Genèse des composés terpéniques dans les végétaux
Lorsqu'on étudie la composition des huiles essentielles, on est frappé de ce fait que lesmêmes combinaisons terpéniques oxygénées sont généralement accompagnées des mêmes hydrocarbures.
Souvent, l’un des principes oxygénés étant un alcool de l’une des formules : C'°H180, C'°H200, ou C'5H260, cet alcool diffère par les éléments de l’eau de l’un des hydrocarbures qui Paccompagnent : linalol C'°H180 et limonène C'°H!'6; bornéol C'°H1#0 et camphène C'0H16; alcools sesquiterpéniques |C'H?260 et sesquiterpènes C15 H?*.
Souvent aussi, l’un des constituants terpéniques oxygénés étant une aldéhyde ou une cétone, on rencontre à côté de lui un hydrocarbure qui n’en diffère que par un atome d'oxygène : citral C'°H160 et limonène C'0H16.
Il arrive,.enfin, que la formule d’un principe oxygéné se déduit de celle d’un hydrocarbure qui lPaccompagne constamment dans les huiles essentielles par la substitution d’un atome d'oxygène à deux atomes d'hydrogène : carvone C'0H!:0 et limonène C'°H'6.
Le même végétal renferme le plus souvent, à côté d’un
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ou de plusieurs terpènes, des alcools térpéniques, leurs évhers, les aldéhydes ou les cétones correspondant à ces alcools, et, d’une manière plus générale, un ensemble de composés que l’on peut facilement faire dériver les uns des autres.
A la suite de ces remarques, un problème se pose naturellement qui consiste à saisir le mécanisme à l’aide duquel les constituants d’une même huile essentielle se forment aux dépens les uns des autres chez la plante.
J'ai essayé d'apporter une solution directe à cette quesüon qui intéresse, non seulement la science pure, mais aussi ses applications. Au cours de mes recherches, d’autres problèmes ont surgi consistant, les uns à donner aux phénomènes observés une signification physiologique, les autres à déterminer l'influence de telle ou telle fonction végétale sur le sens des réactions chimiques modifiant, au sein de la plante, la nature des composés terpéniques.
On sait que les cellules végétales renferment une multitude d'agents transformateurs de la matière, capables de produire les phénomènes les plus divers : hydratations, déshydratations, oxydations, réductions, isomérisations. Le rôle de ces agents multiples dépend en grande partie de la façon dont s’alimente la plante et des organes qui y prennent le plus de développement.
Toute cause capable de modifier les conditions de travail du contenu cellulaire est susceptible d’excercer par là mème une influence plus ou moins profonde sur la nature ou sur les proportions des produits qui y sont élaborés, et, en particulier, des composés de la série terpénique.
Quelle est alors la nature des transformations que subissent ces substances selon que l’on fait varier telle ou telle cause modificatrice ? Il nous est, dans l’état actuel de nos connaissances, impossible d'aborder directement cette question. Il faudra, auparavant, connaître la genèse
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GENÈSE DES COMPOSÉS TERPÉNIQUES. à
des composés terpéniques et déterminer les conditions qui président à leur évolution chez la plante. L'histoire et la constitution de la plupart de ces corps sont aujourd’hui suffisamment connues pour que la solution des problèmes que je viens de poser puisse découler de l'étude du développement progressif des huiles essentielles dans les végétaux.
Pour étudier leur genèse, les composés terpéniques considérés seront divisés en trois groupes de corps Coexistant dans les plantes :
I. Zthers d'alcools terpéniques, alcools terpéniques, aldehydes correspondantes, terpènes.
IL. Æthers composés, alcools secondaires, cétones correspondantes.
IL. Éthers composés, alcools terpéniques, cétones ne correspondant pas immédiatement à ces alcools.
L'étude de la genèse de chacun de ces groupes de composés fera l’objet d’un Chapitre spécial. J’exposerai, finalement, les conclusions générales qui se dégagent de mou travail.
Qu'il me soit permis, avant d'entrer en matière, d’accomplir un devoir sacré, celui de reporter à la mémoire de Charles Friedel, le vénéré Maître sous la direction duquel j'ai effectué mes premières recherches, mes sentiments de profonde reconnaissance.
Depuis le jour où j'ai dirigé mes efforts vers l’étude de Ja Chimie des terpènes, mon cher Maître M. le professeur Haller n’a cessé de me prodiguer ses précieux encouragements et ses conseils éclairés. Je le prie de recevoir le témoignage de ma plus vive gratitude et de mon plus respectueux attachement.
A E. CHARABOT.