On commence ordinairement par ne plus
croire à la Divinité de Jésus-Christ. On dit qu'il est la plus: grande des créatures , l’Etre le plus. élevé après Dieu. Ce sont les opinions qu'a:
professées entr'autres auteurs, un des écrivains qui ont le plus influé sur l'Eglise de Genève, Mr. Vernet dans son Instruction Chrétienne ;. quatrième édition. Pour masquer au-peuple ce: progrès des lumières , comme on s'exprime, on laissa à ce même chapitre dans lequel on.
ôtoit à J. C. sa Divinité, le titre: De la Divinité de J. C. !... Quand j'appellerois cela une. fourberie, qui pourroit me convaincre defaux? ÆEt quand je formerois la même accusation contre tous ceux qui suivent la même: mé-!
thode d’enseignement, qui pourroit m’accuser: de dépasser le langage de la vérité, ou celui de la charité? De pareilles menées ne. rappellent - elles pas involontairement ces conduc-: teurs du peuple, que Jésus-Christ appeloit déjà des serpents , une race de vipéres ; et ces faux docteurs dont il est dit ::« qu’ils introduiroient: sourdement des sectes de perdition, faisant un
t C4) trafic des âmes avec des discours artificieux P' (a. Pier. 11. 2, 3. = l'Apôtre . par avarice. ;
: Mais tatssodéiles au ‘jugement d'un Dieu qui voit mieux que nous , et A D ps à chacun selon ses œuvres. Sd
De cette opinion sur la nature de J. C., dérive aussitôt selon moi une suite incalculable des conséquences les plus graves. Si je ne crois pas que Dieu même étoit en Christ , je ne vois’ bientôt plus en lui qu'un homme. Je tombe du ciel en la terre. Sa rédemption et sa mort perdent de leur grandeur en proportion de la différence qu'il y a entre le Créateur et la créa-
‘ture. Et enfin, je m'accoutume déjà, pour nier la Divinité du Sauveur, à tordre, les auteurs grecs à la main , un grand nombre des expressions de l'Ecriture Sainte : funeste début.
Une condamnation toute particulière seni-' ble peser déjà sur cette doctrine, et sur ce premier pas qu'on à fait pour s'éloigner de la vérité. Le nerf du Christianisme est coupé: l'Espritmenace de disparoître, Trouvez-moi en effet une société ou une Eglise composée de gens qui professent ces principes , et qui puisse montrer une bénédiction attachée à ses travaux religieux ? Où sont leurs sociétés bibliques , et les fruits qu'elles portent ? Où sont leurs s0-
ciétés de missions, et Re ouvriers animés du ‘zèle et de l'amour du Seigneur ? Où est leur ferveur, où est leur feu, où est leur élévaion religieuse ? Il n’y en a plus: le zèle-ést étemt; la piété s'enfuit; l'amour du monde.
domine déjà. Ils formeront bien des sociétés * Savantes , 1ls se rassembleront bien pour s’occuper avec zèle d'astronomie , d'histoire naturelle, de littérature; mais la Bible , mais le Seigneur, mais la Rédemption., voilà des objets qui commencent à leur devenié indifférents , fastidieux , onéreux, s'ils parlent selon la vérité; et Jésus renié, se retire de l’âme qui le renvoie. Ce n’est plus ce bel arbre dont parle l’Evangile, (Marc 1vV, 32.) qui prospère et qui couvre les oiseaux du ciel de. son ombrage bienfaisant: un ver s’est attaché à sa racine et l'a rongée; son feuillage pend ; ses fruits se corrompent , ilse dessèche .…. ‘et bientôt il n’est plus bon qu'à être jeté au feu. Voilà V'Arianisme ; du nom d’Arius, qui, le premier, pour avoir voulu expliquer ce que.
l'Ecriture nous présente à croire, produisit cette opinion dans le quatrième siècle. F
2.9 On en vient ensuite à ne plus croire que ï fgrice de Dieu soit indispensablement né-.
céssaire à l’homme pour le mettre en état de salut; on croit que nous naissons purs et sans
( 26 ) inclination au mal; que la chute d'Adam n’a pas eu de conséquence sur l’état moral de ses descendants ; et que l’homme peut par sa bonne conduite mériter le ciel-et éviter l’enfer, sans, qu'il soit besoin pour cela de Re du St. Esprit dans nos âmes.
Sinous envisageons les conséquences de ces “opinions, voici celles qui me paroissent en découler nécessairement. Abolition de la prière pour tous les besoins de l'âme: si je mai plus . besoin de Dieu, je n’ai plus rien à lui demander .(1). Orgueïl pharisaïque : mes vertus sont : mon-ouvrage : je ne suis pas pécheur comme les autres , etc. Indifférence où dégoût pour une
(x) Qu'ils rentrent ici en eux-mêmes, ceux qui professent ces printipes, ‘et je ne doute point qu'ils ne rendent témoignagc-:à la vérité de cette assertion. Leur âme doit “‘inévivitablement. receler un triste fond d'indifférence: ou ‘quelque-; fois d’aversion pour ce qui est purement vérité évangélique. Comment aimer une Révélation si différente dans ses prin= cipes de la philosophie humaine dans laquelle on commence à sejeter ? C'est dans des dispositions de ce genre sans doute qu’on laisse échapper des phrases comme celle-ci : «Lies vérités ! de la Religion qui touchent de si ‘près à nos plus grands'intérêts. » (Corresp. de l'avocat Grenus avec Mr. te professeur Duby, p. 52 ). Hélas! avons-nous quelque chose qui touche de plus près que ces saintes vérités à nos plus grands intérêts! Ou
plutôt ne forment-elles pas elles-mêmes notre unique chose nécessaire! Peut-on les en détacher!
