II
278 GENEVIÈVE GAIUOT.
» ris ne sont pas forcés de cacher leur
B amour comme si cet amour était une
» honte !.. — Oh ! oui, il y a des femmes
9 heureuses!...
» Que ne suis-je une de ces femmes?... — Que ne suis-je pauvre?... — Que ne dois - je demander au travail mon pain de chaque jour?.. — Que n'es-tu, toi, un artisan, Un paysan , un laboureur...
tu m*aimerais peut être !
» Les minutes s'écoulent, et les heures, » et les jours, et tu ne viens pas !. . — Oh ! > c'est trop!... je ne veux plus... je ne » peux plus souffrir ainsi !...
p Lojuis, je suis ta femme, après tout !..
GENEVrÈVE GALLIOT. 279
» — ta femme légitime, — je t'appartiens » devant Dieu comme tu m'appartiens!..
» J'ai des droits... des droits sacrés , que
> tous les rois du monde ne sauraient fou- » 1er aux pieds. . . .
» Ce que je vais te dire n'est point une » menace, — c'est un cri de désespoir et » d'agonie....
» Louis, si dans une heure tu n'es pas
> venu à Clamart , dans deux heures je » serai à l'hôtel de Pentliièvre. »
Cette lettre délirante et déchirante s'échappa des mains de madame de Créquy.
— A^ous avez lu?... — demanda le prince.
— Oui, — répondit la marquise, — et, vous, qu'avez-vous fait ?...
— En face de la résolution insensée de Geneviève, j'ai dû mettre de côté toute prudence et j'ai envoyé à Glamart un domestique de ma livrée, chargé d'une réponse dans laquelle je défendais absolument et sévèrement à Geneviève de venir, en ajoutant qu'il y allait de l'honneur d'un prince.... \i^'
— Ah! mon Dieu!., mon Dieu!.. — s'écria la marquise, — quelle imprudence
et quelle folie!.. — Vous la donnez belle à votre malheureuse femme avec l'honneur de ce prince que vous voulez ménager à ses dépens!... et quelle interprétation effrayante et lamentable ne va-t-elle pas tirer de cette ambiguïté ! — Ah ! pauvre femme!., pauvre femme!., combien elle paye cher le dangereux bonheuc de vous appartenir!...
— Vous êtes irritée contre moi?...
demanda douloureusement monsieur de Lamballe.
— Oui , certes ! — répondit la marquise, — je vous trouve cruel !... Vos ménagements me semblent absurdes et ini-
ques et tous ces infâmes d'Orléans ne valent pas un des cheveux de votre Geneviève!...
Et madame de Gréquy quitta le prince de Lamballe , qu^elle laissa désespéré et se heurtant la tête aux panneaux de la boiserie.
Geueviève.
XT.
La marquise était de retour à son hôtel depuis environ deux heures , quand elle vit arriver son valet de chambre Dupont qui avait l'air étrange et la mine troublée.
— Qu'y a-t-il , Dupont, et que voulezvous?... — lui demanda madame de Créquy. '
— Madame la marquise, — répondit-il d'une Toix émue , — il y a dans l'antichambre un frère du jeune Champagne, — de Champagne qui est à monseigneur le prince de Lamballe... Il conjure madame la marquise de vouloir bien le faire entrer, parce que c'est pour une affaire de vie et de mort...
— Qu*il vienne !.. Qu'il vienne I... — s'écria là marquise.
Presqu'aussitôt le valet de chambre de Geneviève se précipita dans le salon.
Sa poitrine était haletante, — ses traits décomposés, — il chancelait.
— Madame la marquise, — - dit-il, sans attendre qu'on l'interrogeât, — j'arrive de Thôtel de Penthièvre...
— Eh bien?...
— Eh bien, je n'ai pu parvenir jusqu'à monseigneur de Lamballe... et alors....
alors , n'osant m'adresser au duc de Penthièvre et sachant l'intimité de vos rapports avec lui.... je suis venu... vous dire...*
— Quoi donc?... — Parlez!... Parlez!...
