en rapport avec votre costume.
D^autres vendent aux fiacres, pour des prix modérés et un bénéfice de 40 francs, de bons petits chevaux genre cavalerie légère.
Avec un peu d'habitude vous pourrez acheter dans ces maisons et y faire de bonnes affaires; pour cela il faut du temps, pas mal d'expérience et une bonne dose de sang-froid, surtout dans les débuts.
Ces dernières catégories de commerçants vendent beaucoup à leurs confrères de province, aux loueurs de grande remise, aux manèges et souvent aussi aux grands marchands parisiens qui ne s'en vantent pas.
En circulant dans des écuries où le service de cent chevaux est assuré par trois ou quatre hommes, gardez- vous avec soin des coups de pied ou autres accidents.
Quand vous vous faites présenter un cheval au trot et en main, mettez-vous toujours, pour le regarder passer, du même côté que l'homme qui le tient; vous ne courrez ainsi aucun danger.
Ne vous formalisez pas si le vendeur vous abandonne tout à coup pour parler à un autre client; ne le croyez ni impoli, ni fâché, il va simplement à ses affaires et vous laisse à vos recherches.
Certaines maisons se font une spécialité du poney russe et de l'espagnol; dans d'autres vous trouvez de bons poneys du Midi tout attelés à de beaux tonneaux neufs ; libre à vous de vous en aller avec un attelage complet composé en dix minutes, et vous ferez bonne figure partout.
Des spécialistes vendent, les uns des trotteurs, d'autres de très beaux petits chevaux italiens, étoffés, pleins de sang et d'action.
Enfin, notre énumération le montre, pour ne pas trouver à se remonter à Paris, il faut être vraiment difficile ou bien, plutôt, inexpérimenté.
Les ventes publiques et les journaux. — Vous pouvez acheter des chevaux aux enchères au Tattersall, au Sporting ou dans les établissements de MM. Chéry et Halbronn.
Les marchands y achètent bien ; pourquoi n'en ferîez-vous pas autant?
Il s'y vend de très bons chevaux et à des prix notoirement inférieurs à ceux du commerce; mais Tessai est insignifiant, presque nul, et vous courez de gros risques. Les marchands ont sur vous l'avantage de suivre régulièrement toutes les ventes, et ils reconnaissent d'un coup d'œil le beau voleur habitué à passer sous le marteau du commissaire-priseur.
Un cabochard invétéré, revenant deux fois de suite au Tattersall, est connu de tous les professionnels et pas un ne l'achètera; il fera pour un instant le bonheur de Tamateur à la recherche de l'occasion; bonheur éphémère et ne survivant pas au premier essai.
En vous renseignant près des cochers, peut-être pourrez-vous réussir; pour notre compte, nous n'attachons pas grande valeur à ces indications, même bien rétribuées.
Si vous êtes audacieux en même temps qu'habile et bien outillé, achetez en vente publique, mais toujours à des prix avantageux.
Ces mêmes établissements font annuellement des ventes particulières, où vous trouverez des chevaux de premier ordre ayant chassé sous des poids connus, avec des équipages en vedette. Tâchez d'avoir, par relations, quelques renseignements et vous achèterez un bon hunter; mais aussi cher, sinon plus, que chez un marchand à la mode.
Quelques écuries renommées mettent de temps à autre tous leurs chevaux en vente ; elles rachètent à n'importe quel prix et sans frais appréciables les meilleurs et ne laissent partir que les a toquards ».
Dans les ventes publiques ordinaires les chevaux sont vendus avec ou sans garanties d'aptitudes. Ces garanties n'ont qu'une
valeur très relative et pourvu que l'animal se laisse atteler avec plus ou moins de difficulté et qu'il démarre pendant cent mètres, il peut ensuite tuer ou blesser plusieurs personnes ; il n'en aura pas moins rempli les conditions de gîarantie.
La garantie des vices rédhibitoires, par contre, est formelle et vous ne courez aucun risque à son sujet.
Le cheval faisant le plus d'argent est celui qui arrive de la province; les marchands le poussent toujours à un certain prix, s'il est propre et en âge.
Si vous en avez acheté un mauvais aux enchères et que vous vouliez vous en défaire par la même voie, n'hésitez pas à transformer sa toilette; c'est votre droit et vous aurez la chance que, n'étant pas reconnu, il fasse un bon prix.