«partie de l’Ecriture Sainte, qui devient incompréhensible et remplie d'expressions dont il faut détourner le sens pour les recevoir. Dans :.ce système enfin on ne sait plus que faire de «ce St.-Esprit qu'on retrouve à toutes les pages du Nouveau Testament, et qui n’est plus cependant qu’un agent inutile et superflu : con- -séquence nécessaire mais terrible du principe -qu'on a admis.
C’est là le Pélagianisme , du nom de Pélage son auteur.
3.° J'entreprends dans ce troisième article une tâche difficile, celle de décrire le Socinianisme. Cette doctrine tire son nom de Socin qui en fut l’auteur, ou plutôt qui en fit.les premiers pas à l’époque de la Réformation.
Depuis lui elle s’est compliquée; plusieurs autres erreurs s’y sont jointes; et celui qui dit maintenant Socinianisme n'indique plus une certaine doctrine bien déterminée, mais un mélange confus d’hérésies qui vont depuis le Pélagianisme par des degrés nombreux jusque
tout près du Déisme (1).
* Ce système ne présente pas tant des doc- » trines à recevoir, que des doctrines à re-
n (x) Religion qui n’admet que le Dieu connu de l’homme naturel sans révélation, et qui n’est par conséquent autre chose que le Paganisme dépouillé de l'idolâtrie.
( 28 ) jeter; il ne bâtit pas , il démolit ; il n’ajoute rien à l'Evangile, il en retranche indéfiniment. J'en détaillerai bientôt les principes : ‘mais comme cest en général un système négatif, nous nous en ferons une idée plus juste si nous le définissons d’abord par ses contraires et si nous l’'opposons à celui de l'Evangile.
Le système de l'Evangile enseigne : que l’homme est naturellement pécheur; que depuis la chute d'Adam nous venons au monde avec une inclination au mal , et des-penchans contraires à l'amour de Dieu et de notre prochain : que dans cet état nous .sommes légitimement, sous la condamnation de Dieu; et que nous subirions tous cette condamnation dans la vie à vénir, si Dieu n’avoit pris, pour mous faire grâce, un moyen indépendant de nous , et de notre amendement ou de nos bonnes œuvres : que ce moyen a consisté à envoyer sur la terre le personnage (inexplicable aux hommes ) appelé le Fils de Dieu, absolument uni avec la Divinité même, dont il recoit souvent le nom et tous les attributs sans exception : que Jésus a souffert et est mort pour nous , à notre place ; parfaitement comme les victimes, qui n’ont point commis de péché, et qui cependant sont immolées à la place des pécheurs: que ce sacrifice expiatoire est
Ê | (391 9 \ offert comme moyen dé réconciliation à tous les hommes ; mais que ceux qui le rejettent ou qui n'y veulent pas croire, n'y Ont par . cela même aucune part: que Dieu ne demande plus maintenant à l'homme » pour le recevoir en grâce, qu'un cœur humble et réfléchi qui accepte cette rançon : que cette foi à l'expiation de J. Christ, cette confiance éclairée à ce que l'Evangile nous présente, quoique suffisant toute seule pour nous réconcilier avec Dieu , commence cependant, dès qu'elle a pris naissance dans nos cœurs, à nous disposer d'elle-même pour tout ce qui est bien; qu’elle nous remplit du désir de plaire à Dieu; et que le St.- Esprit opèrent un changement absolu dans notre âme, nous arrache à l'esclavage de notre corruption naturelle , et fait de l’homme un être nouveau, dont tous les désirs sont tournés vers le bien. Voilà le système évan- gelique , tel que l’ont professé les Chrétiens de tous les temps.
Voulez-vous maintenant vous faire une idée du Socinianisme ? C'est le système de doctrine ‘qui rejette toutes ces vérités, jusqu’à la dernière. Quel Evangile ont-ils donc, vous écrierez- Yous , ceux qui professent de pareils principes? Cher lecteur, celui que vous avez peut-être vous-même sans vous en douter. Les uns re-
jettent eh Ève ouvertement ; d'autres, sans les nier quand on les leur présente, les ignorent, les négligent, ou ne les comprennent point ; de sorte que dans la pratique ; et au jugement de Dieu, ils sont aussi peu réconciliés avec lui que ceux qui les riens en théorie.
