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L'ART AU TEMPS D'AXDRE DORIA

A leur emphase s'oppose la grâce fine, spirituelle et vivante des Victoires, des Amours, des figures chimériques, des personnages délicats et souriants que Perino et Lucio ont peints et modelés dans les charmants caissons des voûtes. Voilà les rêves sincères de ce florentin d'esprit léger, et voilà les divinités qui conviennent à ce joli palais posé au bord de la Méditerranée. La salle des Géants, au bout de la galerie, est ornée avec cette profusion qui donne à beaucoup de palais italiens l'aspect de châteaux de contes de fées : partout des meubles en bois doré, d'un style con-

G.A. Moiitorsoli. Loggie du palais Doiia.

tourné et tapageur, consoles, miroirs, torchères, table au pied de laquelle s'enlacent des dauphins. Une grande cheminée de marbre noir que portent deux captifs barbares de marbre blanc est couronnée par deux énormes cornes d'abondance entre lesquelles frémit un aigle : une Victoire le couronne; ses serres noires s'agrippent à une autre couronne de fruits qui entoure un médaillon de marbre blanc, où est sculptée une allégorie delà Liberté génoise. Deux statues féminines en marbre blanc veillent aux côtés de ce monument de marbre noir, qu'on a attribué tantôt à Silvio Cosini et à Giovanni de Fiesole, tantôt à Guglielmo délia Porta, qui fut l'ami de Perino. Entre les murs et la fresque du plafond ont été ménagés une frise, des arcs, des triangles et des écoinçons que Lucio Romano a ornés de stucs : sur la frise, des armes et, sous chaque retombée de voûte, l'aigle des Doria battant des ailes ; dans les arcs, des divinités marines,

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dune vivacité, d'une souplesse et d'une noblesse parfaites; plus haut, des nj-mphes. des faunes, d'aimables mythologies. La grande fresque du plafond représente la lutte de l'Olympe contre les géants, et c'est elle qui a donné son nom à la salle; cette peinture est la plus ambitieuse mais non pas la meilleure qu'on doive à Perino del Vaga : tout ce qu'il y a de tragique dans la scène est faux et disgracieux ; toutefois quelques-unes des

Le palais Duria de Fassolo.

déesses quientoureut Jupiter sont de jolies figures, élégantes et bien drapées, et les géants foudroyés agonisent devant un calme et beau paysage talien, que couronne sur l'horizon bleuâtre un vieux château fortifié.

En 1845, toutes ces fresques ont été restaurées : le palais en possède d'autres encore, de Perino, des Calvi, de la plupart des peintres génois du xvi° siècle ; il possède aussi, dans l'ancienne chambre d'Andréa Doria. une belle cheminée monumentale. Mais, quoique ce palais appartienne toujours à la famille Doria, il est divisé en appartements modestes et déchu de sa première dignité. Autrefois, il n'accueillit que des hôtes illustres : du 28 mars au 8 avril 1533, Charles-Quint y reçut l'hospitalité. La mer frappait alors le bord du jardin et les galères attendaient André

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