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OC H

DE L'ACHAT DU CHEVAL 6i

La Vendée fournit de très beaux chevaux, comme le centre et la Loire-Inférieure. Leurs produits sont recherchés comme chevaux de selle, même à l'étranger.

Dans presque toutes les régions de la France, si vous voulez un bidet pour traîner votre cabriolet, vous pouvez le rencontrer avec du temps et de la patience.

Les bretons sont les carrioleurs par excellence, mais n'entreprenez pas un long voyage pour vous en procurer ; vous feriez un déplacement probablement inutile. Les courtiers allemands les achètent très cher à trois ans et demi, et les naisseurs envoient leurs beaux poulains en Angleterre, où ils séjournent deux ans et où, grâce aux pâturages et au climat, ils deviennent de fort beaux cobs. Aussi ne faut-il pas dire : le Français est bien naïf; il rachète à des prix importants des chevaux nés chez lui parce qu'ils ont passé deux fois le détroit. Ce n'est pas le snobisme qui détermine cette plus-value, mais bien une réelle amélioration.

En Bretagne, vous ne trouverez donc guère que des chevaux communs, ou des ratés, produits directs de pères de pur sang croisés avec les juments communes du pays. Si, par hasard, il en reste un bon, vous le payerez plus qu'il ne vaut.

Une belle paire de chevaux de Corlay, si vous parvenez à la constituer, est un objet de luxe et elle vous rendra de grands services.

Une paire d' anglo-arabes de bonne taille peut aussi être très utile et si elle est en bon âge, elle vous transportera sans fatigue et avec une grande rapidité à des distances invraisemblables; mais l'anglo-arabe, malgré la réputation de douceur dont il jouit dans son pays, est souvent long à se confirmer à l'attelage.

Nous ne croyons pas qu'il s'en vende à Paris, si ce n'est le très petit dont j'ai parlé plus haut.

Du cheval de selle. — Le cheval de selle, comme celui de voiture, ne doit pas être coulé dans un moule unique; il est évident qu'un jeune homme léger et entreprenant ne doit pas monter

le même animal que le vieillard, ou qu'un veneur pesant 1 20 kilos.

Le hunter doit différer du hack, et celui-ci du cheval d'école.

Nous dirons encore : ne vous attachez pas à un type et à une race; raisonnez l'emploi du cheval et recherchez celui que son modèle, son caractère et ses aptitudes prédestinent au service que vous exigerez.

Les allures de tous les porteurs, quelle que soit leur destination, doivent être plus étendues et moins relevées que celles du carrossier.

Le galop sera plutôt rasant. Au trot, l'avant-bras pourra s'élever presque horizontalement, mais le pied ne devra pas en même temps se reployer jusqu'au coude; tout le membre devra donc se projeter en avant, et sera poussé le plus loin possible par l'épaule et le bras. La flexion du genou ne devra jamais dépasser l'angle droit.

En résumé, les allures seront cadencées et non roulées.

Nous admettrons, lecteur, que vous êtes jeune, léger, assez instruit, et plutôt entreprenant.

Si vous pouvez mettre un gros prix, achetez un pur-sang en vente publique ou ailleurs. Prenez-le entier si vous n'en rencontrez pas d'autre et vous le ferez castrer, mais prenez-le en bon état.

Ne vous laissez pas persuader qu'un misérable tréteau ruiné de partout fera cependant votre bonheur à la promenade ou à la chasse. Cette opinion est malheureusement assez répandue que le pur-sang peut marcher sans jambes. Nous sommes d'avis que s'il a des tendons bien recalés, il peut faire un agréable et bon serviteur, très sûr et très résistant; mais s'il a les tendons épais et en arc de cercle, les boulets gros, les jarrets tarés, s'il marche comme sur des épines, qu'il butte à chaque pas, qu'il galope à quatre temps et qu'il ne- trotte plus, laissez-le de côté, même s'il a cinq ans, qu'il soit splendide et qu'il ait gagné 25,000 francs en obstacles.

Nous ne voulons pas vous dire de n'acheter que des chevaux nets; au contraire, nous conseillerons toujours de passer sur cer-

taines tares, pourvu qu*elles ne soient pas trop nuisibles et que les allures n'en soient pas affectées ; mais nous répétons que l'inexpérience des acheteurs est souvent exploitée et qu'on leur passe des chevaux absolument inutiles en jouant de l'origine.

