À CERTAINES ÉPOQUES , EUT RÉVOLTÉ LES
» ESPRITS, » ( vous remarquez, lecteur ! ) «et » à d’autres, n’eût fait aucune sensation... etc. ».
Avons-nous bien entendu! Avons-nous bien.
lu! L'Eglise de Genève faisant des. progrès.
à l’insu des autres Eglises! — L'Eglise de Ge-. nève secouant, sans vouloir paroître , un joug. qu on gardoit partout ailleurs ! Et. appelant un, joug ca profession des anciennes doctrines !— Ses conducteurs ayant un secret ! — ét. le lais= sant échapper ! comme malgré eux !— Résolus 5 par conséquent, s’ils l’avoient pu , & aller encore plus loin l— Un secret qui, révélé à Cer-, laines époques , eùt révolté les esprits! . ….
Ainsi, à telmoment donné, l'Eglise de Genèvé étoit conduite en secret par ses Pasteurs > de.
attaque de M. l'avocat Grenus, de ne répondre que par jé silence aux attaques dirigées contre elle. — Mais je pense qu’une grande et illustre Compagnie pourroit bien , > si elle m'étoit pas fort aise de profiter de cet ordre, faire sentir ,* avec le respect convenable, à ses magistrats ,qu’accusée sur des chefs capitaux, et d’une manière criante , il convient , à sa dignité, en même temps qu'a l'obligation où elle est de se purger de tout Soupcon injurieux, de donner à’ la grande Eglise qu’elle préside, un noble exposé de la pureté de sa cause, de l'innocence de sa conduite, et de la fausseté des imputations qui Ini sont faites. — Une justification a toujours quelque : chose d'humiliarit ; "mais le Chrétien doit Savoir que l'humilité est une de ses vertus.
i ES 5 15 Le télle manière , ‘et vers un tel but se tu elle l'eût su , elle. en auroit été révoliée !
"Voilà, 6 mes compatriotes, comme on vous | tra oies voilà comme l'Eglise étoitmenée!— jusqu’ au 14 Janvier de l'année présente!
Certes, mes Collègues , il faut avouer que vous êtes tombés là dans un étrange et profond ‘égarement. Comment avez-vous pu oublier à ce point les devoirs et les attributions de votre état? Ne savez-vous plus que ministre signifie serviteur ; que les Pasteurs sont préposés sur l'Eglise , non pour la dominer , mais pour la soigner ; non pour y changer la doc- ‘trine, mais pour y prêcher celle que l'Eglise professe ; non pour la mener sur les pâturages de leur choix ; mais pour la paître sur ceux qu’elle a voulu ?-—et que St. Paul re- ‘prend avec une vive’ indignation l’orgueil des. Pasteurs qui veulent, comme il le dit ,,dominer sur les héritages du Seigneur ! Quelle res- ponsabilité effrayante ne’ doit pas ‘peser sur ceux qui ont ainsi eu la hardiesse de s’em- ‘parer seuls du gouvernail d’une Eglise, et de la conduire loin du port, à voiles déployées, däns l'océan de leurs propres pensées. Témé- “‘raïres d’un côté, et de l’autre infidéles envers üné” Eglise ‘le s'étoit confiée à eux, et qui
s'en remettoit, avec trop de sécurité, à leur bonne foi et à la pureté de leur doctrine !
Aussi quelle marche ont-ils suivie pour parvenir à leurs fins! C'est là un autre sujet des reproches les plus graves, un sujet qu'on ne peut considérer, j'ose le dire ; sans le sentiment d’une légitime indignation. On conduisoit l'Eglise d’après un plan ‘secret : ‘et les pauyres âmes: étoient écartées du chemin de la vérité, sans même qu'elles : IPHPAr s’en douter! | Pie
. Pourquoi, conducteurs de l'Eglise, ‘condamnez-vous avec tant de force les sociétés secrètes; tandis que vous offriez vous-mêmes dans tout ceci, à ce qu'il paroît, une association de cette nature, bien plus coupable-que d’autres , puisque le but et les moyens craignoient également la lumière! Est-ce là la manière dont voüs professez ce que vous prétendez être la vérité ?— Il nous est donc permis de penser qu'à présent aussi vous ayez encore un plan secret; et qu'outre ce que vous nous dites dans vos écrits et dans vos prédications , vous avez encôre d’autres arrière-pensées ; et un but que vous craindriez peut-être de révéler, de peur de révolter les esprits ? Ne peut-on pas conclure toutes ces choses légitimement. de ce que v@ys avouez ici ?