Dans ce même système ne ont sur la personne de J. C. l'opinion d’Arius: d’autres n’en font qu'un grand prophète : d’autres semblent même incliner à ne voir plus en lui qu'un homme honoré de dons extraordinaires. Ce n’est plus par sa mort que nous sommes réconciliés ; ilest mort parce qu'il faut que tous les hommes meurent ; et il n’est notre Sauveur que parce qu'il nous a enseigné comment nous pouvons nous sauver nous-mêmes. On ébranle déjà l'édifice de la foi, en expliquant par des causes purement naturelles des faits donnés pour surnaturels; ou au moins en ôtant à des faits naturels la cause surnaturelle qui leur est évidemment assignée, Il n’y a, comme dans le système précédent plus de St.-Esprit agissant sur nous pour notre conversion et notre sanctification : point non plus de mauvais esprits ; point de Diable; ou du moins il n’a aucune influence sur nous: tout se relâche dans la foi , dans la crainte , dans l’amour: les peines
& venir si clairement dénoncées dans l'Evan:
gile se couvrent d’un nuage de doutes qui vient de plus en plus épais : l’homme prend sur lui, de vouloir être plus tendre et plus charitable que Dieu lui-même quant aux ch4timents. dûs au péché : il s’établit juge de ce qu'il veut croire et ne pas croire: iltrie, il choisit, il sépare... C’est se jouer d’une Révé lation , que d'en agir ainsi avec elle : elle est dans le fait anéantie. On concoit déjà quelles doivent étre les suites de ces principes. Nous y reviendrons bientôt.
Un grand nombre de sociniens vont plus loin encore : et outre les principes que je viens de mentionner, et qui suffisent déjà tout seuls pour annuller dans le sens le plus absolu de ce mot, le Christianisme , c’est-à-dire le sys-
ième de la réconciliation des hommes avec Dieu par Jésus-Christ , plusieurs penchent fortement , comme on le voit par les principes qu'ils avancent eux-mêmes, à bannir de leur confession: de foi tout ce qui n’est pas la Re- —ligion naturelle, et qui n’entre pas dans le nombre des vérités que l’homme peut découvrir par sa propre raison. On n'ose pas le dire hautement ; plusieurs peut-être n’en voudront pas convenir avec eux-mêmes : mais ils s’achemiñent vers ce résultat : ils agissent déjà en
( 32 ) tout point comme s'ils y étoient arrivés. Leur conduite , leurs conversations, leurs goûts , leurs liaisons , tout ce qu’on voit d'eux montre que leur âme n’a plus rien à faire du tout avec les vérités révélées ,.et qu'ils vivent et parlent en toute occasion uniquement d’après les principes de ce monde; très-vertueusement , si vous le voulez, mais absolument comme sl n’existoit et n’avoit jamais existé de Révélation venue du ciel, point de condamnation qui pesät sur le genre humain et sur leurs propres têtes, point de Rédemption à chercher devant Dieu, point de grands objets à méditer pour la vie à venir. Âu reste je ne parle ici que d’une certaine classe d’entr’eux ; car, je le répéte , ils diffèrent sensiblement les uns.des autres ;:
chacun a — « hardiment » — « sournis » — sa croyance à l'examen de sa raison», — et a tiré de son côté.
Les suites de. pareils systèmes ne sont pas difficiles à prévoir. L'homme conséquent avec lui-même n'a plus aucune bonné raison pour se charger du joug céleste de l'Evangile. Renoncer à soi-même ,! vivre pour l'éternité , détacher son cœur des. biens. de ce monde ,.et se réjouir dans. la pensée. ravissante ,pour le chrétien) d’un salut à venir ; voilà des choses. qui doivent être absolument étrangères à célui
s C #8) qui a embrassé ces principes. L'Ecriture devient pour lui un livre rempli de choses 6bs- - cures ou mal rédigées : la Révélation n’est plus que la Religion naturelle à laquelle Jésus est venu donner quelques coups de pinceau: la connoiïssance historique qu'on a de J.C. n’est plus selon la piété; (2. Tim. 11. 12.) ce sentiment s'éteint ou devient trompeur : il ny a plus de Sauveur proprement dit, puisque chacun commence à se croire sauvé pour ses vertüs : les pasteurs eux-mêmes affoiblis par une aussi triste nourriture ne peuvent plus en présenter de solide à leurs ouailles ; les auditeurs croient qu'on na pas abandonné J.C., tant qu'ils Fentendent encore nommer quelquefois dans les chaires : les idées s’affoiblissant ; il faut y suppléer par le fracas dés mots : les traits les plus sublimes et Les plus sacrés de notre Bible, négligés ou rejetés dans le fond du cœur ne sont retirés quelquefois de leur honteux oubli que pour venir servir en quelque sorte comme une mythologie drama tique, à l’ornement d'un discours ‘d’ailleurs tout mondain: la prédication et le ministère ne seront bientôt plus qu’une vile hypocrisie; qu’une fourberie : de fausses lumières forment le fond des études : aux pensées simplement élevées et aux légitimes émotions du chrétien
(3%) À succède une absurde manie d’attendrissement et d'émotions toutes charnelles : les traits distinctifs du disciple de Jésus disparoïssent de tous les cœurs : et, si vous opposez vertueux à vertueux, vicieux à vicieux, vous trouverez qu'entre les sentiments religieux d’un homme partant de ces principes et ceux d’un payen ;, il n'y a peut-être plus aucune différence. Système singulier et étonnant par sa perfidie!
Affreux par la simplicité et le silence avec lequel il anéantit les célestes doctrines du Christianisme , et persuade aux hommes qu'il laisse debout l'édifice même qu'il fait crouler.