Pour cette raison, évitez d'acheter un cob à crinière coupée, à queue de rat ou marqué de cicatrices; il resterait toujours reconnaissable.
Les cicatrices indiquent généralement les animaux dangereux.
Un carrossier inutilisable, marqué d'une longue couture à l'épaule, fut acheté devant nous par le propriétaire d'une importante écurie pour la somme de 1,200 francs. L'acquéreur, persuadé que son cheval serait reconnu, n'osait le remettre en vente publique et ne pouvait parvenir à le vendre à l'amiable. Un cocher roublard lui coupa la crinière et la queue, le tondit en chasse et à l'aide d'un fer chaud modifia la forme de la blessure. Quinze jours après l'animal repassait et, non reconnu, atteignait le même prix que la première fois.
Nous racontons le procédé sans le commenter.
Il arrive aux marchands de racheter plusieurs fois un cheval difficile mais, dans une certaine mesure, utilisable.
L'un d'eux, et des plus connus, nous a affirmé avoir racheté sept ou huit fois un splendide steppeur emballeur. Il le revendait chaque fois à gros bénéfice et n'avait rien à se reprocher, ayant toujours prévenu le client.
Au Sporting, au Tattersall, et chez MM. Chéry et Halbronn,
VOUS trouverez des chevaux à vendre à Tamiable; en ce cas, exigez Tessai qui vous plaira.
Il existe aussi plusieurs agences spéciales. Par leur entremise, vous serez mis en rapport avec des particuliers désireux de vendre. Demandez que les chevaux vous soient présentés chez vous ; sans quoi vous vous exposeriez à courir inutilement les quatre coins de Paris. Vous aurez une commission à donner, l'acheteur aussi en versera une ou plusieurs; mais, malgré tout, vous mettrez peut-être la main sur un cheval de prix raisonnable, étant donnée la difficulté qu'un particulier sans relations éprouve à trouver acquéreur.
Vous risquez tout au plus de payer dix ou quinze louis de plus que chez le marchand auquel appartient en réalité le sujet.
Nous ne faisons pas de généralités ; certains directeurs d'agence sont des gens consciencieux, actifs, connaisseurs, et parfaitement capables de vous fournir des renseignements utiles.
Recourez si vous le désirez aux journaux spéciaux, insérez une annonce de demande; vous obtiendrez beaucoup de réponses, parmi lesquelles vous distinguerez avec l'habitude les offres sérieuses. Demandez une photographie avant de vous déplacer ; ce sera toujours pour vous une garantie que vous n'allez pas voir un monstre. Avec du savoir, sur une photographie bonne ou mauvaise, vous pouvez reconnaître approximativement les proportions de l'animal.
Si vous êtes assez hardi, vous pouvez très bien rencontrer un cheval au-dessus des moyens de son propriétaire, cavalier et conducteur timide, et cependant pouvant vous convenir.
Nous ne vous conseillons pas de vous déplacer au loin sur la foi des annonces, même signées de noms ronflants; vous vous exposeriez à rencontrer un malheureux animal claqué par tous les bouts et incapable de se traîner pendant cent mètres au trot, au lieu du bel irlandais en plein service, offert en occasion pour 2,500 francs.
Demandez, par lettre, des détails précis et concis, en numéro-
tant vos demandes ; les numéros auxquels il ne sera pas répondu doivent être considérés comme comportant une solution mauvaise.
Quand vous achetez à des inconnus, déposez les fonds au bureau du journal; votre vendeur peut être insolvable et si le cheval avait des vices rédhibitoires vous seriez « refait » .
Méfiez-vous des chevaux dont vous ne pouvez découvrir le propriétaire; s'il se cache et que vous ne puissiez apprendre son nom ni son adresse, envoyez promener le courtier qui vous propose l'affaire; vous pourriez involontairement être mêlé à des malpropretés. Il n'y a pas de raison pour qu'un monsieur honorable se dissimule; et s'il ne veut pas traiter directement avec vous, il peut au moins se faire connaître.
Un certain nombre de petits jeunes gens, interdits ou non, abusant de la situation de parents honorablement connus, achètent des chevaux pour les revendre aussitôt à vil prix; évitez les compromissions ou relations d'aucune sorte avec de pareils individus, vou.s vous exposeriez sinon à payer deux fois, au moins à éprouver un grand nombre de désagréments.
