‹ GenevièveChapitre 16 sur 44 · LXX1X · texte numérisé non relu

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— Le jour d'après, monsieur, je n'osai jamais ouvrit les volets de la boutique, de peur que les voisines et le> passants ne vinssent me regarder aux vitres. Je restai tout le jour dans l'obscurité à prier Dieu et à penser à Josette.

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Quand lu nuit fut venue, j'ouvris la porte avec tremblejncnl , je sortis pour acheter ma nourriture. « Ali! vous « voilà donc sortie de prison! » que me dit la marchande. « - Oui ! » que je lui répondis. Je vis que tout le monde savait d'où je venais, et croyait à ma faute. On me regardait avec répugnance, niais sans offense pourtant; on me plaignait des } eux. J'allai, en mangeant mon pain, au cimetière; je m'assis sur la terre de ma sœur, auprès de la croix tout ornée de ileurs renouvelées du dimanche d'avant ; j'y lis ma prière, et j'y mangeai mon pain dans le^ larmes.

Après cela je rentrai chez moi, et le lendemain, voyant

qu'il n'y avait plus que quelques pauvres liards dans le tiroir, je me dis : « Tu dois pourtant gagner ton pain; tu « ne peux pas mendier à ton âge. Allons, coûte que coûte, « il faut rouvrir la boutique, chercher de l'ouvrage, trait vailler et vendre pour vivre! »

J'eus le courage d'ouvrir, monsieur, d'étaler mes petites marchandises et de m'asseoir au comptoir, comme à l'ordinaire , de supporter les regards , les sourires et les chuchotements des passants, comme si rien n'était arrivé à la maison ; mais personne n'entra plus, monsieur, excepté un ou deux mendiants pour me demander l'aumône. J'entendis des méchantes langues dans la rue qui disaient : « Faut-il avoir du front ! Ah! m >a pauvre belle petite Jo-

lette avait vécu, aurait-elle été humiliée de voir la honte " de sa sœur aînée! Elle était jolie au moins, celle-là! Le ■• bon Dieu a bien fait de la prendre pour lui! »

GENEVIEVE in;

tët puis, il y avait dans la nie, eu lace, une mauvaise femme qui, me voyanl partie, et me croyaul hors «lu paj « ou en prison pour longtemps, s'élait dépêchée île prendre ma place, avait ouvert une boutique des mêmes merceries que moi, m'avail soutiré toutes mes pratiques, et ue cessait pas de me montrer au doigt en disant aux mies et aux autres : c Qui est-ce qui oserait maintenant acheter « pour deux liants de savon seulement dans une. pareille i boutique? Ça tacherait les doigts au lieu de les laver.

Dieu î en ai-je souffert pendant cette malheureuse semaine! Mes sœurs de père et mes cousines me reniaient les premières et ne mettaient plus lc> pieds à la maison.

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