‹ Généralités sur les sirops et les mellitesChapitre 17 sur 42 · Voy. l’Officine · texte numérisé non relu

Voy. l’Officine

III. Des propriétés dissolvantes propres aux solutions sucrées.

On admet trop souvent que les sirops ont sensiblement le même pouvoir dissolvant que leur véhicule liquide ordinaire, c’est-à-dire que l’eau. Cette assertion n’est vraie que dans son sens général et d’une manière très approximative. La solubilité des substances dans les solutions saturées de sucre est tantôt plus grande que dans l’eau pure, et tantôt moins grande. Ceci n’a pas lieu de nous surprendre car le sucre est un corps analogue aux alcools par son rôle chimique et, comme eux, peut avoir une solubilité propre pour les substances en présence desquelles il est placé. Voici quelques exemples :

Sirop d’élher. — L’éther est moins soluble dans le sirop simple que dans l’eau pure. Préconisé par Boullav, le sirop d’éther a reçu de divers auteurs des formules assez notablement différentes. En 1 SGG, un travail étendu de MM. .1. Régnault et Àdrian a permis de fixer la meilleure méthode à suivre. Il résulte de ce travail que, tandis que l’eau pure dissout environ le dixième de son poids d’éther, un sirop marquant 55° B“ n’en dissout environ que le centième de son poids. Le sucre abaisse donc la solubilité de l’éther d'une manière considérable. Delà le précepte d’employer un sirop

peu cuit pour faire le sirop d'éther. On y ajoute aussi de 1 alcool non pas que ce dernier augmente la solubilité de 1 éther a la température ordinaire du moins, comme on pourrait le croire, mais parce qu’il empêche ce sirop de louchir et de se séparer en partie pendant les chaleurs de l’été. ■Cette action de I alcool démontre évidemment que la solubilité est réellement augmentée par l'alcool quand la température tend à s’élever. Pour plus de détails voir le résumé de celle question dans le Traité de pharmacie de Soubeyran.

Sirops contenant des huiles essentielles ( I). — « Au contraire de l’éther, les huiles essentielles semblent être aussi solubles dans le sucre que dans l’eau, h volumes égaux. En effet, si l’on met une goutte d’essence de citron dans 10 gr. d eau distillée, la liqueur est louche après une agitation ; elle reste légèrement opaline et se surmonte d’une couche blanche formée en partie par de l’huile essentielle qui se dissout peu à peu si le volume de l’eau est élevé graduellement à 25 cc.

Si, d’autre part, on verse une goutte d’essence de citron sur 5 gr. de sucre et qu’on broie celui-ci dans un mortier, Je sucre ainsi parfumé, ajouté il 10gr. d’eau distillée, donne une liqueur laiteuse, mais homogène, qui devient aussi limpide que la précédente si l’on ajoute du sucre par parties, jusqu’il concurrence de 20 gr., c’est-à-dire lorsque le volume est environ 25 cc.

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