Les foires. Les chevaux de réforme, — L'achat en foire est plus difficile que partout ailleurs; les paysans, dans les pays d'élevage, sont aussi retors que les plus fins maquignons de la capitale. Le mensonge est à l'ordre du jour et certain vendeur, propriétaire d'un animal féroce, vous donnera sa parole d'honneur que la bête est un vrai mouton, que ses petits enfants lui passent sous le ventre, et que sa femme l'attelle à la carriole pour aller au marché. Nous ne parlerons que pour mémoire de la couverture repliée sur le dos et pendant d'un seul côté, dans le but de cacher une hernie ; de la blessure récente faite avec intention pour masquer une tare ancienne et grave.
Comme vous payez en prenant livraison de votre acquisition , tâchez, là encore, de savoir avec qui vous avez affaire.
Quand un marchand a ramené à Paris un cheval inutilisable, il
le renvoie, s'il n'est pas encore toiletté, au pays d'élevage où il est revendu à la foire comme neuf. Les courtiers, habitués du lieu, peuvent le reconnaître et deviner qu'il a été manqué; mais vous, amateur, vous avez des chances nombreuses pour tomber dessus du premier coup.
L'amateur est assez mal vu, aussi bien des courtiers que des paysans. Si vous n'êtes pas connu, il vous sera fait des prix dérisoires; et si vous offrez la valeur marchande, il se peut que vous soyez apostrophé de façon peu avenante.
En Normandie, les affaires sérieuses se traitent la veille de la foire, dans les écuries des auberges. Nous vous engagerons à vous mettre en rapport avec un vétérinaire du pays ou avec un bon courtier, si vous en trouvez un ; vous aurez alors quelques chances pour ne pas être trompé.
Dans le centre de la France, dans la Normandie et en Bretagne, vous aurez beaucoup de peine à découvrir un bon sujet, les meilleurs étant achetés très jeunes par les grands marchands ; et les passables étant pris à partir de trois ans et demi pour l'armée.
Vous pouvez encore suivre les commissions de remonte et choisir parmi les chevaux qui ne sont pas pris. Ce système nous a réussi souvent, surtout dans le midi de la France; nous en reparlerons dans le chapitre « du cheval de selle » .
Sur les champs de foire, ou dans vos transactions avec les particuliers, n'attachez pas d'importance aux prix que l'on vous demande. Jugez le cheval, estimez-le et offrez-en carrément ce qu'il vous paraît valoir, même s'il y a un gros écart avec la demande. Si votre offre est mal accueillie, vous en êtes quitte pour tourner le dos et pour porter vos recherches d'un autre côté.
Que de gens, ayant payé un beau normand 3,000 francs, ne peuvent comprendre qu'au bout de trois ou quatre mois il n'en vaille plus que 7 ou 800! Et cependant l'aventure est fréquente.
Nous avons envisagé la plupart des façons d'acheter. Si nous
n'avons pas parlé du marché aux chevaux, c'est que nous ne l'avons jamais fréquenté.
Nous avons vu, attelé au phaéton d'un richissime sportsman, un beau carrossier qui, en des jours malheureux, avait, dit-on, passé par là.
Nous n'avons guère confiance dans les chevaux réformés de l'armée. Ceux qui sont encore capables d'un bon service, et ils sont rares, sont poussés à des prix relativement élevés par des officiers ou leurs amis. Cependant, pour un petit service et pour une petite somme, vous pourrez tenter l'aventure. Les chevaux ayant beaucoup travaillé dans la poussière des manèges des écoles sont quelquefois réformés pour une affection des voies respiratoires; ceux-ci peuvent devenir bons et faire de l'ouvrage, s'ils travaillent au grand air et à des allures raisonnables.
Le cheval réformé dangereux ne doit pas être acheté; vous vous exposeriez à faire estropier un homme à l'écurie. Il y a, dans les régiments, parmi les jeunes officiers et les sous-officiers, de bons cavaliers vigoureux, entreprenants et instruits; vous risqueriez fort d'échouer là où ils n'ont pas réussi.
