PREMIÈRE PARTIE
TERPÈNES, ALCOOLS TERPÉNIQUES, LEURS ÉTHERS, ALDÉHYDES CORRESPONDANTES.
Les composés terpéniques dont j'aurai, dans la première Partie de mon Travail, à suivre la progression ou la régression sont les suivants : 1° des terpènes, C'0H!6 (limonène et dipentène); 2° deux alcools terpéniques, C'°H!:80 (linalol et géraniol); 3° des éthers de ces alcools terpéniques; 4° le citral, aldéhyde correspondant au géraniol.
Je ferai remarquer, dès à présent, que les essences qui ne contiennent pas des proportions notables d’alcools primaires ou secondaires, c’est-à-dire d’alcools susceptibles de donner des aldéhydes ou des cétones par oxydation, ne renferment pas non plus, parmi leurs constituants, des principes de nature aldéhydique ou cétonique. Tel est le cas des deux premières essences dont j'étudierai, dans ce Chapitre, le développement progressif : ces essences contiennent principalement, comme composé alcoolique, du lin alol, alcool tertiaire. Toutefois, le linalol est susceptible de s’isomériser pour donner naissance au géraniol, alcool primaire, dont l’aldéhyde correspondante est le citral.
Méthodes d’analyse et de calcul.
Je vais tout d’abord indiquer les méthodes d’analyse et de calcul que j'ai employées dans les recherches qui vont être exposées.
Pour doser l’acétate de linalyle j'emploie le procédé bien connu qui consiste à chauffer au bain-marie, pendant une demi-heure, 25° ou 35 du produit à analyser avec un volume convenable de potasse alcoolique demi-normale et
à titrer ensuite l’excès d’alcali au moyen d’une solution demi-normale d'acide sulfurique (!).
Si p est le poids d'essence mis en jeu et x le nombre de centimètres cubes de potasse demi-normale consommés, le nombre de milligrammes de potasse KOH nécessaires pour saponifier 15° d'essence, nommé coeficient de saponification, sera
Sn, P
Ce nombre étant connu, la proportion d'éther exprimée
en centièmes et calculée en CH. COOC'°H'7 sera 19,6
et la proportion en centièmes, d'alcool combiné,
ainsi que le montre l’équation
CH3-CO OC10H17<+ KOH = CH3-CO2K + CtoIt80.
Le linalol, à cause de la facilité avec laquelle il se déshydrate, ne peut se doser d’une facon rigoureuse par acétylation et saponification successives. En outre, les nombres trouvés dépendent à la fois du volume de lanhydride acétique mis en jeu et du temps pendant lequel on chauffe le produit. Les meilleurs résultats s’obtiennent en opérant de la façon suivante :
On chaufle à une douce ébullition, pendant deux heures, 10% du produit à analyser avec 10% d'anhydride acétique et 1%" d’acétate de sodium fondu. On laisse refroidir, on élimine l'excès d’anhydride acétique par des lavages, d'abord à l’eau, puis au carbonate de sodium dilué, enfin à l'eau distillée jusqu’à réaction neutre. On sèche ensuite
(‘) Cuaragor, Dupont ct PiLLEr, Les huiles essentielles et leurs principaux!constituants, p. 29.
6 E. CHARABOT.
le produit sur du sulfate de sodium anhydre et l’on y dose l’éther par la méthode connue.
Si n est le nombre de centimètres cubes de potasse demi-normale nécessaires pour la saponification, p le poids en grammes du produit acétylé employé, la proportion en centièmes de l’alcool contenu dans le produit primitif sera donnée par la formule
nm P — < X 0,042
dans laquelle M désigne le poids moléculaire de l'alcool à doser.
En effet, l'équation CH$-CO2.C10H17+ KOH = Ci0H17 OH + CH3-CO?K
Er
montre que lorsque la saponification exige 1 molécule de potasse, c’est-à-dire 2000 de solution demi-normale, le poids de l’essence a augmenté de 42 par acétylation. Donc
le poids p d'essence acétylée correspond à un poids n x 42
n se —p——X 0,042 d'essence primitive dans 2000 2
RSS laquelle /a totalité de l'alcool était supposée se trouver à l’état de liberté.
La quantité d’alcool libre’ contenu dans le poids ñn / , . ct : e p—= x 0,042 d'essence primitive est celle qui corres-
FIM La teneur de lessence primitive en alcool libre,
>ond à °° de potasse demi-normale, c'est-à-dire ( )
exprimée en centièmes, sera donc
nm. ; : n , D = x 0,042 D = < 0,042
ou, dans le cas d'un alcool de la formule C'°H'50,