‹ Genève religieuse, en mars 1819Chapitre 1 sur 10 · Genève religieuse, en mars 1819 · texte numérisé non relu

Genève religieuse, en mars 1819

des questions mutiles, propres uniquement à ranimer des haines : Les sujets sur lesquels roulent les questions religieuses actuelles sont,

comme nous le verrons bientôt, de la plus haute importance dans la Religion pratique :

Il est très-important, par exemple, de savoir si l’auteur de notre Religion, de cette Religion à laquelle se rattache tout ce qui dans le monde peut nous intéresser , n'a été, comme le disent quelques-uns, qu'un homme comme nous, ou une créature plus ou moins supérieure

à nous , qui nous a donné des enseignements que nous soyons libres de modifier où d’annuler par nos explications ; — ou bien, si sous

T’enveloppe d’une chair mortelle, c’étoit, par

Ur à un mystère inexplicable, Dieu lui-même qui venoit se manifester à nous. Je ne prétends pour le moment ni défendre ni, blâmer la croyance de qui que ce soit: mais je répète que le Oui ou le Non sur cette question comme sur plusieurs autres qui se renouvellent de nos jours , est fort important. Je ne sais comment on pourroit ne pas m'accorder cette première assertion , et ne pas sentir , au moins à ce premier égard, le tort de ceux , qui pour déprécier ces questions, ne cessent de les traiter d’inutiles ou d'accessoires. : 112 J'avertis encore que dans tout cet écrit j'appelle nouvelles doctrines , celles qui s’étoient glissées dans l'Eglise de Genève depuis 60 ans environ, et surtout depuis ces dernières années ; et non celles qui reparoissent depuis un jan ou deux, et auxquelles on donne faussement ce nom. Ces dernières sont les anciennes doctrines, non-seulement des réformateurs , mais même des premiers siècles du christia- .nisme ; cÎles sont renouvelées et non nouvelles:

de même que le commandement de s'aimer

| CR | les uns les autres dont J. C, disoit : « Je vous donne un commandement nouveau » , quoique ce commandement eût déja été donné 2000 ans avant lui (Jean x111 34. 1. Jean 11, 7. 8. Lév. xix, 18.). Jésus ne le créoit pas, il le rappeloit. C'est ainsi que les prétendues innovations de nos jours , et l'Eglise qu'on appelle Nouvelle, ne sont qu'un retour aux doctrines de nos pères, et une Eglise toute semblable à celles qu'ils formoient. Ce que jappelle donc nouvelles doctrines, et avec raison, ce sont, je le répète, celles qui ont pris naissance parmi nous depuis un demi-siècle environ. Les deux partis sont d'accord là-dessus ; car tandis que celui des anciennes doctrines tout occupé de la vie à venir, et du pres- . sant desir de sauver dés âmes de la condamnation, ne parle continuellement, dans ce but, que d’un fidèle attachement aux anciennes doctrines et aux préceptes de l'Evangile , celui des nouvelles ne parle que de progrès des lumières , de nouvelles lumières, de siècle de

lumières ; ensorte que selon eux, l'Eglise, ayant

(1927) existé depuis 1800 ans, n’a vu la lumière qu'en nos Jours.

Je prie mes lecteurs de se souvenir de cette distinction, afin d'éviter l'équivoque des mots. Nous qui réclamons rouvellement, c'est pour le retour, en fait de principes de christianisme, à ce qui est arcien. | É

Si je n’annonce le tableau de Genève sous le point de vue religieux que pour le moment actuel, c’est parce que notre patrie me paroît renfermer sous ce rapport les germes d’une renaissance. qui changera , comme je le crois ;

le coup-d'œil de la scène de jour en jour.

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Grive offre depuis quelque temps à l'observateur attentif un spectacle bien sérieux, si on essaie d’en calculer les suites. De tous ceux qui ont écrit jusqu'à ce jour au sujet du mouvement religieux qui s’y manifeste , aucun n’a pris l'ensemble du coup-d'œil quil présente : plusieurs même des partis qui viennent de s’y former ignorent l'existence de ceux qui ont paru à côté d'eux; un grand nombre de nos concitoyens n’ont que des idées confuses sur l’état où en sont les choses à cet égard. Je veux essayer de suppléer à ce défaut de connoissances , et de contribuer ainsi à rectifier autant que possible la multitude des fauxjugements qui en sont la suite.

