DE L’EAU DE CRISTALLISATION DES SELS
On sait depuis longtemps que les acides peuvent former avec l'eau des combinaisons définies telles que ;
AzHO«,3 HO S® H® O®, 4 HO S® H® O®, 2 HO
De récentes expériences sont venues confirmer l’existence de ces combinaisons au sein de l’eau en excès.
Lorsqu’on éleclrolyse de l’acide sulfurique étendu d’eau (I), on obtient au pôle négatif de l’hydrogèue; au pôle positif, les éléments électro-négatifs, et ce n’est pas SHO"* (en équivalents), mais SHO^,2HO qui subit l’action du courant : « Il semble que ce groupement persiste au sein de la solution aqueuse ». De môme dans l’électrolyse de l’acide azotique étendu d’eau. C’est le groupem’ent AzHO® ,3HO qui s’éleclrolyse.
Ces combinaisons offrent la plus grande analogie avec celles que forment les sels avec l’eau (eau de cristallisation). En effet, dans toutes deux, les proportions sont définies; il y a dégagement de chaleur et contraction de volume pendant la combinaison. Le dégagement de chaleur est facileà constater, aussi bien dans la combinaison des acides que dans la combinaison des sels avec l’eau.Ilenestde môme de la contraction de volume observée lorsqu’on mélange à 49 parties en poids d’acide
(1) Bourgoin. Nouvelles Recherches éleotrolytiques, p. 13 et suiv.
SHO^ ISparlies d’eau, proportion qui correspond à la formation du composé déjà cité : SHO* 2 HO. Il serait plus difficile d’observer directement la contraction qui peut se produiredans lacombinaisondes sels anhydres avec l’eau. Toutefois, il résulte des expériences faites par M. Buignel, à l’aide du Volumenomètre, que la densité de l’eau de cristallisation du sulfate de soude est t ,101, et celle de sulfate de magnésie : 1,232.
Les proportions dans lesquelles se font ces combinaisons (hydrates d’acides, hydrates de sels), varientavec la température. Nous avons vu que dans un mélange d’acide sulfurique et d’eau à la température ordinaire, paraît subsister l’hydrate SHO^ 2HO. A une température voisine de 0®, on obtient cristallisé un hydrate SHO^ HO. De môme, le borax, entre beaucoup d’autres exemples, cristallise au-dessus de-h 36®, en octaèdres renfermant 5 HO et au-dessous de cette température, en prismes avec 10 HO.
On a assimilé à ces hydrates certains sels analogues aux sels doubles, et pourtant ne dérivant ni d’acides polybasiques, nijde bases polyacides.
Tels sont des sels basiques, comme l’acétate de plomb bibasique, ou acétate triplombique, qu’on peut considérer comme de l’acétate neutre de plomb combiné à deux équivalents d’oxyde de plomb, ce dernier jouant le rôle d’eau ce cristallisation.
Tels sont des sels acides, comme le quaJroxalate de potasse (oxalate acide de potasse combiné à de l’acide oxalique), ou comme la combinaison cristallisable de chlorure d’or et d’acide chlorydrique (Berzélius), qu’on peut considérer encore comme analogues aux hydrates de sels.
Telles sont, enfin, les combinaisons de deux sels n’ayant aucun élément commun, comme la combinaison cristalline de cyanure de mercure avec le forraiate de potassium (Winkler).
Ces analogies sont, jusqu’à un certain point, corroborées par l’action décomposante que l’eau exerce sur certains sels; surtout lorsqu’elle est en grande masse. L’eau jouissant d’une aptitude peu marquée à entrer en combinaison, d’une certaine indifférence chimique, peut fonctionner ; tantôt comme électro-négatif ou acide, tantôt comme
élément électro-positif ou base, suivant la po[avité électrique des corps en présence desquels elle se trouve; ce qui explique les variations dans son action décomposante. Il semblerait même résulter des expériences de MM. Favre et Silbermann, que, non-seulement l’eau décompose certains sels en sels basiques et en sels acides; mais que ces derniers paraissent se décomposer, à leur tour, lorsqu’on les dissout
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L* Directeur,
Le Vtee-Decleur de f Académie de Parie,
BUSSY. A. MOURIER.