Les loueurs de bas étage, les bouchers ou les « romanichels » peuvent avoir dompté quelques animaux par l'épuisement et la famine, mais nous préférons nous promener à pied que d'avoir recours à des procédés qui n'ont rien de commun avec le dressage.
Les chevaux sont rarement réformés pour leur âge ; un colonel ou un vétérinaire en chef préféreront toujours renvoyer un mauvais cheval de dix ans et en conserver un bon de quatorze.
Du type, — Ce que nous avons déjà dit à propos de l'examen des chevaux en général s'applique aussi bien au cob qu'au pursang, au poney qu'au carrossier. Suivant l'usage auquel ils sont destinés, ils doivent avoir des qualités, d'allure et de conformation, spéciales. La recherche de ces qualités fera le sujet de ce chapitre et des suivants.
Qu'est-ce que le type?
Le type, dirons-nous, est la réunion des qualités de conformation reconnues comme donnant à un cheval un maximum d'utilité et de puissance dans le travail et, si nous osons l'avancer, leur exagération.
Le cheval typé n'est pas forcément joli et un œil inexpérimenté lui en préférera souvent un mauvais plus séduisant.
Un cheval à grande encolure fine et rouée, à jambes fines, à petits pieds, à dos élégamment creux, à croupe très horizontale, à hanches bien rondes^ flattera toujours les novices, surtout s'il a une crinière avantageusement éclaircie, qu'il porte la queue et qu'il soit naturellement campé. Cet animal sera toujours mauvais.
Le cheval au dos court et droit, aux hanches saillantes, à l'épaule longue, à la croupe inclinée, aux pieds forts, aux membres osseux et larges, à l'encolure droite et rigide et au garrot très élevé et reporté en arrière, est typé. S'il est maigre il sera plutôt laid, et l'homme ignorant trouvera qu'il ressemble à un chameau. Pourtant, c'est un bon serviteur, et le connaisseur le trouvera beau.
Cependant, un animal parfait doit être typé et joli à la fois; mais n'hésitez jamais à préférer un vilain cheval de type au plus gracieux qui en serait dépourvu.
Nous avons lu que les architectes arrivaient, plus facilement que d'autres, à reconnaître le bon modèle. C'est fort vraisemblable, car un cheval doit être établi comme un pont; ses rayons et ses angles pourraient se calculer mathématiquement, proportionnellement et relativement les uns aux autres. Les piliers d'un pont sont verticaux, les membres du cheval doivent l'être; les culées sont obliques pour s'opposer à la poussée du centre de gravité de l'édifice ; les épaules et la croupe, nous l'avons déjà dit, doivent être inclinées.
La faculté de reconnaître les bonnes lignes est difficile à acquérir pour certains organismes.
Nous avons vu des propriétaires d'écuries luxueuses meubler de longues rangées de stalles avec des. chevaux chers, gras et jolis, mais dépourvus de type et généralement incapables de travailler.
Les personnes arrivées à un certain âge, et n'ayant pu apprendre à reconnaître les proportions utiles au fonctionnement du mécanisme chevalin, feront bien de renoncer à se faire porter ou rouler par des chevaux à elles. La déveine, croiront-elles, les poursuivra; la guigne la plus noire s'acharnera contre elles; plus elles achèteront et plus elles paieront cher, plus elles seront mal servies; et le plus drôle, c'est qu'elles ne se rendront jamais à l'évidence et qu'elles préféreront toujours un beau saucisson à un animal établi suivant les proportions reconnues les meilleures depuis de longs siècles.
Le hunter, en 1816, était ainsi décrit. Je copie textuellement dans le Livre du cheval^ de S. Sidney, traduit par M. le comte René de Beaumont :
« Le hunter devait avoir à peu près seize mains de hauteur, la tête d'une grosseur moyenne, ses jambes fines et larges, ses oreilles pas trop petites, et s'il les a tant soit peu écartées, c'est un signe de vigueur, il faut qu'elles soient aussi pointues, son front large, ayant une bosse au milieu comme à un lièvre; ses yeux pleins et grands, ses naseaux ouverts, avec une bouche profonde, toute sa tète fine, un cou long et droit, une encolure ferme, mince, bien relevée, la gorge large, la poitrine ouverte et profonde, son corps large, ses côtes rondes, bien attachées aux hanches, une croupe bien pleine, longue, pas très large, tombant bien dans la culotte, ses membres nets, plats, droits, mais pas très gros, les jambes courtes, surtout entre le paturon et le sabot, ayant peu de poils au fanon, le pied droit, le sabot noir et creux, pas trop gros. Ce qui prouve que les points d'un bon cheval de selle étaient parfaitement compris sous le règne de Charles I". » Achetez un pareil cheval, et, à moins d'accident, vous serez satisfait.