— Que la femme de son fils. . . que ma bonne maîtresse, madame Geneviève, se meurt empoisonnée !...
— Empoisonnée !. . . — s'écria la marquise, — empoisonnée, mon Dieu !... et par qui?...
Le valet de chambre baissa la tête et ne répondit pas.
Madame de Créquy comprit qu'il s'agissait d'un suicide.
— Vous avez bien fait , mon ami , — dit-elle, — - vous avez bienfait de venir!...
Puis, appelant aussitôt Dupont, elle lui
donna Tordre de faire atteler sa voiture et de courir chercher Baudret, son chirurgien, qu'heureusement on trouva chez lui.
Au bout de dix minutes la marquise et le médecin roulaient rapidement sur la route de Glamart.
Le logis de madame de Saint-Paër était livré au plus complet désordre et à la plus douloureuse confusion.
La nouvelle femme de chambre de Geneviève, — jeune fille naïve et inexpérimentée qui remplaçait la malheureuse Norine, — avait perdu la tête et avait appelé tout le village au secours de sa maîtresse.
Au moment de l'arrivée de madame de Créquy les paysans avaient envahi la maison et la chambre se trouvait remplie d'une foule de curieux.
— Au nom du ciel!... — s'écria la marquise, espérant ainsi éloigner tous ces importuns, — courez... courez chercher un prêtre!...
Le tabellion du village, gros petit homme à Tair important, répondit :
— Oui, certainement, on peut aller chercher un prêtre, mais il n'est point probable que M. le curé consente à venir...
— Et pourquoi donc ne viendrait-il pas?... — demanda vivement la marquise.
— Parce que, — répliqua le tabellion en indiquant du doigt l'alcôve où se troy-
vait Geneviève, — parce que cette dame est la propre cause de sa mort !...
Madame de Gréquy ressentit un frisson.
A cette époque, en effet, les lois hu-
maines s'associaient aux lois divines pour la punition du suicide, et il était défendu aux ministres du dieu de clémence d'accorder les secours de la religion aux malheureux qui avaient porté sur eux-mêmes^ une main criminelle.
— N'importe !... — dit la marquise, — * allez... allez toujours!...
Et, comme personne ne bougeait, elle ajouta :
— Je désire, je veux rester seule avec madame de Saint-Paër.
Les paysans, étonnés de ce ton de com-
GENEVIÈVE OALLTOT. 298
mandement que prenait avec eux une femme inconnue , murmurèrent , sans obéir.
Alors intervinrent les laquais de la marquise.
Ils annoncèrent fièrement et solennellement que leur maîtresse était la marquise de Créquj,et, te! était alors Tempire d'un nom et d'un titre sonores, que tous ces villageois qui sans doute n'avaient jamais entendu parler de madame de Créqiij, se retirèrent avec soumission.
La marquise put alors s'approcher du
lit de cette belle et douce Geneviève n. 19
qui se mourait, et dont elle aurait voulu prolonger les jours aux dépens des siens.
L'adorable et pâle figure de la jeune femme était, en ce moment, d'une beauté surhumaine.
L'émotion, la souffrance et la fièvre ajoutaient encore à Téclat de ses yeux célestes.
Elle avait entendu nommer madame de Gréquy et elle s'était soulevée sur son lit, confuse, palpitante, étonnée et reconnaissante.
— Ah! madame l... — murmurait-elle.
— c'esi vous !. . . vous, près de moi î. . . ah ! madame . . quel excès de bonté !...
Voilà tout ce que pouvait dire cet ange de candeur et d'amoUr; marqué par la fatalité de son inexorable sceau.
— Oui, mon enfant, ma chère enfant,
— répondit la marquise en serrant contre son cœur les deux belles mains tremblantes de Geneviève. —Oui, c'est moi... moi qui vous aime, et qui suis venue pour vous consoler... pour vous sauver...
Après avoir ainsi parlé madame de Gréquy prit à part son chirurgien qui pendant une minute avait regardé la malade avec attention.
— Eh ! bien ? — lui demanda-t-elle vivement et à voix basse.