J'ai passé deux ans au service d'une paroisse isolée , dans un recueillement profond, dont je rends grâces à Dieu encore tous les jours, et qui m'a permis d'observer avec le calme de limpartialité les différents mouvements qui agitoient ma patrie.

Privé de la jouissance de proposer en chaire les vérités du salut à mes compatriotes, par un règlement de la Compagnie des Pasteurs , qui, par cela même qu'on peut l'interprêter très-diversement, suffit pour gêner la conscience d’un homme droit, ou qui, si je le comprends bien , défend dé présenter au peuple certaines vérités que je crois essentielles au salut ; convaincu d’ailleurs par l'exemple d'un Ministre très - estimable , qu'un prédicateur peut se soumettre à ce règlement , et être malgré cela suspendu de ses foncuüons pour avoir prêché d’une manière que Je ‘crois très-louable ; je me suis vu en quelque sorte repoussé de mon Eglise, et contraint d'offrir mes services à un corps qui eût des principes plus conformes aux enseignemens de l'Evangile : je me suis joint à la Nouvelle Eglise (1) dont on verra les principes exposés dans cet ouvrage. Je me ferai un devoir de donner plus en détail les raisons de ma démarche dès que les circonstances le demanderont.

Je sens que la Religion, vers laquelle une si grande partie des hommes reviennent de nos jours, n’est point contentieuse ni l’'amie d’un

(1) On a déjà vu et on verra encore , sous le titre réservé a ce corps, dans quel sens nous croyons pouvoir admettre cette dénomination , et dans quel sens nous la rejetons.

( 5 ) zèle amer. Jésus, en nous enseignant que ceux qui le rejettent, sont réservés à un terrible Jugement, nous apprend assez par-là que nous devons prendre patience avec leur égarement ; et, bien loin de les haïr , les plaindre et prier pour eux.

Ce n'est pas que je veuille en parlant ainsi , plaider la cause de cette fausse douceur d’un monde qui tolère le mal par indifférence pour le bien ; qui épargne les ennemis du christianisme parce qu'il n’est pas chrétien; doux dans son langage , et dur dans‘ses actions. Non: si quelquefois en découvrant des atteintes faites par les hommes à la Vérité contre le propre cri de leur conscience , je ne puis contenir Texpression de ma douleur, ou consentir à laisser au péché le voile dont il vouloit s’envelopper, je ne crois manquer. en cela ni à lhumilité ni à la charité. Le chrétien individuellement n’a que faire de s'occuper des fautes d'autrui; mais celui qui est appelé à les considérer dans leur funeste influence sur les autres, doit et peut sans commettre un péché, signaler le mal comme plaider la cause du bien. Chasser les ténèbres , c’est amener la lumière. : Je désire donc également m’éloigner de cet esprit d’aigreur , de contention et d’orgueil , qui ne soutient une cause que par amour-

propre; et de cette fausse douceur que le monde réclame à si grands cris, Restons en paix quand , à parler en général, la marche des choses est bonne ; mais quand le mal vient se glisser parmi nous sous le manteau d’une hypocrite douceur; quand, sous la peau d’une:brebis , comme le dit Notre Sauveur g il S’introduit dans la bergérie des loups rayissants, c'est-à-dire, de fausses doctrines enveloppées. sous des mots flaiteurs et insidieux, — alors prenons, avec la foi en Dieu et en son: Nom adorable, le glaive de la Parole, et crionsà haute voix pour avertir du danger. Notre Seigneur n’a jamais professé une pareille paix entre le bien et le mal. Au contraire ; bien au contraire : c’est Lui, Lui qui, prévoyant la luite qui auroit lieu inévitablement entre: la vérité et le mensonge, a dit, quoique débonnaire et humble de cœur: Croyez-vous que je sois venu apporter la paix sur la terre? Non, . vous dis-je, maïs l’épée et la division , etc. (Vous pouvez lire ces paroles dans son Evangile selon St. Matthieu, chap. X. ÿ. 34. ) Tout homme qui ne s’aveugle pas ici volontairement, comprendra le sens de cette expression. Notre Seigneur ne désiroit pas la guerre pour la guerre même; mais puisque le mal tend sans cesse à:

établir son empire sur le bien, Jésus nous en-

seigne qu’il vaut infiniment mieux un trouble sa: lutaire qu'un mortel repos.—Puissé-je ne pas écarter un seul instant de son Esprit, et parler également avec franchise et avec charité. $. 1. L'Eglise de Genève a suivi la marche qu'ont suivie jusqu’à présent toutes les Eglises, Elles partent du vrai christianisme ; peu à peu les convoitises prennent un ascendant qui s’accroit de jour en jour ; la doctrine souffre des: atteintes insensibles ; tout se relâche par degrés ; les principes et les mœurs se rapprochent des principes et des mœurs du monde :

bientôt lesprit secoue entièrement le joug d'un Evangile trop contraire aux penchants de l’homme naturel; la doctrine s’altère , la morale se corrompt, et l’excès même du mal commence à réveiller l'attention du petit nombre d’âmes pieuses qui ont survécu au nau-

frage. | Que l'Eglise de Genève soit ainsi déchue, c'est ce que savent tous les Chrétiens qui la connoissent; c’est une vérité malheureusement hors de doute : une grande partie des Pasteurs avouent et professent eux-mêmes des opimons qui, selon moi, constituent cette dé: cadence ; on en verra quelques preuves dans le courant de cet ouvrage. Mais je ne puis

ME m'empêcher de rapporter ici, par anticipation , un échantillon de la manière dont les étrangers, les plus modérés même, jugent de la chose , et de transcrire à cette place la classification remarquable que fait des ecclésiastiques protestants de France un homme dont le jugement sera d'autant plus respectable dans ce cas-ci, quil est absolument impartial dans cette cause , et que les traits dominants de son caractère sont une indul- gence et une douceur extraordinaires. (C'est M. D. L. G. qui a parcouru en 18:7 toutes les Eglises protestantes de France.)

« Le clergé protestant de France, dit-il, » pourroit se diviser en deux classes : ceux » du pays, auxquels je joindrois encore tous » ceux qui sont nés en Suisse, excepté les » Génevois; — et les Génevois , qui desservent » quelques-unes des principales Eglises de » France. Les premiers annoncent, pour la

» plupart la Parole de Dieu, sans la défigurer

» d’une manière sensible ; et on trouvera rare-

» ment parmi eux des faux docteurs propre- » ment:dits.... Une grande éloquence et.des ». Gonnoissances étendues leur manquent assez » généralement, tandis qu'on remarque chez » presque tous les Génevois des talents ora-

dr LA) » toires plus ou moins distingués, beaucoup n de connoiïissancés , de la moralité, et une » certaine décence dans la conduite extérieure. » Mais quelques-uns manquent de l'humilité » et de la simplicité chrétiennes; et un grand » nombre ne regardent plus les mérites expia- » toires de Notre Sauveur que comme une » pure fable. —M. LissiGNoL, aussi de Genève, » fait sans doute sur ce point une exception » marquante , etc. »

C’est là le jugement général dans l'étranger.

J’ai dit que quand les choses en sont venues à un certain point de décadence, il commence à s'élever un cri d'alarme. Ce cri s’est fait entendre à Genève. Les esprits ont recommencé à se tourner vers l'examen des importantes vérités qui font le sujet de la ‘foi des Chrétiens ; un grand nombre de voix réclament maintenant à la fois ; des individus et des corps très-divers se sont soulevés de différents côtés contre les. doctrines qui depuis long-temps s’introduisoient dans l'Eglise.

C’est de ces différents corps que jeme propose de donner le tableau. Mais avant de le faire, je veux offrir à mes lecteurs une idée de la marche que suivent les novateurs (1)

# (1) Comme j'écris pour toutes les classes, je ne crains pas d’expliquer certains termes qui seront peut-être inconnus à

pour introduire leurs fausses doctrines, et considérer la conduite des Pasteurs de Genève sous ce point de vue : puis, pour jeter quelque jour sur mon sujet en général, et particulièrement sur les questions religieuses actuelles , ‘exposer les principales hérésies (fausses doctrines ) qui tendent à corrompre le christianisme , et dont il est question parmi nous.— J'en viens aux novateurs et à leur marche.

