SCENE XII
Les Mêmes, STEVEN, au milieu du théâtre.
steven, à part.
On a pensé A moi, je suis perdu I
LE DOC
Réponds avec franchise eux questions qu’on ta te faire.
STEVEN
Oui, monseigneur. ( A pan.) O grand saint Ro'naventure, tire-moi de IA! je te promets deux chandelles au lieu d'une.
MAEGUlEtTE.
Hier, & la tombée de la nuit, c’est bien toi qui étais en sentinelle sur le rempart, vis-A-vis l'appartement de madame la duchesse?
STEVEN
Oui , c’était moi.
MAEGGEKITE.
Raconte ce qui e’c&t passé ; parle sans crmf
mviK.
J’ai fait mes deux heures de faction ; Ton est tenu me relever... voilà tout...
Tu dois te rappeler qu’hier je suis venue à toi, et qu’à ma prière tu as laissé sortir Edgar de la tourelle, pour qu’il pût entrer danB le pavillon.
6TEVEN.
Moi?..*
LS DOC
Réponds I réponds donc!
STIVKtt.
Monseigneur, je n’ai rien à répondre... car je n'ai rien vu.
NARCCERITE.
Ah ! Stevent tu mena, tu mens.
steven, à part.
C’est que la potence est au bout de la vérité... Oh! mais je rachèterai ça peut-être par une bonne action.
le doc, à Sieven.
Retire-toi.
Steven s’éloigne.
MARGUERITE
Ah! mcsscigncurs ! ou cet homme est fou, ou c’est un traître... Je vous jure...
Geneviève, l’interrompant.
C’est assez faire, Marguerite, pour sauver une pauvre femme qui n’a plus de recours qu’en la miséricorde divine... Condamncz-moi , messeigneurs; ce n’est pas sur votre tête que retombera mon sang, non, car toutes les preuves sont contre moi ; il faudrait être plus qu’un homme pour pénétrer cet abominable mystère. Condamnez-cnoi donc, je vous pardonne l’arrêt que vous allez prononcer; mais à toi, comte de Hainault, à toi qui pouvais me tuer et qui me déshonores, à toi ma baine et mes malédictions!... Que disje, insensée?... Comtede Hainault, si tu n’en voulais qu’à ma vie, je ne descendrais pas jusqu’à la prière; mais c’est mon déshonneurque tu veux... eh bien, pour racheter cette réputation que tu * vas flétrir... comte, j’oublie ma baine, mon mépris ; je foule aux pieds ma dignité de duchesse et de femme, je suis à tes genoux ; comte, la vérité! par pitié, par grâce, la vérité !
le conte, bas.
Comme toi, Geneviève , Arthur ne pardonne pas {Se retournant vers les juges.) Eh bien, chevaliers, où sont les preuves de ma félonie? suisje encore un calomniateur?
tarder, se levant.
Oui, je l’atteste, moi Vander, je l’atteste sur ma foi de chevalier I... Nosseigneurs, si j’ai accepté la place que vous m'avez faite à vos côtés, si j’ai consenti à recevoir le prix d’une action toute naturelle chez un soldat, ce n'a pas été par ambition : Vander, né paysan, serait mort paysan; mais il fallait être noble pour parler en votre présence, il fallait être cbovalierpour défendre Ütl'" e Geneviève. Grâce à monseigneur et à voua» je puia
l élever la voix dans cette enceinte ; certes, Geneviéve méritaitd’avoir un défenseur plus éloquent que moi. Après avoir entendu ccs funestes débats,
| mon faible esprit reste accablé sous le poids des preuves, mais ma raison me dit en vain que M D * Geneviève est coupable, mon cœur me crie qu'elle est ; innocente ! J’ai déjà lu dans vos regards que cette conviction n’est pas la vôtre ; avant de prononcer votre sentence, moi défenseur de dame Geneviève, je vous demandede m'en laisser appeler au jugement de Dieu. Comtede Hainault, jeté déclarcà la face du ciel et de la terre calomniateur et infâme, je te défie au combat à outrance. Ne méprise pas ; trop la faiblesse de ce bras, nous combattrons tête et poitrine nues : tu auras pour toi l’adresse et la force, moi j’aurai ma bonne cause et Dieu qui nous juge.
LE SIRE DE UUlftVEAin.
Nous ne pouvons consentir à une lutte aussi Inégale. Chevalier Vander, reprenez votre place : il est un autre moyen d’arracher au comte de Hainault la vérité, que lui seul peut révéler tout entière. Jcdcmande donc que l’accusé soit à l’instant soumis à la torture.
LE DCC
Que les ordres du tribunal s'exécutent.
LE CONTE
Comme j’ai lassé tes juges, duc de Brabant, je lasserai tes bourreaux.
Sur un signe du Duc, Jacob conduit !r Comte dans la chambre des tortures ; deux soldats le suivent.