En fait de morale évangélique , on commence à se croire tout permis : jamais on ne parla tant de morale, et jamais on n’en vit si peu : il ny a plus de blâmable que les péchés grossiers ; encore se précipitent-ils en foule dans une Eglise qui a le: malheur de marcher selon ces principes : la droiture, la bonne foi, la chasteté , deviennent des vertus de plus en plus-méconnues : Jésus n'y étant plus, c'est Satan qui règne.
+ Quoique j'assigne ces conséquences si graves au Socinianisme, je ne prétends point ôter à plusieurs de ceux qui le professent les vertus et les qualités qui les honorent souvent, de mon propre aveu. Tous les tempéraments ne
| (35 ) sont pas également sensibles au poison. Mais je ne crois pas non plus , il est vrai, ces ver- . tus exemptes de bien du mélange ; et l’expérience nous démontre assez qu'à côté d'elles on trouve bien fréquemment un amour excessif des richesses , un attachement au’monde aussi grand que chez quelque autre homme que ce soit; peu ou point de piété;.... et quelquefois l'hypocrisie d’un sépulcre blanchi; en général, le contre-pied de ce précepte si souvent répété dans l'Evangile : « Cherchez premiérement le royaume des cieux et sa justice.» Enfin , quant à la valeur que ces vertus peuvent avoir, devant Dieu pour la justification de l'homme , on peut consulter à ce sujet une parabole rapportée dans l'Evangile de St. Luc, chapitre XVIII, depuis le verset 9.° jusqu'au 14.°
Mais c'en est assez sur ce sujet; vous connoïissez le Socinianisme. Et sans aller plus loin, je vous exhorterai, 6 mes chers compatriotes ,-à. reporter les yeux d’abord sur vous-mêmes , puis aussi sur ceux qui sont Rp
pelés à vous conduire dans la vérité : : oui, à examiner , comme vous en avez lé droit , les enseignements de vos Pasteurs à cet égard.— Hélas! à quoi seiviroit de nous dissimuler ici
l’évidente vérité! Et remédierions-nous au mal
en ne voulant pas en convenir? Plût à Diew que ceux qui se sont égarés fussent frappés de cette pensée, que Notre Sauveur est toujours disposé à recevoir ceux même qui l’avoient le plus long-temps méconnu, et que l'accès auprès de Lui n’est jamais fermé pour
quiconque veut revenir! Plût à Dieu qu'ils
pussent renoncer à des préjugés qui portent de si grands coups à la Religion, ou qui l’améäntissent , et changer la tristesse de l'Eglise ‘en une vive joie, par un retour unanime à
une foi qui feroit leur propre joie, leur propre bonheur, comme celui du grand troupeau qui leur a été confié ! Dieu le veuille! Dieu le veuille !
Mais en attendant, et même dans tous les cas ; il faut que la vérité paroisse.
Je ne sais pourquoi on s’est donné tant de peine: pour prouver qu’un grand nombre des Pasteurs et des Professeurs de Genève ont embrassé depuis long-temps les principes de l’Arianisme et du Pélagianisme , et que plusieurs autres nagent, les uns moins, les autres plus , dans les différentes nuances du Socinianisme : ils en conviennent eux-mêmes.
Ils rejettent le nom , il est vrai; mais qu'im-
porte s'ils ont la chose ?* Or je le répéte, ils
en conviennent eux-mêmesk äls le disent; quel- Eu
(87e Je, quefois même ils le prêchent; c’est un fait tout notoire : et moi, én mon particulier , Je puis assurer que pendant les quatre années que j'ai passées en Théologie j'ai constamment vu suivre les deux premiers de ces Systèmes , et vu paroître le troisième sous mille formes. Des Pasteurs et des Professeurs me peuvent cacher une doctrine qu’ils ont embrassée ; il n'est pas même naturel qu'ils le veuillent; et encore une fois, Je ne puis concevoir comment ces Messieurs, ayant une opinion bien prononcée , et voulant bien qu’on le sache, ne veulent pas cependant qu’on le dise. Quant aux conséquences de ces principes, je ne prétends les leur imputer, qu'autant qu'elles en seroïent une suite nécessaire et inévitable : mais pour le principe même , il n'y a pas lieu au plus léger doute. Aux preuves que je viens d'alléguer, et qu’on pourroit, à la première demande, appuyer d'un nombre illimité de témoignages, on en peut ajouter une foule d’autres : il ne faut que consulter les écrits qui ont pàru de part et d'autre à ce sujet; le silence de ceux qu'on accuse, sur des. accusations qui demanderoient un démenti ; la foiblesse, le silence, ‘ou aussi les déclarations du Catéchisme et des Liturgies de Genève; la seule épithète d’inu-
tiles ou d'accessoires prodiguée sans: cesse à des doctrines réputées par d’autres de la plus haute importance , ou même nécessaires au salut ; la conduite tenue envers ceux qui professent d’autres principes ; le système d’une liberté absolue d'opinions, mis en usage seulement pour bannir de la chaire tout ce qui rappelle les anciennes doctrines ; la profession ouverte, comme je le disois plus haut, qu'en font plusieurs d’entr'eux ; les sermons prononcés ; les cahiers des proposants; les thèses soutenues ; ce qu'on enseigne, et ce qu'on n'enseigne pas; les propositions admises, et les propositions rejetées ; le cri général; les murailles des temples enfin, dans lesquels il suffit-d’entrer pour être convaincu de la légitimité de cette vieille accusation. Quand verra-t-on la vérité présider aux discussions, et la droiture faire place à de tortueuses dé: faites! La Religion est-elle le seul objet qu’on doive laisser dans le vague ? ou plutôt le vague sur ses vérités , n’est-il pas l'expression de l’incrédulité ?