Le médecin secoua la tête d'une façon sinistre, puis il répondit :
— Elle est perdue.
— Perdue ! — répéta la marquise avec stupeur.
Le médecin fît signe que oui.
— Quoi?... — poursuivit madame de Gréquy, — mourir si jeune !... mourir si belle!... si adorée!... oh! mon Dieu!... — ne peut-on rien tenter?... rien entreprendre ?...
— Il est trop tard, — le poison a brûlé les entrailles... — dans six heures, au plus tard, la malheureuse enfant sera morte, et bientôt la torpeur et l'anéantissement succéderont aux convulsions.
— Ah ! c'est horrible!... c'est horrible!... — murmura la marquise.
— Madame, — dit alors Geneviève, — revenez près de moi, revenez, je vous en prie... — quoique vous parliez tout-bas et que je n'entende pas vos paroles, je devine bien ce que vous dites... vous demandez si je vais mourir et on vous répond que rien ne peut me sauver... ah ! je le sais bien, moi aussi, allez !... je le sais bien que je vais mourir...
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— Non, chère enfant, non, vous vous trompez et vous ne mourrez pas!... — balbutia madame de Créquy à travers ses larmes.
Un sourire déchirant d'incrédulité entr'ouvrit les lèvres de Geneviève.
— Je n'ai plus d'espoir qu'en Dieu ! — dit-elle, — que je puisse au moins me réconcilier avec lui. .. — Un prêtre, au nom du ciel !... — oh ! madame, vous qui êtes si bonne, faites-moi venir un prêtre !... — mais si en effet, comme le disaient ces hommes, le curé refusait de venir !. . . alors, que deviendrais-je?... — oh! je tremble!... — oh ! pauvre femme que je suis !
— Mon enfant, — murmura la marquise, — votre mari a beaucoup de confiance dans le vicaire de cette paroisse...
Geneviève se souleva avec un grand cri et dans une sorte d'égarement.
— Mon mari!... — s'écria-t-elle, — vous avez dit : mon mari!... vous savez qu'il est mon mariî... il vous a dit que j'étais... — Ah! pardonnez-moi, grand Dieu ! pardonnez-moi mon crime!... — il a\ait dit à madame de Créquy, à l'amie de son père... il avait dit que j'étais... et comment n'ai-je pas su qu'il avait dit !... — ah ! Dieu de miséricorde, et j'avais pu douter de votre bonté!... — - ah I par-
donnez-moi mon défaut de lumière!...
pardonnez-moi mon ignorance et mon aveuglement et mon manque de confiance en vous!... il avait dit que j'étais sa femme!... et voilà que je vais mourir, et voilà que tout le monde sait que je me fiuis empoisonnée J . . .
Geneviève cacha sa tête dans ses mains et, pendant une ou deux minutes, elle sanglota avec une amertume convulsive.
Puis elle reprit d'une voix suppliante et en élreignanl de ses deux bras madame de Créquy, qui s'était penchée sur son lit et qui pleurait :
— Madame, ayez la bonté de faire en
sorte que mon pauvre corps ne soit pas traîné sur la claie... -^ vous me le promettez, n'est-ce pas,madame ?...
— Chère et malheureuse enfant, — répondit la marquise, — mettez-y de l'humilité, du courage et de la résignation! je ne saurais vous promettre d'empêcher ce qui vous effraye, et peut-être ne le voudrais-] e pas si Dieu ne vous permet point de vous réconcilier ave lui... — faites-en le sacrifice, en vue de l'expiation de votre faute... Je ne saurais, en conscience, entraver la justice du roi quand elle agit en vue de la justice de Dieu !,.. — répentezvous de ce grand péché que vous avez commis ! . . •
Geneviève leva ses beaux yeux vers le ciel et son visage prit une expression de résignation sublime.
— S'il le faut, — murmura-t-elle, — je me soumettrai à tout...
Puis, au bout d'un moment, elle ajouta :
— Et... lui?... monseigneur?...
— Il est aussi malade que vous, — dit madame de Gréquy.