Les vendeurs arrivent même à persuader à leurs jeunes clients qu'ils pourront gagner des courses; et ils citent en exemple M. X... qui a gagné 10,000 francs avec un animal de 25 louis.

C'est fort possible; mais cela prouve seulement que ce sportsman est un malin ; qu'il a acheté, étant bien renseigné, un cheval ayant un peu chauffé; qu'il lui a fait mettre un feu sérieux et qu'il a un bon steeple-chaser ; mais il n'a pas acquis un animal sans moyens, usé de partout et chancelant sur tous les terrains.

Ne croyez pas non plus que les pur-sang soient incapables de trotter et qu'ils ramassent forcément tous les cailloux ; pour former votre religion, promenez-vous dans les centres d'entraînement et regardez les lads à l'exercice, vous verrez leurs montures cadencer leur petit trot avec énergie, et vous pourrez les suivre longtemps sur les routes caillouteuses, sans qu'une seule fasse la moindre faute. Donc quand on vous présentera un animal boitant, buttant, retenant ses épaules, et court de derrière, renvoyez-le sans hésiter; vous l'achèterez 25 louis de plus, s'il se remet, au bout d'un an de repos et vous aurez encore avantage ; mais le cas se présentera rarement.

De pareils chevaux vous exposent à un danger permanent et ne peuvent procurer aucun agrément, ayant perdu toute souplesse; s'ils souffrent dans l'avant-main, ils cherchent en baissant la tête un appui sur les rênes; s'ils sont usés derrière, ils semblent se traîner et le cavalier paraît monté sur une girafe.

Nous avons dit que le cheval ne marchait pas avec la tête; ici nous affirmons qu'il marche avec les jambes, et que s'il n'en a pas, malgré un haut degré de sang et un bon coffre, il est incapable de vous porter en sécurité d'un point à un autre.

Vous n'avez pas trouvé de pur-sang propre, ou au moins bien retapé : nous vous conseillons de prendre le rapide et d'aller vous

promener dans la plaine de Tarbes. C^est loin, et les voyages sont coûteux, cependant, surtout si vous avez besoin de deux chevaux, n'hésitez pas.

Vous trouverez de très beaux produits de pur sang anglo-arabe, longilignes, près de terre et épais. Au point de vue du service, nous les préférons au pur-sang anglais médiocre. A un degré de sang très appréciable ils joignent un geste propre, net et bien détaché sans être arrondi; ils galopent assez pour suivre des chasses ou des rallies ; et dans plusieurs raids ils ont montré ce qu'ils savaient faire.

Si vous allez à Tarbes, prenez une voiture de louage et faitesvous promener dans la région par un courtier, ou un vétérinaire, si vous en connaissez un.

Vous trouverez des chevaux dans tous les coins, mais méfiezvous; le Tarbais n'est pas naïf et il est fort capable de rouler un Parisien. Vous pourrez ramener pour 1,500 ou 1,800 francs ce que vous ne rencontreriez pas ici pour 2,500 ou 3,000 francs.

Recherchez le tarbais à hanches larges, — il y en a, — à croupe longue et inclinée, à garrot très prolongé; ces qualités compenseront une attache de rein souvent défectueuse.

De faux connaisseurs prétendent que l 'anglo-arabe est affreux, qu'il a la croupe ronde, la queue plaquée, les membres longs et grêles, un cou de paon et des pieds de mulet; et que de plus il est étroit devant et serré derrière ; probablement confondent-ils avec une autre race, car le monstre ainsi dépeint aurait de la peine à se trouver dans les Hautes et les Basses- Pyrénées.

La légende dit que le cheval du Midi est rétif; elle fut probablement créée par de piètres cavaliers! Personnellement, nous avons toujours préféré dresser deux anglo-arabes qu'un seul normand.

Il est plein de sang et demande à être traité avec politesse; mais il se porte très facilement en avant, est d'une grande sensibilité aux aides, et saute avec franchise, nous dirons presque avec goût.

Dans les environs d'Orthez, de Bidache, de Navarrenx et de

Pau, vous rencontrerez de petits demi-sang ar.glo-arabes à peu près de i^jSo, soit dans les foires, soit en suivant les commissions de remonte. Pour 550a 750 francs, vous choisirez et Vous pourrez, sinon en imposer par votre majesté, au moins galoper à la queue des chiens, si vous menez votre poulain jusqu'à cinq ans.