Je seroïis trop heureux si ces Messieurs pouvoient me donner, au nom de tous, un démenti véridique de ce que j'avance ici : et ce seroit ma plus grande joie , que de leur faire une éclatante réparation. —Mais jusque
( 39 ) là je veux dire ce que je sais qui est la vérité : il faut que l'Eglise de Genève. sache . enfin clairement à quoi s’en tenir sur ce qu’elle pense, et sur ce que pensent ses conducteurs. Voilà, o mes compatriotes, ce que j'ai cru nécessaire de vous dire sur les principes du plus grand nombre de vos conducteurs spirituels. Gardez-vous de croire que je l’aie fait dans la seule intention de blâmer ce qui est mal, de frapper celui qui s’égare, et d’amener des dissentions. Il ne s’agit pas tant ici de condamner certains individus que de vous éclairer vous-mêmes. Vous-mêmes , vous vous êtes plus ou moins approchés de ces doctrines destructives de la foi chrétienne; et certes, vous sentez bien en vous-mêmes qu’elles conduisent inévitablement à l’incrédulité, et qu’elles y touchent.— Réfléchissez plus mürement à ces choses. La vie à venir n’est pas un objet dont on doive se jouer : et l'Evangile a bien assez de titres à votre sérieuse attention!
4° Plus bas encore que le Socinianisme, mais tout près de lui, (et c’est là qu’on s’achemine en passant par les degrés précédents : c'est là que sont arrivées en Allemagne des provinces presque-entières, en Suisse des Pasteurs déjà en trop.grand nombre : c’est-là que se trouvent déjà, sans le dire, bien d’autres
(4 ) | conducteurs de troupeaux, qui n’attendent que le moment pour professer ces mêmes principes : ) (1) plus bas, dis-je, on en vient enfin à renier ouvertement tous les miracles de la Bible; tout s'explique naturellement.
Jésus-Christ n’étoit pas mort, il n’avoit qu’une
(1) Un individu que je ne désignerai pas même par le nom du corps auquel il appartient, a dit, dans une lecon, à une personne qui trouvoit une preuve de la Divinité de Jésus- Christ dans son apparition au milieu de ses Apôtres enfermés : « Que savez-vous sil n’étoit pas caché quelque part dans la chambre, derrière la porte ? »
Un autre a déchiré en colère un Catéchisme très-orthodoxe de M. le Ministre Malan, en s’écriant : « Il n’y a point de Diable. » |
Un autre a dit, en parlant des doctrines évangéliques, et du salut par la foi : « Avec ces doctrines, vous mènerez les gens à la potence. »
Un autre disoit, pour défendre les nouvelles doctrines, et pour jeter de la défaveur sur les anciennes : « Hé! que diriezvous quand un tel» (et ici il nomma ur maître de danse |) viendroit faire à présent les mêmes pas: qu’on faisoit il y a 200 ans! 2
Je prie mes lecteurs de croire que je ne m’attache pas ici à faire une petite guerre, en citant trois ou quatre paroles recueillies avec malignité sur une grande masse de conversations. Les exemples de ce genre sont beaucoup trop fréquents : et il m’auroit été bien facile d’en grossir, d’une manière effrayante, le triste catalogue.— Il est bon d’examiner les fruits pour reconnoître l'arbre : car on doit s’en
garder! —Ouvrons les yeux! et considérons où nous en
sommes déjà venus !
CA) apoplexie : le Jourdain s’est desséché, parce qu'un énorme rocher tomba dans son lit :
Jésus-Christ ne guérissoit que parce qu'il employoit le magnétisme; tous les Chapitres qui embarrassent ont été ajoutés après coup ; Jésus- Christ n’étoit ‘pas plus que vous et moi; et même, pour dire la vérité, ( Dieu leur pardonne ces blasphèmes! ) c’étoit un imposteur ; point de miracles ; point de St.-Esprit; point de Révélation; plus, par conséquent, de données sur une vie à venir; plus de doctrine venue des Cieux; plus de chaîne entre le Ciel «et la terre; plus aucune Religion, ....nous sommes païens! Alors, libre empire aux passions ; alors déchaïnement d’une âme qui ne connoit plus de frein ; plus de ce bon esprit du Chrétien humble , soumis, renonçant à lui-même ; plus de lEsprit de Dieu; plus de piété ni de droiture ; corruption de la jeunesse ; dissolution des mœurs ; rupture des liens sociaux ; vague effrayant dans les opi-
mions ; abolition prochaine du culte ; innova-
tions dans toutes les parties du gouvernement religieux , moral et civil; révolution , renver-
* sement, cähos.... Voilà, selon moi, les fruits
LA
. du progrès des lumières ; voilà ce que nous
avons vu dans les vingt-cinq dernières années. L'expérience montrera si Je me trompe, ou
si je dis la vérité.