«Vous direz-peut-être que homme n'est:pas capable de recevoir la lumière tout d’un coup; et que Jésus même et ses Apôtres usèrent de ,ménagement à cet égard ? Je: vous répon:
drai, en un seul mot ,.qu'il ja une diffé:
rence absolue entre le but qu'avoient J. °C.
et. ses Apôtres ,—et le vôtre. Jamais: Jésus ni les siens n’ont usé de ce ménagement pour abolir des erreurs ( ce qui étoit le but prétendu dans le cas dont il s’agit; ) ils ne l’ont fait que pour établir graduellement des vérités, Jamais ils n’ont suivi cette marche lente et. calculée pour faire mourir de leur belle mort des opinions qu'ils aient regardées comme nuisibles ou comme fausses : ils les ont toujours signalées sans détour. Et c’est un principé injurieux à la divine Sagesse et à la Puissance de Notre Seigneur ;. un principe vraiment provenu du Père des mensonges, que-celui qui établit que Jésus ou ses Apôtres aient jamais toléré même une seule erreur religieuse.
- Ainsi la marche FEAR dans le passage cité, comme ayant-été votre marche générale, n'est point celle de l'Evangile et de la vériné. Ces progrès qu’on prétend avoir fait faire à l'Eglise de Genève dans les lumières philosophiques se sont faits à la manière des philosophes :: ces
( 18 ) lumières elles-mêmes ont été amenées précisément comme celles des Voltaire , des Diderot et des Raynal.. peu-à-peu, en silence , sans franchise. Oh Seigneur! par quelle époque ton Eglise avoit-elle passé! | ds à Cao croyez mes Collègues , que je ne parlé pôimt ici avec hèttume envers vous :
quoique je le fasse avec une profonde douleur, et que:je vous adresse avec force de graves reproches: Mais le sujet le mérite : et je sais pour. avoir passé moi-même par ces tristes expériencés qu'on: ne peut être réveillé et délivré de ces piéges dans lesquels le Diable: nous avoit enveloppés (2: Timot. 11, 26.), que par des voix fortes ,' que par des coups violents. Oui, tout en étant persuadé que vous avez longtemps travaillé à la propagation du règne.
des ténèbres, et que vous y travailleriez encore si vous vous endurcissiez à tous les appels.qui. vous sont faits , jJ'aime:à croire, je suis même assuré que vous: n'avez pas compris vousmêmes à quel point votre conduite étoit cou-: pable ; et que vous êtes plus où moins trompés plutôt que trompeurs. Mais cependant craignez d'être employés à un ministère pareil à celui que nous venons:de décrire, et au service d'un maître tel que ‘celui qui a’inventé . ces marches détouinées. ‘Cet aveuglement-là:
( 19 ) ne nous servira point d'excuse au jour du juge ment : les Pharisiens aussi se es et eg coupables: TS NT
‘Si: vous croyez être dans la vérité, pourquoi né la communiquez-vous pas à ceux dont vous n'êtes les pasteurs que pour les conduire dans la vérité? Pourquoi votre profond silence? Ce n'est du‘tont point celui de la grandeur&sseroit-ce celui de l'incertitude ? ou celui d’un repentir- qui n'ose pas se montrer? où faut-il encore croire que ce soit là une des païties . de quelque plan qu'on poursuive. dans le secret sans oser l'avouer ? Craint-on de dire ce qu'on pense , quand on ne pense qne du bien ? — Rien, rien n est préférable à la droiture. Un homme qui ne croit pas et qui le dit, est au moins exempt de fraude. Ainsi donc, au nom :
de Dieu, oui-en son nom, déclarez-vous à votre Eglise, et que l'on sache enfin sur Éo terrain lon marche. Déclarez-vous , tous à part, si vous ne pouvez le faire ensemble; mais encore une fois, faites-le, et faites-le franchement : : montréz-vous sstout le monde vous le crie : dites ce que vous croyez”, ‘et dites ce Se vous ne croyez |. LOPTRESS
O Dieu! sauve et réveille cette grande Eglise. dont le‘gouvernail n’est plus manié que par des, mains chancelantes et mal assurées !