Nous ne pensons pas qu'un homme valide et léger doive se remonter en colosses. Cela n*a pas de raison d'être à moins qu'il ne recherche spécialement un sauteur de concours. Les chevaux de bonne taille culottés et d'un certain poids ont la réputation d'être les meilleurs sauteurs; et l'expérience semble confirmer cette opinion.

Un écrivain réputé attribue cet avantage à ce qu'ils sont généralement montés au-dessous de leur poids.

Mais en admettant que cette explication soit fausse et que le gros cheval soit réellement le meilleur sauteur, il n'en reste pas moins indiscutable qu'un cheval plus léger et près du sang, sous un poids moyen, battra, sur la distance, tous les gros hunters.

Les raids nous le prouvent abondamment (i).

Le sud et le sud-ouest de la France fournissent de très bons sujets de selle dont le modèle devient plus épais à mesure que nous remontons vers le nord. Le Gers produit plus gros que les Hautes et les Basses-Pyrénées, et les poids moyens peuvent s'y remonter d'une façon facile et importante.

Les gerçois font bonne figure à Pau et rivalisent avantageusement avec les meilleurs irlandais.

Notre goût personnel nous a toujours engagé, quand notre poids nous le permettait, à monter des chevaux près du sang et légers; et nous avons remarqué que les officiers du cadre noir à Saumur montaient aussi des chevaux de ce genre; nous avons rarement vu un bon cavalier de petit poids s'installer sur un hunter énorme et pacifique.

Chez l'animal près du sang vous obtiendrez une mobilité

(i) Les zootechniciens l'ont scientifiquement démontré et la pratique a toujours confirmé cette théorie.

extrême à l'emploi des aides, vous tournerez sans peine aux allures vives et très court ; vous aurez un porteur adroit comme un chat et, pourvu qu'il ait une vue excellente, vous pourrez vous engager avec lui n'importe où, avec l'espoir d'en sortir à votre avantage.

S'il remue un peu, vous l'assouplirez, et grâce à son liant il ne vous fatiguera jamais; s'il tient à marcher, eh bien! vous marcherez aussi. Après un certain nombre de saisons, il apprendra son métier et il tombera d'accord avec .vous pour savoir à quel moment il devra employer son énergie. Avec de pareils chevaux vous ferez vos retraites au trot sans redouter l'effondrement.

Nos ancêtres, sous leur hamois de guerre bardé de fer et d'acier, étaient obligés, pendant le combat, de monter de lourds chargeurs; mais pour faire la route, ils se débarrassaient de leurs pesantes armures et se servaient de bons hacks de sang oriental, souples et légers.

Cependant il n'est pas donné à tout le monde de ne peser que 75 kilos; et si tout homme lourd ne devait plus monter à cheval, ce serait triste pour un grand nombre.

Nous vous conseillons, lecteur, si votre conformation naturelle ou les années vous ont affligé d'un poids respectable, de rechercher l'épaisseur, le poids et le sang chez votre monture.

Vous trouverez des pur-sang capables de porter 120 kilos; mais s'ils sont en état de travailler et en bon âge, ils n'entreront pas chez vous à moins de 6,000 francs et même plus.

Nous avons vu une jument, faisant partie d'une écurie de chasse célèbre, être rachetée 22,000 francs par son propriétaire en vente publique. Cette jument n'avait aucune valeur pour les courses et pas davantage comme poulinière.

Si ces prix vous effrayent, recherchez le hunter court de dos avec une croupe longue et inclinée, une bonne culotte, de gros muscles, des membres plats et courts, une tête petite et des pieds pas trop larges; il est vrai que vous serez encore obligé d'en donner un prix important.

Les chevaux de chasseurs, dira-t-on, portent plus de 100 kilos. C'est vrai, mais quand les portent-ils, et à quelles allures?

Le petit troupier de sang fera parfaitement une étape de 40 kilomètres dans sa journée avec un gros poids ; mais il sera mené à une allure raisonnée et calculée, sans jamais avoir à fournir à aucun moment un effort considérable et soutenu. Déchargez-le de 10 kilos et faites-le chasser sous un monsieur qui marche; après un mois d'expérience, allez voir ses membres; vous serez fixé, mieux que nous ne pourrions le faire en écrivant dix pages.

