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GHNES DEPUIS LE XVII" SIECLE

d'hui palais Serra) : ils y construisirent cette admirable salle que portent vingt colonnes corinthiennes et qui, toute riche qu'elle est, fut construite avec un bon goût rare dans les intérieurs seigneuriaux de Gênes. En 1779, Tagliafico construisit encore le magnifique escalier de marbre du palais

Salon dans le palais Luigi Pallavicini.

Durazzo-Pallavicini et le vestibule blanc auquel l'escalier aboutit, et où il a adapté avec beaucoup d'adresse la grâce mesurée du Louis XVI français aux vastes dimensions du palais. De la même époque date le palais ducal: construit après i590par Andréa Vannone et Rocco Pennone, il fut dévoré par un incendie en 1777 ; préféré à Tagliafico à la suite d'un concours ouvert en 1778, Simone Cantone le réédifia dans un style très classique, mais que gâte la multiplicité des colonnes géminées et des

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motifs de sculpture au-dessus de la façade. Toutefois la hauteur grandiose et l'heureuse situation de l'édifice au fond d'une large place font beaucoup d'effet. .'Mais l'œuvre la plus séduisante de cette époque est peut-être le palais Balbi de la via Nuovissima, construit par Gregorio Petondi en 1781 et où, dans un petit espace, entre deux rues d'inégal niveau, une succession d'escaliers de marbre se croisent d'une façon aussi élégante qu'ingénieuse : à cent cinquante ans de distance, Petondi retrouvait et renouvelait la tradition de Bartolommeo Bianco.

On voit donc que tous les architectes, vers le même temps, délaissaient le st\le des derniers artistes lombards et ligures qui avaient introduit à Gênes après 1650 le goût des monuments décorés de stucs contournés et pesants. Les autres arts, la sculpture notamment, dociles au courant néo-classique qui régénéra le goût de toute l'Europe, subirent la même réaction, et le style baroque mourut de ses excès mêmes. Les fils de Filippo Parodi, son gendre, G. -A. Ponsonelli, Bernardo Schiaffino (1689- 1 724) et surtout son frère Francesco ^i 700-1765] dont un groupe de marbre, le Rapt de Proserpine (Palazzo Reale) est sculpté avec autant de virtuosité et aussi peu de sentiment que les statues du Bernin, exagérèrent si bien ce maniérisme sans conviction qu'au milieu du siècle un brusque retour à un st)-le calme et presque froid eut lieu à Gênes, au moment où se fonda VAccadciuia ligiistica (1751). Casaregi, N. Traverse, F. Ravaschio, J. Peschiera s'inspirèrent du st^de de Canova : Traverse forma Giuseppe Gaggini (1791-1867), sculpteur du roi de Sardaigne, dont Gênes possède de nombreuses œuvres, d'un st}4e directement imité de l'antique, donc peu personnel, mais pur et parfois séduisant : son Génie de V Harmonie qui surmonte le portique du théâtre Carlo Felice donne une juste idée de sa manière.

Le style classique de cette statue s'accorde avec le stj-le régulier et imposant du Carlo Felice (1826;. Carlo Francesco Barabino (1768-1835) qui donna les plans de ce théâtre prit une grande part aux transformations de Gènes après 181 5 : cet architecte, esprit clair et ennemi du caprice, élève d'Andréa Tagliafico, a construit le Carlo Felice sur un plan carré, avec un portique étroit porté par des piliers et des colonnes doriques, d'une sévérité très conforme au goût de l'Empire ; c'est à Barabino que Gênes doit la belle promenade de l'Acquasola, qui a été de nouveau transformée lorsqu'après le risorgimento fut ouverte la place Corvetto où se dresse une statue romantique de Mctor-Emmanuel.

Peu de monuments bâtis à Gênes au xix* siècle relèvent de l'art : la façade de l'Annunziata, construite en 1840 par G.-B. Resasco, d'après un

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