Le règne de Jésus n’est pas de ce monde ; ni celui des siens. Si je mène deuil sur lintroduction dans l'Eglise de doctrines pernicieuses, ce n'est donc pas tant parce qu’elles ont des suites effrayantes pour cette vie, que
parce qu’elles perdent des âmes pour celle
qui est à venir (Matth. xx. 13, 15.) : et si je considère les catastrophes temporelles auxquélles elles conduisent, c’est afin de faire juger que des principes qui ont de pareilles
suites dans le temps, ne doivent guères en
avoir de bonnes dans l'éternité.
Nous venons de décrire la plus basse espèce de Socinianisme , autrement dite Rationalisme , ( religion de la raison, ) ou Néologisme, ( c’est-à-dire nouvelle doctrine. ) Ce n’est donc pas nous qui innovons, nous qui tenons à l’ancienne ; ce n'est point nous qui Sommes séc-
taires, tout sectaires qu’on veuille nous appeler. | P
C'est vous , qui, selon le passage déjà cité, « introduisez sourdement des sectes de perdition , faisant un trafic des âmes par des discours artificieux. » (2. Pier. 11. 2. 3.) Compatriotes de toutes les classes, ouvrez vos cœurs à l'amour d’un Dieu qui veut sauver tous les hommes : ouvrez les yeux à un examen impartial : nous ne demandons de vous que de la droiture et de la justice. — Voyez
te 4 ;
‘où Nous en êtes venus ; comment vous y êtéé venus ; et où vous vous préparez à en venir.
S 5. Je passe au tableau des diverses forces (A s'opposent ici depuis quelque temps aux progrès ultérieurs dés fausses doctrines : on ne sera pas étonné que je place en tête une Eglise qui vient de se former sur ‘d’autres principes , comme étant, parmi les différents ‘corps amis de la bonne cause, celui qui lui à rendu témoignage avec le plus d'éclat et de
ET for À Er 1e rachis
I. La Nouvelle Eglise. (1) Û Cette Eglise dont la naissance préparée depuis long-temps n’est point due aux instigations des étrangers, ni à celles d'aucun individu en particulier, s’est constituée et séparée de l’Elise nationale (2) en automne 1817.
TE Nous consentons volontiers à laisser désigner ainsi notre Eglise, qui «st en effet nouvelle quant à sa formation, quoique pour ses principes elle soit ancienne, et toute bâsée sur les enseignements apostoliques , comme il est facile de Sen convaincre en comparant ces mémès principes avec ceux
e J’Ecriture, (a) Nous appelons Eglises nationales ces corps religieux
soumis en dernier ressort au gotivérnement des chefs civils de l'Etat, et regardant, ( non dans le principe, il est vrai ,
( 4 ) | Les membres de cêtte Eglise,se sont d'abord.
rassemblés dans une salle de l’ancien hôtel de l'Ecu de France ; puis à Rive, d’où ils ont té chassés, par des, scènes tumultuaires ; se réunissent maintenant dans. une maison du quartier du Bourg-de-four. . , ,,+ 41 On a fait beaucoup.de tentatives. ; pour. dé crier la nature et le.but.de cette réunion!
chrétienne. Mais les imputations. absurdes qu'o Jui.fit dans l’origine .ne subsistent . plus que dans les esprits de quelques personnes .exas; pérées ou mal instruites (1). Ses principes et sa prédication sont purs, et semblables en tout point à ceux de toute autre Eglise: chrétienne Nous tenons. .nos séances: à huis, ouvert ; et i s’y rend tous les jours;un certain nombre d’au* diteurs, qui y viennent pour,leur cdificiong mais dans:le' fait, } comme! membres de! PEplise , par ‘diail de naissance, tous ceux qui naissent dans son sein. —On
verra dans lé courant dé cet article en quoi ce genre d'in titution nous paroît contraire aux règles RÉPSORERE \
(x) Il est à:craindre que.ces: imputations ne trouvent encoré un aliment. dans un,endroit du Discours déja cité de M. 24 Fernex. Ce Pasteur rapproche dans une même phrase : I
renaissance des confessions de foi, et celle des assemblées de séparatistes’,»et-même de visionnaires », p. 11.—Je: supposé a: Compagnie assez bien instruite de,tout ce qui se fait chez nous, pour croire qu'il ne: lui,reste aucun doute sur lat pus reté de notre doctrine. 4
he
et qui augmentent de temps en temps lé nüm:
bre des membres de PEglise.
“Cette Eglise a déjà exposé briévement ses ‘herve dans une petite EE publiée
l’année dernière sous le titre : Les Membres
rs VPEglise nouvellement Dh , Geneve, à ceux d’entre leurs concitoyens qui ont pris une Part directe ou indirecte aux actes de violence exercés sur eux.— Voici ce que: je crois devoir ajouter à ee sujet, en développement des prin- . cipes qu'elle manifesta dans cet écrit.