&. 2 Vous ne devez pas vous attendre à les voir se montrer avec la loyauté de l’homme qui s'appuie sur le vrai, ou qui est sincèrement dans l'erreur. Ils se cachent ou se montrent selon que leur intérêt les y porte; ils avouent leurs opinions si elles sont en faveur; ils les enveloppent ou les renient même quand on les attaque avec trop de violence. Ils plient, ils tergiversent, ils taisent, ils intriguent , ils mentent en un mot. Il y a des ruses que l'Écriture appelle des profondeurs de Satan , de sourdes menées, de lentes ma:

nœuvres par lesquelles on conduit, au bout d’un long espace d'années, une Eglise à des résultats qui l’auroient effrayée si on les lui

quelques-uns de mes lecteurs. Ur novateur est un homme qui professe des doctrines nouvelles , contraires à celles que Eglise a professées de tout temps.

( 9 ) eût dévoilés tout d’un coup. Ne croyez pas que je veuille accuser ici les instruments de ces manœuvres de connoître eux-mêmes à fond toute la noirceur de l’entreprise à laquelle ils travaillent ; non : je crois qu’ils sont conduits , comme ils conduisent eux-mêmes leurs Eglises, les yeux bandés par le père du mensonge , séduisant, et étant séduits. Maïs ils n’en sont pas moins des trompeurs — Voilà une assertion : voici la preuve.

Vous , vous ouvrez la Bible, et vous y trouvez des choses qui vous paroissent obscures , incroyables, scandaleuses .... Vous la refermez , et vous dites : Je ne crois pas que ce livre soit divin; je ne crois pas aux miracles ; je ne crois pas à l'existence du Diable; je ne crois pas au St.-Esprit, etc.... Soit; cela vous regarde, et devant Dieu vous en rendrez compte en son temps : mais au moins vous restez véridiques ; vous ne niez pas que ces choses que vous ne voulez pas croire, ne soient toutes dans la Bible; c’est même parce que vous voyez qu’elles y sont, que vous ne voulez pas croire à ce livre. — Les propagateurs des fausses doctrines ne sont pas si vrais, bien s’en faut : Comme il leur importe de rester prétres, et pour cela, de respecter , au moins pour quelque temps encore , l'Ecriture Sainte; et que cependant,

( 10 ) d'un autre côté, ils ne croient presque plus , rien de ce qu’elle renferme, ils prennent un parti qui, selon eux, arrange tout. Ils vous disent, (et on seroit quelquefois tenté de croire qu'ils veulent éprouver votre crédulité ou votre sérieux, }) ils vous disent quil n'y a pas un mot de tout cela dans l'Ecriture, que tout est image, que tout est allégorique.… Et quels sont les moyens qu'ils emploient pour appuyer ces assertions ? Ici c'est de supposer une faute de copiste; ici c'est une faute d’orthographe; ici c’est tout nettement un conte ; ici ce sont des choses obscures sur lesquelles il faut suspendre son jugement; ici ce sont les auteurs eux-mêmes qui étoient encore les dupes de leur ignorance, ou qui y laissoient sciemment les autres....Ët notez-le bien, on n'entend pas un mot de tout cela dans les chaires; s'ils veulent tuer une doctrine, ils se garderoient bien de l’attaquer; ils n’en disent rien pendant vingt ans; si on réclame, ils disent qu'ils croient, ou au moins qu'ils attendent quelques nouvelles lumières pour se prononcer; s'ils révèlent quelque chose, c'est aux étudiants, qu'il s’agit d’imprégner de ces principes, puisqu'ils sont la pépinière de l'Eglise ; et encore le font-ils avec la même précaution. Enfin, à mon lecteur, on en est

Nr, oo CON venu, avec cette marche, dans un grand nombre d'Eglises : » Sans faire d'éclat, sans pousser un seul cri, sans faire un seul saut un peu sensible, à rejeter ,. dans le sens rigoureux de ce mot, absolument toutes les doctrines révélées et tous les miracles de l'Ecriture Sainte Jusqu'au dernier, et à ne les plus regarder que comme un recueil de fables. Ge que je vous dis là est la pure vérité, sans aucune exagération. Un grand nombre d’Eglises, d'Allemagne ont fait le pas ; une partie . de celles de la Suisse s'y préparent. Je vous | montrerai bientôt par quels degrés on en vient à ce point; mais je vous avertis , (et nous allons en voir un exemple frappant, } que dans les temps que nous venons de passer, on conduisoit les hommes, à peu près partout, selon ces principes.