A titre de curiosité, nous donnons la description que Virgile fit du cheval. (Géorgiques, III, 75.)
Continua fecoris generosi pullus in arvis altius ingreditur, etmollia crura reponit, Primus et ire viam et fiuvios tentare minaces audet et ignoto sese committere ponti ;
Nec vanos horret strepiius, Illi ardua cervtx, argutumque caput, brevis alvus, obesaque terga ;
Luxuriatque toris animosum pectus, Honesti spadices glaucique; color deterrimus albis^ et gilvo, Tum, si qua sonum procul arma dedere^ stare loco nescit, micat auribus et trentit artus, collectumque fremens volvit sub fiaribus ignem. Densa juba et dextro jactata recumbit in armo; at duplex agiturper lumbos spina; cavatque tellurem et solido graviter sonat ungula cornu, Talis Amyclœi domitus Polltccis habenis Cyllarus et^ quorum Graii meminere poetœ, Martis equibijuges, et magni currus Achitli.
Le poulain de bonne race a tout d'abord une allure majestueuse ; marchant légèrement sur ses paturons élastiques. Il est le premier qui ose ouvrir la marche, traverser un torrent menaçant, et s'engager sur un pont inconnu.
Aucun bruit ne l'effraie. Il porte son encolure élevée, sa tête est petite, son ventre court, son dos large.
Les muscles surgissent sur sa noble poit^-ine. Un bai brillant ou un bon gris sont les meilleures couleurs ; les plus mauvaises sont le blanc ou le brun. S'il entend au loin le bruit des armes, il ne peut tenir en place, il pointe les oreilles, ses membres tremblent et, s'ébrouant, il roule le feu rassemblé dans ses naseaux. Sa crinière est épaisse et danse sur son épaule droite ; sur ses reins court un double épi. Son sabot retourne la terre et la creuse profondément avec sa corne solide. Tel était Cyllarus, dressé sous la rêne de Pollux Amycléen ; tels étaient les deux coursiers de Mars, fameux chez les poètes grecs. Tels étaient les coursiers qui traînaient le char d'Achille.
Virgile dépeint en poète et indique à l'épaule une mauvaise direction.
L'Arabe, plus concis, exige chez sa monture quatre choses larges : le front, la poitrine, la croupe, les membres.
Quatre choses longues : le cou, les bras et les cuisses, le ventre et les hanches.
Quatre choses courtes : les reins, les paturons, les oreilles, la queue.
Énumérant les qualités à rechercher chez le cheval, M . A. Rivet, dans son Guide de P acheteur de chevaux, se résume ainsi : « 1 1 ressort de cet examen détaillé qu'il faut rechercher le cheval :
a Long d'encolure, d'épaule, de bras, d'avant-bras, de croupe et de cuisse ;
« Court de dos, de rein et de canon ;
« Large de front, de poitrine, de rein, de croupe, de genou, de canon, de boulet et de jarret. »
Les qualités aujourd'hui recherchées l'ont été de tout temps, les bas-reliefs égyptiens et grecs ne nous montrent que des chevaux épais et près de terre.
Les Assyriens connaissaient le cheval de sang noble et le reproduisirent sur leurs bas-reliefs tel que nous l'admirons encore aujourd'hui (i).
Au dix-neuvième et au vingtième siècle les spécialistes sont tous d'accord sur les grandes lignes ; et si leurs théories paraissent quelquefois se combattre, il n'en est pas moins vrai qu'avec le système des compensations nous arrivons facilement à les faire concorder.
Tel- connaisseur passera sur un dos un peu long, à condition qu'il soit fortifié par une croupe bien oblique; tel autre passera sur une croupe trop horizontale, si elle se trouve dans le prolongement d'un beau dos court et large; n'empêche que le premier n'admirera jamais un dos faible prolongé d'une croupe horizontale, et que le second ne passera sur une croupe droite que si elle s'attache à un bon rein.