- «Nous pensons qu'une Eglise chrétienne ne
doit admettre dans son sein qué des Chre-
tiens (réels ou du moins présumés : car l’homme
ne peut <æ répondre de n'être jamafs trompé. ) * Mais s'il n’est pas toujours facile de dire d’un homme : il est Chrétien , il y a bien des cas où l'on peut dire, d’un autre : il-ne l’est pas:
,Onne peut -donner ce nom à celui qui renie
Notre Sauveur, qui passe sa vie dans un endurcissement habituel, ou qui né fonde pas sonsalut uniquement sur Christ. C’est se faire
une idée absolument fausse de la charité; que de prétendre qu’on doive regarder ‘comme ap- partenant à l'Eglise de Christ un impie ou un - pécheur. endurci, aussi long- temps: qu'il est impie ou pécheur endurei : si nous préten-
dons’, d'aprés V'Ecriture, qu'il doit être exclu
de l'Eglise, nous ne pensons aucunement l’exclure du salut, et fermer pour lui la porte du repentir; nous ne désespérons point de lui; mais nous disons , d’après les paroles les plus précises de l’Ecriture , que des hommes de ce genre, tant qu'ils persévèrent dans leur égarement ; ne doivent pas être considérés comme membres de l'Eglise.
… Quoique la foi en Christ suflise toute seule pour faire le Chrétien, nous sommes convaincus qu'il n’y a de vraie for que celle qui est accompagnée: de la renaissance du cœur par le St.-Esprit. Toute autre foi reste stérile et par conséquent morte. Selon nous, le Chrétien est un homme qui, étranger et voyageur sur cette terre, les yeux fixés sur l'éternité, aspire dans le fond de son cœur, et avant toutes choses, au royaume: des cieux et à sa justice, qui, régénéré par l'Esprit de Dicu,
s'exerce à devenir saint dans sa conduite et
est saint dans ses intentions ; un homme qui, comprenant qu'il est pécheur, et que Jésus offre le salui à quiconque veut revenir à lui, croit ces chosés, appuie son salut sur la mort expiatoire de ce Sauveur, et se consacre par conséquent. tout entier à son service... | Des gens dans ces principes: n’ont pas besoin d’une confession de foi : la Bible n’a pas
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deux sens : et ce ne sont pas quelques subtilités qui font le Chrétien. Si donc nous nous rencontrons dans notre croyance avec les respectables Réformateurs de l'Eglise , comme cela a lieu en effet, ce nest pas que nous ayons cherché nos Opinions chez eux; mais c'est parée qu'ils sont dans la vérité , comme nous croyons y être avec eux. Sans méconnoître qu'ils ont manifesté par desartes, comme tous les Chrétiens, leur qualité de pécheurs, nous admirons cependant les fruits de l'Esprit dans l’onction d'un Luther, dans la perspicacité d’un Calvin; et nous rendons grâces à Dicu de ce que ces fidèles ouvriers: ont replacé entre les mains du peuple la Parole vivante de l’Ecriture Sainte , et de ce que leur précieuse doctrine, le véritable Christianisme, renaît avec une vigueur et une beauté toutes nouvelles. ù
Si nôus disons qu'une Eglise chrétienne ne doit admettre dans son sein que des Chrétiens , c’est dans l'Ecriture que nous avons puisé ce principe. Sans parler des figures nombreuses de l’ancienne alliance qui nous l'insi- nuent,et de ces ordres sévères en vertu desquels le peuple d'Israël, type du, peuple Chrétien, devoit se préserver du mélange de tous ceux qui n'étaient pas entrés dans l’alliance de Dieu»
# ere mé LE mous avons dans le Nouveau Testament ‘une
grande quantité d'ordres positifs, qui établissent rigoureusement le même principe. Sur le grand nombre de ceux que nous PORTA
citer , en voici quelques-u ns 22,5
Sz ae un qui se nomme frère (cesta-
dire Chrétien ), est impudique , OU ayare, ou.
idolätre , ou médisant , ou iprogne ou Tapis seur , etc., ayez point de communication avec
lui, et ne mangez pas même avec lui, Ceux.
du dehors , c’est Dieu qui les juge ; mais pour ceux du dedans, n’est-ce pas à vous de les ju-…
$ 4 ger? (1. Cor. V. 11.—18.)
Dans les derniers temps... les hommes seront amateurs d’eux:mémes, avares , Pains . «. AY QTÉ plus d’amour pour les voluptes que pour Dieu,
ayant l’apparence de la piété, mais: renonçant”
sa force. Séparez-vous de ces gens-la. S 24 sin U..1—5, ) : |
Ne vous unissez point avec les infidèles ; car
qu'y a‘til de commun entre la justice et l’ini-. quite ? Ou quelle liaison y a-til entre la lumiére el les ténébres : ad Quel accord entre Christ et:
Bélial ?.. Quel rapport y a-t-il du temple de Dieu avec les idolés ? Car vous êtes le temple
du Dieu vivant : C’est pourquoi sorlez du milieu
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d'eux; (des infidèles, ) ef vous én séparez , etc. 2. Cor, VI. 14—17.)
7 Si quelqu’ ur enseigne une doctrine di érete qu’il n’acquiesce pas aux instructions de Jésus- Christ Notre Seigneur, et à la doctrine qui est conforme: à la piété, il.a la maladie des questions et des disputes de-mots.…..(1) vaines occupations de gens qui. regardent la piété comme ur moyen de s'enrichir : séparez-vous de ces
gens-là. ( 1. Tim. vi. 3—5.) .
