Mandl, C. R., î. L
2. Krcusler, Ann. ageonomitfiûis, t. XIV, 70 (1888) et aif paravnnt I. XII, 482.
3. Encyclopédie chimique. — Duel aux, Chimie biologique , p. 212, 1883, X.
la mucédinée se développe régulièrement, cl le poids de la récolte devient à peu près constant dans des vases d'égale profondeur, quelle que soit la quantité d’eau du milieu, pourvu que les autres éléments restent invariables. »
Ainsi, pour le cas spécial qui nous occupe, la conservation des sirops est due essentiel!eme.nt à leur grande puissance osmotique. Ce sont des milieux dans lesquels les substances altérables et les ferments (pii tendraient a les altérer subissent simultanément une dessication plus ou moins profonde.
Du reste, il n’est pas nécessaire que l’agent d’altération soit un être vivant : il existe des réactions purement chimiques <pii subissent le même arrêt de la part du sirop, parce que ces réactions ne peuvent se faire qu’en présence de l’eau. C’est ce qui a lieu par exemple dans la production des essences sulfurées des crucifères.
Lorsqu’on pile du raifort dans un mortier, la quantité d’eau naturellement contenue dans la plante est assez grande pour déterminer la réaction, et une odeur extrêmement vive se développe aussitôt. Mais si, comme l’indique M. Dorvault pour le sirop antiscorbutique préparé îi froid (1), on pile le raifort avec du suc, l’odeur est très faible. Dorvault attribue du reste cette action du sucre à son avidité pour l’eau, et il en donne la preuve en montrant que l’essence se développe abondamment avec son odeur pénétrante dès (pie l’on étend d’eau la solution sirupeuse.
Nous avions indiqué au début de ce travail les conditions
que doit remplir un bon médicament, et nous avions montré que les sirops remplissent d’une manière très satisfaisante ces conditions. Il serait difficile en effet de trouver une forme médicamenteuse plus parfaite, car il est rare de trouver réunis a la fois les conditions d’un dosage exact, d’un goût agréable, d’une préparation facile et d’une conservation assez grande pour satisfaire complètement à la . plupart des besoins de la pharmacie. C’est parce que les sirops remplissent à un haut degré toutes ces conditions, qu’ils resteront dans la pharmacie l’une des formes les plus précieuses que possède la thérapeutique.
Une puissante action osmotique, telle est donc la cause véritable qui a placé les sirops, c’est-à-dire les solutions très concentrées de sucre, parmi les liquides conservateurs de substances altérables. Il est vraiment intéressant de voir que la dessication, si communément employée pour la conservation des matières premières dont se sert le pharmacien, c’est-à-dire des drogues simples, est encore le mode réel par lequel les substances actives et très altérables retirées de ces drogues simples sont conservées pour l’usage immédiat. Tous les saccharolés agissent de la même manière, et non-seulement eux, mais encore l’alcool des teintures et le sel des conserves alimentaires. La dessication est le grand moyen de conservation, le moyen le plus général et le plus parfait après la destruction, directe de l’agent d’altération par la chaleur ou les antiseptiques. ^