(i) Le Musée du Louvre nous offre des spécimens de bas-reliefs grecs et assyriens dans lesquels il est facile de distinguer trois types de chevaux très différents : l'arabe pur^ le cheval commun et un cheval de selle résultant probablement du croisement des deux premières races.
« Où
Un entraîneur préfère les dernières côtes asternales courtes et roulées chez le cheval de course; cette disposition permet aux postérieurs de s'engager très fortement sous la masse, et augmente ainsi la vitesse. Mais si cet entraîneur voulait acheter un hunter destiné à fournir un travail de longue durée, il le choisirait au contraire à côtes plus profondes et plus étendues ; il aurait alors un serviteur capable de rester longtemps sans manger et ayant du a boyau » .
Nous ne voulons pas écrire ici Thistoire du cheval à travers les âges, nous réservant de le faire ailleurs.
Nous exposerons seulement au lecteur les qualités que nous préférons par expérience chez le cheval, en prenant comme point de départ le travail que nous exigerons de lui.
Chevaux de voiture, — Le cheval de coupé. — Le métier d'un cheval de voiture est de transporter son maître d'un point à un autre, et de façon rapide si cela est nécessaire. Qui peut le plus peut le moins; un trotteur bien mené, et tenu en bon travail, se résignera à marcher sur place. Un cheval lymphatique et dépourvu de moyens vous fera manquer le train pour une minute que vous n'aurez pu rattraper, même en le poussant au galop à grand renfort de coups de fouet.
Le carrossier sera donc vite; il est inutile qu'il trotte haut et qu'il soit un enfonceur de pavés. Aucun pied ne résiste à de fortes actions, si le travail est régulier et prolongé, surtout à Paris.
Si au contraire vous voulez faire une heure de Bois tous les deux jours, préférez le cheval vite et brillant; votre amour-propre et votre goût seront plus satisfaits.
Prenez-le de préférence de grande taille, i^jôs au moins; il traînera votre voiture autant avec son poids qu'avec son énergie et s'usera moins, à même degré de sang, qu'un autre plus léger.
Un petit cheval sur un coupé produit une mauvaise impression
et fait pitié. Si le coupé est petit et le carrossier très grand, TefiFet est encore déplorable, le cocher occupe une position ridicule, la voiture ressemble à une brouette et Tavant-train se soulève de terre quand l'animal part un peu brusquement.
Si vous ne regardez pas au prix, achetez un normand de sang illustre. Vous en trouverez dans le commerce d admirables de modèle et d'actions. Si vous avez l'habileté de pouvoir le mener à bien jusqu'à 6 ou 7 ans, vous aurez un serviteur généreux, courageux, robuste et résistant.
Quand vous examinez le cheval de voiture en main et au trot, remarquez si au moment du départ il parait s'asseoir sur les jarrets qu'il détendra puissamment, en marchant écarté; si en même temps l'avant-main se grandit et que chaque membre en se levant marque un arrêt, l'essai sera parfait, et, s'il se renouvelle attelé ou monté, n'hésitez pas à acheter.
L|essai en main ne sert pour ainsi dire que d'indication, beaucoup de chevaux perdant toute allure dès qu'ils ont à porter ou à tirer quelque poids. Ceux à jarrets coudés et loin donnent im bel essai lorsqu'ils sont nus, pour se traîner au contraire péniblement quand ils sont chargés.
Les loueurs et les gens de toute sorte qui achètent souvent attachent peu d'importance à l'essai à bout de longe ; il ne leur sert qu'à s'assurer s'il y a boiterie ou non; et encore beaucoup de chevaux nous paraissent-ils droits, pour feinter ensuite, dès qu'ils sont dans les brancards et qu'on les pousse en montant une côte. Le contraire se produit aussi et un coup de guide à propos dissimule la boiterie.
Le hollandais et le danois sont méprisés par beaucoup de prétendus connaisseurs. Il y a de la partialité dans leur jugement ou de l'ignorance.
Vous pouvez trouver chez des marchands spéciaux de très beaux hollandais qui vous seront vendus de 1,500 a 3,000 francs. Si vous voulez vous remonter en bons normands, il faut facilement doubler ces chiffres. Comme pour ces derniers, si vous ne