\\Séparez-vous de. l'hérétique ; (ce mot n'est pas ; comme le croient quelques-uns , un terme d'injure ; mais il signifie un homme qui professe de fausses doctrines) séparez-vous-en aprés l'avoir. averti une et deux Jois » sachant qu'un 1el homme est perverti, et qu’il pèche, quoique sa propre conscience le condamne. ( Tite 11.
ADe1 bre)
Je vous exhorte à prendre garde à ceux qui causent des sectes et des scandales, au préjudice de la doctrine que vous avez apprise; et à pous séparer d'eux; car ces sorles de gens. ne servent point Notre au Die CLR mais leur propre ventre ; et par leurs paroles douces
(1) Qui est-ce qui a jamais plus disputé sur les, mots; Let alambiqué leur sens, que le Socinien ou le Néologue ?
. as trouvés mente rs. ( Apoc. II. 2.)
Genève.{r) La mondanité et de fausses doe:l
(56. Jp et flatieuses , ils séduisent l’esprit des simples. (Rom. xvr. 17. 18.) (On voit.iciique ce sont, ceux qui portent préjudice à la doctrine des: Apôtres , qui forment les sectes , et non ceux : qui réclament pr elle.)
- Je connois tes œuvres, ton travail et la *pa-i 1 tience : je sais que tu ne peux souffrir les mé- |
À “chants ; que tu as éprouvé ceux qui se disent |
apôtres , et qui ne le sont point; et que tu les |
té
Si quelqu'un 1ient à vous, tn apporte point} cette doctrine, (celle de Christ} ne le recevez | pas dans votre maison, et ne le saluez pas méme, etc. ( 2. Jean 9—11.)} ;
| Voilà quelques-uns des ordres positifs qui? ont été la règle de notre conduite, quand nous | nous sommes séparés dé l’ Eglise nationale dc {
(x On sait -qu'outre ces raisons. bien suffisantes que nous # avions de nous séparer de cette Eglise, nous y avons encore » été forcés par la conduite arbitraire et véritablement despo- i
tique qu’on y tient à l'égard de ceux qui professent quel-!
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ques principes contraires à ceux d’un certain parti de la# Compagnie. On verra donc encore une des singularités auf Discours de M, De Fernex, dans l'apologie qu'il fait de notre conduite à la page 19 de son écrit, où il dit, env parlant du Chrétien : «s’il a du zéle-(vous voyez que l'a u-.
‘trines ne peuvent s’allier avec une Eglise chré- “tienne... |
: Qu'on nous objecte après cela orgueil, l'intolérance , ou le défaut de charité. Nous répondons que nous ne voyons ni orgueil, ni intolérance, ni défaut de charité à obéir à un ordre de l’Ecriture Sainte : que si nous croyons devoir suivre en ce point comme en tout ‘autre, les directions de la Parole de Dieu , nous sommes bien loin de vouloir pour cela nous élever au-dessus des autres : que
: nous ne persécutons point , tandis que les hé- rauts de la tolérance nous persécutent : et que si nous blâmons , ce n’est pas à dire
que nous haïssions. Jésus même qui, dans d’autres cas, nous défend de juger, dans celuici nous en donne les moyens. (Matth. vir.
15—20.) Vous les connoitrez a leurs fruits.
teur ne blâme pas, ) et quelque talent, il se séparera d'une: Eglise qui veut tyranniser sa conscience. »
Voilà comment cet écrivain, qui est contre nous, est aussi pour nous.— Depuis long-temps on ne présentoit plus à Genève de dogmes à croire, il est vrai, mais on en présentoit indirectement d’autant plus à ne pas croire. Car défendre de prêcher, ou de dire ce qu'on croit, c'est là ce qui s'appelle ôter la liberté de conscience. Jamais personne
ma pu prétendre empêcher les hommes de croire au fond
de leur pensée. La contrainte ne peut porter sur auire chose que sur la profession, et sur son degré de publicité.
On dira peut-être que depuis le’troisième siècle , les grands corps d’Eglise n’ont pas agi d’après ces principes. Nous répondons :
D'abord , que nous avons-au moins pour nous ces trois premiers siècles, qui de l’aveu de tous , ont été les meilleurs de l'Eglise chrétienne jusqu’à nos jours. Les Eglises y étoient fidèles, comme on le voit par l’histoire ecclésiastique, à retrancher tous ceux qui montroient par leurs œuvres qu'ils n’étoient. pas chrétiens : ù
Que l'Eglise a continué dès-lors!, sis avec un relâchement plus où moins grand, à faire cette séparation ordonnée des fidèles d'avec les infidèles ;‘et:au moins, à en professer le principe: : - “ : :
Que Dieu a pu voir de l'utilité à- horde un abus qui, en introduisant une foule de mondains dans l'Eglise, les appeloit à jouir ‘des secours spirituels des Chrétiens; mais que pour tout cela cet abus, provenu de la faute des hommes , n’en étoit pas moins un abus.
11 a résulté du bien de ce qu’on a fait du mal. Tout le gouvernement de Dieu revient
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presque à ce fait. (r)
(x) Le salut même du genre humain s’est opéré par les actions combinées d’un corps d’hypocrites , d’un traitre, et d’un juge inique : (es Pharisiens et les Scribes ; Juda; et Pilate. }
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