Des sportsmen considérables ont, à tort ou à raison, engagé une campagne en faveur du sang. L'un d'eux dit à peu près ceci : Un homme porte 20 kilos, chacune de ses jambes porte 10 kilos. Un cheval a quatre jambes, il faut diviser le poids qu'il porte par quatre; donc s'il est chargé de 80 kilos, chaque membre n'en portera que 20, ce qui est peu proportionnellement au poids considérable de sa masse. Mais ce calcul est faux, l'allure du hack ou du hunter étant le galop. Au galop à droite, par exemple, le postérieur gauc! e et l'antérieur droit travaillent isolément ; ils reçoivent et déplacent seuls la masse entière, une fois chacun dans une foulée (i).

Le cavalier soigneux pourra galoper alternativement à droite ou à gauche. Parfaitement, et il aura fort bien agi; sa monture aura travaillé également de partout, mais il n'aura pu empêcher les membres de travailler isolément et chacun des tendons aura, malgré tout, supporté des tensions énormes et répétées.

Les membres de l'homme ne peuvent être comparés à ceux de réquidé. »

Un portefaix chargé trop lourdement contracte une hernie ; un hunter galopant en terrain mou avec du poids sur le dos, se claque un tendon. Les jeunes gens qui courent à pied faiblissent rarement par les jambes; les poulains à l'entraînement seraient tous

(i) Des hommes de cheval éminents affirment au contraire que, dans le galop à droite, c*est le postérieur droit qui travaille le plus.

claqués, si Tentraîneur ne surveillait pas leurs membres avec le plus grand soin.

Notre expérience personnelle vient encore confirmer la théorie que nous soutenons de faire porter du poids par du poids. Dès que nous avons dépassé 90 ou 95 kilos, il nous a été impossible de demander un travail sérieux et régulier à des chevaux légers (i).

Du reste, vous ne voyez pas les cuirassiers remontés avec des anglo-arabes. Les horse-guards montent d'énormes iriandais. La pesante cavalerie du moyen âge n'employait ni barbes, ni syriens. La magnifique cavalerie de Frédéric ne se composait pas d'arabes ou d'andalous.

Si vous êtes lourd, recherchez donc un cheval d'un certain poids doué d'une bonne origine et du meilleur degré de sang possible.

Ne vous attachez pas à ce qui peut vous flatter; exigez en premier lieu des aplombs absolument réguliers, des membres exagérément larges, un garrot très en arrière et un bon dos (2). La machine ainsi faite vous portera aussi facilement qu'une voiture montée sur de bonnes roues, de bons ressorts et de bons essieux ; elle ne cassera pas à la moindre secousse. Vous pouvez rencontrer un pareil fût en Normandie, dans la Nièvre, dans la Mayenne et dans la Sarthe pour des prix variant de 1,500 à 2,000 francs, si vous voulez simplement être porté sans rapidité et sans élégance.

Si vous tenez à aller un peu plus vite, ajoutez à votre cube une épaule longue et oblique, une croupe également longue et bien inclinée; vous trouverez déjà plus difficilement. Voulez-vous encore mieux : greffez sur le tout une bonne tête et une bonne encolure, mettez à l'intérieur un moteur puissant et vous aurez

(i) Une surcharge de i kilogr. suffît pour mettre un cheval de coursedans un état d'infériorité marqué vis-à-vis de concurrents précédemment battus par lui; cela montre l'importance du coefficient qui doit être attribué au poids dans le calcul du travail fourni par un hunter à l'allure du galop.

(2) Type de hunter puissant pour très gros poids. Ce cheval est un américain de i^jo.

reconstitué le cheval qui, à lui seul, équivaut à une petite fortune.

Les marchands savent admirablement s*y prendre pour truquer la marchandise. Les jambes, non tondues, paraîtront larges; les crins ménagés sur le garrot le grandiront dans une certaine mesure; la place de la selle, également non tondue, sera très reportée en arrière ; et le cheval bourré de gingembre voussera le rein pour peu qu'un palefrenier lui maintienne la tête basse.

Montez l'animal pendant ime demi-heure; faites-lui mouiller les jambes au retour, et vous jugerez de ses proportions réelles.

Les chevaux, quel que soit leur volume, doivent être vigoureux et gais, les lymphatiques pourront sembler agréables au cavalier timide; mais ils ne seront jamais résistants.

Presque tous les bons travailleurs tirent plus ou moins ; ceux qui ne tirent pas montrent leur bonne santé d'une façon quelconque, soit par des bonds, des ruades, des écarts, de fausses peurs ou même en rétivant; ils disent qu'ils ont un caractère, une volonté ; cette volonté s'harmonisera avec celle du cavalier habile et toutes deux tendront vers un même but : bien faire.