Voilà les routes cachées par lesquelles on conduisoit depuis long-temps la grande Eglise de Genève : nous en entendons échapper le secret de la bouche même d’un: Pasteur. Et pour récapituler tout ce que nous venons de dire: on suivoit de mauvaises voies pour arriver à de mauvaises fins. On désiroit ouvrir la porte à Ja plus- entière liberté d'opinion en matières religieuses (1) tout en conservant à chacun sa place dans le sein de l'Eglise , et il s'agissoit d'établir le principe que l'abolition de toute confession de foi étoit un bien: Première
(x) Et cependant d’un autre côté ces Messieurs qui établissent à si grands cris ce principe, écartent de la manière la plus impitoyable tout ce qui veut user de cette liberté pour prôfesser d’autres doctrines que les leurs. Leur conduite est une vraie compilation des contradictions les plus palpables et les plus ouvertement injustes. On-ne- résoudra cette véri-; table énigme qu’en considérant qu’ils ont une confession de foi, mais une@onfession négative; et un plan qui revient, en. fait de révélation , non à établir , mais à abolir , à détruire, à faire disparoiître, oublier, tomber, mourir. Nous aurons lieu bientôt d'y revenir. On conçoit combien dans ce plan l’abolition de toute confession de foi étoit utile. Il faut du calme: dans ce cas-la, du secret, point de bruit ,. points de mouve- * ment, ceux qui bougent sont des ennemis du repos public... C'est comme on traitoit de rebelles et de brigands ces pauvres peuples qui vouloient se défendre. Les novateurs ne demandent pas mieux que cette paix : c’est là leur règne.
fausseté: ce principe n’est propre qu'à ämener les plus scandaleuses divisions dans une Æglise où l’on recoit sans distinction tous ceux ‘qui viennent au monde ; parce qu'il y a nécessairement parmi eux beaucoup d’incrédules et d'individus corrompus : il n'est juste et admissible que dans une . Eglise dont on peut supposer. que tous les membres ont PEsprit de.Dieu. Ceux-ci n'ont pas besoin d’une con:
fession. de foi, parce qu'ils ont une même Bible, .et. un même Esprit pour l'expliquer.
Mais-enfin , ces. Messieurs croyoient que cette suppression des confessions de foi étoit un bien auquél il falloit tendre, et il s’agissoit d'exécuter. le plan. En ont-ils dit un mot en chaire depuis un siècle, quoique ce füt un bien. selon eux ? Aucunement: seconde fausseté. Depuis cette longue chaîne d’années 1l n’en a pas été question devant le troupeau une seule fois; on a mené les choses dans le plus profond secret; ce qu’on a voulu détruire, on l’a détruit par le silence ;. et il est plus que probable qu'on auroit été encore beaucoup plus loin , s’il ne s’étoit enfin élevé de fortes réclamations. .
. Voilà l'esprit et la marche dc ceux qui veu- Le introduire dans une Eglise. de nouvelles doctrines. — On: ne pourra pas faire lemême
reproche à ceux qui réclament PERS les an-
‘ciennes.
-6 4. J'en viens à l'exposition des principales fausses doctrines qui ont paru dans l'Eglise et sur lesquelles roulent les questions reli- ‘gieuses du jour. Cette exposition est très-nécessaire. Beaucoup de personnes ne savent à quoi s’en tenir aumilieu du mouvement actuel. On ‘entend accuser des personnes qu’on avoit coutume de respecter, et on ne sait pas au juste de quoi elles -sont accusées : on entend parler de fausses doctrines, et on ne sait pas quelles sont les vraies ; de nouvelles, et on ne sait pas quelles sont les anciennes, Faute de ces éonnoissances , on s’irrite contre ceux-qui pa-
“--roissent être la cause d’un bruit et de dissen:
tions dont on ne voit ni le but ni l'utilité : ne pouvant discerner quels conducteurs on doit Suivre, on:.s’en tient à ceux qu'on avoit accoutumés ; et dans ce combat de nuit il se trouve que ce sont ceux qui savent le mieux agir de nuit, qui remportent la victoire. C’est pourquoi je désire apporter la lumière.
Qu'on ne se rebute pas d'entendre rappeler quelques noms qui sembloient ‘avoir été: condamnés à Foubli, ét que les ennemis de l’Evangile accusent de réveiller des dispositions haineuses. Il faut bien Des ns pour les cho-
t 2e ) ; & ses: et on peut es examiner des questions sans se hair. |
Suivons Tordre dans lequel où. FT -d’hérésie en hérésie depuis la foi pure jusqu’à l'incrédulité.