$. 3. Jusqu'ici je n'ai point prétendu appliquer rigoureusement tout ce qui précède à la conduite des Pasteurs et des Professeurs de Genève envers l'Eglise qui leur étoit confiée : j'ai parlé en thèse générale. Cependant }; Je me vois étonné moi-même de trouver qu'ils sont bien loin d’être innocents à cet égard ; (1) et j'en citerai pour preuve frap-

(x) J’excepte, dans tout ce qui suit, un petit nombre, de

Pasteurs et de Professeurs qui n’ont aucunement participé ‘à la marche dont il va être question.

pante un passage transcrit mot pour mot d'un Discours prononcé au Consistoire, le 14 Janvier 1819, par M. le Pasteur De Fernex.— Je le répéte ; ce n’est pas sans étonnement que jy ai lu les déclarations remarquables qu suivent :

t Genève, dit-il, page 20, Ronspts depuis » près d'un siècle du calme religieux; elle » pouvoit hardiment soumettre sa croyance à » l'examen de sa raison, (1) séparer les véri- » tés fondäimentales, incontestablement ensei- » gnées dans l'Evangile, de celles qui... ne sont » pas d'une égale importance ; (2) elle pou-

(x) Usez de votre raison , ou plutôt de la réunion de toutes vos facultés, pour décidér si vous devez recevoir la Bible comme un livre divin, ou non. Mais une fois ce pas fait, vous n'avez plus qu’à lire, voir ; écouter, et croire. La raison nous sert de guide pour nous conduire sur le domaine de la foi : mais là elle nous remet à un autre guide qui nous conduit et plus avant, et plus sûrement. C’est à force d’user de cette Aardiesse mentionnée ici, sans rentrer : en soi-même pour s’humilier et y découvrir sa misère, qu'on en vient à négliger et à renier un Sauveur hors duquel il n'y a point de rédemption.

(2) Ne ee pas, d'entendre un homme qui n’est responsable de rien, qui taille en plein drap dans une étoffe qui lui appartient, et qui est sûr de n’y rien gâter ? Les Pasteurs, qui dans le fait sont les serviteurs de TEglisé, ontis le droit de changer, retrancher, séparer ainsi, dans l'E-

- ED } »voit, en: s’attachant fortement aux unes , » suspendre son Jugement sur les autres, at- » ) tendre que de nonvelles lumières lui per- \'missent de prononcer avec plus de matu- » Ferre (1) Mais cet heureux privilége , elle-le » possédoit comme à l’insu des autres Eglises ; » contente de jouir de la paix, elle r'aspiroit » point &'paroître avoir secoué un joug auquel » partout ailleurs on étoit encore trop asservi » pour qu’elle püt espérer de faire goûter ses *» principes. Cependant on l’accuse de s’écarter » de la doctrine recue, de mettre moins d’im- » portance à certains dogmes ...; 07 la presse » de répondre, elle hésite, elle craint d’ engager » des querelles ; on insiste, et, quoique dé- »' cidée à demeurer fidèle au silence que les » circonstances et l'autorité des chefs de l'Etat »lui imposoient , (2) ELLE LAISSE EN QUELQUE :

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glise qui leur ést confiée, tout ce qui leur paroît devoir . ” Jétre; sans en avertir l'Eglise, ou plutôt sans lui en deman-

der ia permission ? D'ailleurs, laquelle de ces vérités , selon vôus fondamentalés et'claires, n’a pas été attaquée à son tour par d’autres, comme ne l’étant pas ?

(r) Suspendre son jugement pendant près d’un siècle, d'est assez, il me semble, en porter uñ.

(2) M. De Fernex fait ici allusion à l'ordre que la Com- * pagnie recut du Noble Conseil d'Etat, lors de la dernière

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