Les meilleurs hunters que nous avons montés avaient généralement de la bouche et, à notre avis, ce n'est pas un défaut pour galoper dans un pays coupé d'obstacles importants; ils sont moins sensibles aux désordres qui peuvent se produire sur leur dos ou sur leurs barres.

Les Anglais ont des chevaux qui tirent et cela est attribué à la façon dont ils tiennent leurs rênes. Il faut retourner la proposition et dire : les Anglais tiennent leurs rênes de telle façon pour durcir les bouches et les rendre moins sensibles à certaines impressions aussi imprévues qu'involontaires.

En résumé, lecteur, achetez un cheval proportionné à votre poids (i), en recherchant les qualités de forme indispensables et passez sur certains agréments inutiles de beauté.

(i) Le cheval en campagne porte en moyenne y compris le poids du cavalier : Cavalerie légère, 107 kilos. — Dragons, 115 kilos. — Cuirassiers, 128 kilos. — Ce poids augmente par la pluie. (Aide-mémoire de V officier d'état-major).

Le fameux Éclipse^ le meilleur des chevaux de plat, n'était pas « joli » et pourtant...

Nous donnons, pour clore ce chapitre, deux descriptions du célèbre pur-sang :

« Éclipse était un cheval alezan, de i6 mains et demi de haut, né en 1764, par Marske, un arrière-petit-fils d^Darley Arabian. Il ne fut entraîné qu'à cinq ans. Quand je le vis pour la première fois, dit Lawrence, il paraissait en bonne santé, d'une constitution robuste. Son épaule était très épaisse, mais étendue et bien placée, son arrière-train paraissait plus haut que l'avanttrain, et il était dit qu'aucun cheval dans son galop ne lança ses hanches avec un plus grand effet, son agilité et ses foulées étant de pair.

« Il couvrait beaucoup de terrain arrêté, et sous ce rapport était l'opposé de Flying Childers, un cheval à dos court, compact, dont le développement reposait dans les membres inférieurs. Quand je le vis, gras comme un étalon, il y avait un certain air de grossièreté en lui. Éclipse ne fut jamais battu; jamais il ne sentit la cravache ni la molette d'un éperon ; il dépassait dans ses enjambées, et battait comme fond, tout cheval .qui partait contre lui. » Feu M. Percival, un vétérinaire distingué, écrivant sur le même cheval, dit « qu'il était un gros cheval, dans toute la force du mot, grand de stature, avec un coffre long et spacieux, des membres larges. Pour un gros cheval, sa tête était petite et avait le caractère arabe ; son cou était d'une longueur inaccoutumée ; son épaule était forte, suffisamment oblique, et sa poitrine ronde, n'ayant rien de remarquable, mais n'ayant pas de défaut, au point de vue de la profondeur; il avait le garrot peu sorti, étant plus haut du derrière que du devant; son dos était long, et sur les reins avait la forme d'un dos de carpe ; ses quartiers étaient droits, carrés et étendus; ses membres longs et larges, ses articulations grosses; en particulier, ses avant-bras et ses cuisses étaient très longs et musculeux, ses genoux et ses jarrets larges et bien conformés. »

Fig. I.

Fig. II.

Du cheval à deux fins (i). — Le cheval à deux fins est aujourd'hui très répandu ; et un bon cheval de selle n'a pas de raison pour ne pas traîner une voiture proportionnée à son volume. L'inverse est faux ; un fort bon carrossier peut être un porteur désagréable et ridicule (2).

Une vieille légende nous dit que l'attelage dérange le cheval de selle; cela pouvait être autrefois quand on faisait usage de voitures monumentales et que les chemins étaient de vraies fondrières; mais vous pouvez très bien atteler un hack sur un tonneau ou un buggy; et une paire de hunters ne sera pas très déséquilibrée parce qu'elle aura traîné une victoria.

M. le baron Finot attelait sa fameuse \MYSiçXi\ Plaisanterie t!t%t rendait avec elle à l'hippodrome; cela n'empêchait pas la brave bête de gagner sa course, pour ensuite réintégrer les brancards.

(i) Type de cheval à deux fins. Ce cheval est un normand de i^.ôo. (Fig. II).

(2) Je ne donne pas les chevaux représentés par les figures I et II comme des modèles extraordinaires, mais seulement comme des animaux doués d'une conformation leur permettant de travailler. De tels sujets, Âgés de cinq ans et nets mais non dressés, se trouvent assez facilement dans le commerce à des prix raisonnables.

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