— Ah î tant mieux ! — s*écria Geneviève avec l'expression d'une joie ardentCi — ah ! tant mieux! nous allons nous rejoindre...
Ses yeux rayonnaient tandis qu'élit»
prononçait ces paroles, mais, presqu'aussitôt, elle ajouta tristement ;
— Nous rejoindre !... le souhaite-t-il, lui?... — m*aime~t-il encore?... oli!...
dites-moi, madame, m'aime-t-il encore ?
— Cent fois plus que sa vie î... — répondit la marquise.
— Ces lettres mentaient donc !. . . — dit Geneviève, — elles mentaient!... oh si j'avais su !...
— Quelles lettres ? — demanda madame de Gréquy à qui ces paroles faisaient
soupçonner quelque nouveau mystère.
Geneviève prit sous son chevet deux feuilles de papier, tellement froissées, si souvent relues et tant mouillées de larmes, que récriture en était devenue presqu'indéchiffrable.
Madame de Créquy prit ces deux lettres et les parcourut avec horreur.
Toutes deux étaient anonymes.
La première en date, habile, insidieuse, véritable chef-d'œuvre de fourberie et de modération dans les termes, parlait d'un jeune prince gue Con n osait nommer à
Cadorable madame de Sainf-Paèr, et représentait sous un jour perfide les précautions, la prudence et toute la conduite de ce prince, comnoe étant les symptômes assurés d'un naturel inconstant, d'un cœur Tolage et d'une rupture inévitable, à laquelle il était nécessaire et prudent de se préparer.
Dans la seconde lettre, arrivée deux jours après la première, on parlait insolemment des amours du prince de Lamballe avec une femme de condition, bien connue pour la légèreté de sa conduite, et Dieu sait quels affreux mensonges venaient à l'appui de cette folle calomnie.
On ajoutait une liste de maîtresses
imaginaires, prises dans toutes les classes de la société, depuis les femmes les plus haut placées , jusqu*aux filles de bas étage.
Enfin arrivait le récit complet du souper de Mousseaux, souper qui se trouvait suivi d'un résultat si honteux pour M. de Lamballe, qu'il était obligé de ne pas sortir de son appartement, ce qui pouvait durer pendant six mois.
Toute cette lettre était libellée d'un style impudent et cynique, — mais on y voyait à l'air familier dans l'outrage et à la connaissance des certains détails de localités, que l'auteur anonyme devait
être un des convives de Mousseaux, — le pied fourchu s'y montrait.
— Allons! — pensa madame de Créquy, — Philippe d'Orléans a achevé son œuvre!...
La mort d'un ange.
En ce moment arriva le vicaire, qu'un des gens de la marquise avait couru prévenir.
Madame de Gréquy fit quelques pis pour quitter la chambre.
Geneviève s'en aperçut et s'écria avec une sorte d'effroi :
— Restez! madame!... ah! restez auprès de mon lit!... auprès de moi!... que je ne meure pas comme une abandonnée!. . je vais mourir toute seule !. . , ah ! restez !. „ restez!... vous pouvez entendre ma confession...
— Ma chère enfant, — ma bonne Geneviève, — répondit la marquise en fondant en larmes de nouveau, — il faut que je vous quitte pour un instant, il faut que je retourne à Paris, mais vous me reverrez, je vous assure, et j'espère que je ne reviendrai pas seule...
Pour la seconde fois Geneviève fil un geste de résignation mélancolique, puis, se tournant vers le prêtre, elle lui dit en joignant les mains :
— Pardonnez-moi, mon père, parce que j'ai péché !...
Alors commença la confession.
Dieu lui-même dut écouter cette bouche si chaste, iiacontant cette existence sans souillures.
Pas une fois l'ange gardien de Geneviève n'eut à voiler de ses blanches ailes son front humilié, tandis que la jeune
>tv
31 ii GENEVIÈVE GALLIOT.
fenirne déroulait lentement sa vie devant le prêtre incliné pour l'entendre.
Dans cette vie entière, Geneviève n'avait commis qu'une seule faute, et cette faute c'était sa mort !...
Geneviève reçut l'absolution.
Immédiatement après, elle tomba dans une sorte de délire doux et calme, qui la reporta par la pensée aux temps de son enfance.
Elle revit les solitudes pittoresques du Véxin, — les vieux arbres du parc d'Anet, — les rochers de la Thymérale, — l'hum-
GENEVIÈVE GALLIOTi 3l5
ble chaumière de Suzanne Galliot et le petit jardin du vieux curé de Rouvres.
Il lui sembla qu'elle était redevenue enfant et que Louis de Lamballe lui donnait son écharpe, comme autrefois, pour rattacher sa chèvre rebelle.
A ce délire succéda Taffaissement narcotique que le chirurgien avait prévu et annoncé.
La tête de Geneviève retomba sur Toreiller; — ses yeux étaient ouverts, — ses lèvres souriaient ; — elle ressemblait plus que jamais à l'admirable portrait de Greuze.
La porte de la chambre se rouvrit.
Madame de Gréquy entra.
Ainsi qu'elle l'avait presque promis à la jeune femme, elle n'était pas seule.
— Geneviève... Geneviève... — s'écriat-elle, — entendez-vous et reconnaissezvous ma voix?... — Voici monseigneur de Penlhièvre, il m'a dit: — Comment, la femme de mon fils!... de mon pauvre enfant!.,, de mon fils bien-aimé !... — Allons, je vais à Clamart, je veux la voir et la bénir, sa femme!...
Les lèvres de Geneviève remuèrent fai-
blement et répétèrent ces mots : — Sa femme.., — mais d'une façon presque indistincte et sans aucun accent de la voix^.
Cependant elle n'avait point encore perdu connaissance et madame de Créquy le voyait bien, aussi elle reprit:
— C'est monsieur le duc de Penthièvre. . . il est là, — avec moi, — près de vous. . .
Les yeux de Geneviève étaient ouverts, mais ils ne voyaient pas.
Un joyeux rayon de soleil vint scintiller sur la plaque en diamants que portait le
duc de Penthièvre, et l'éclat de cette plaque attira et fixa pendant un instant les regards affaiblis de la mourante.
Un sourire d'une ineffable douceur erra sur ses lèvres pâlies et elle dit :
— Gonament ai-je pu mériter?... — Pardonnez moi, monseigneur... votre fils, je l'aimais...
La voix de Geneviève s'éteignit.
— Mon fils, — s'écria le duc, — ne vous a-t-il pas élue pour sa compagne en présence de Dieu ? — N'a-t-il pas mis en vous son bonheur et sa vie?... — Je vous
bénis, ma fille!... — je vais prier avec vous et pour vous. ..
M. de Penthièvre s*agenouiIla.
Avant qu'il eût cessé de prier, Geneviève était morte, et, d'après la beauté, la candeur et le calme de son visage, on aurait dit qu'elle était morte de bonheur.
Geneviève Galliot est inhumée dans les ctjveau?^ de l'église collégiale de Dreux, à
côté de Marie-Thérèse d'Est, de Modène, la mère du prince de Lambalie.
La maladie de M. de Lambalie fut longue et pénible, mais la convalescence de ce malheureux prince fut plus longue et plus pénible encore.
Sa vie était perdue désormais ; — il le savait, — il le sentait, et sa résignation fut égale à sa douleur. .
Dix ans plus tard; par déférence pour
les désirs de son père et à la sollicitation de sa sœur, il se résolut à épouser mademoiselle deCarignan.
Funeste alliance ! — Sinistres fêtes !
Dans la chapelle splendidement illuminée de rhôtel de Penlhièvre, au moment de la bénédiction nuptiale , le prince de Lamballe pleurait, sous les regards de deux familles consternées et sous ceux de la jeune fille qui pleurait aussi en voyant la tristesse de son fiancé.
Il n*était ni plus pâle ni plus défait le jour de sa mort, qui suivit de bien près celui de son mariage.
Jw
Quant à la seconde princesse de Lamballe, on connait sa fin tragique. — Elle était belle et vertueuse comme Geneviève Galliot.
Louis de Lamballe portait malheur.