OERCYïàVB O'ikUilOT
— Mï)n mari t.. — s*écria4^lle, — vous avez dit : mon inari!.. it vous a éh que ]*)étais... — Ah! par^ doflu^z-moi, grand Dieu! pardonnez-moi mon crime. — H availdit à madame de Créquy, à Tamie de son père... i) avait dK que j^élais... et comment n'ais*je pas su qnll avait dit!.. — Ab! Dieu de miséricorde, et j'avais pu douter de votfe» boulé h. — Ah! pardbnnez-mo^ mon défaut de lumière!., pardonnezmoi- mon ignorance, mon aveuglement et mon manque de confiance en vousl.. It avait dit qne j*étaia sa femme... etvoilk que je vaîs mourir, et voilà que tout le monde sait que je me suis empoisonnée l .
Geneviève cacha sa tâte dans ses mains et, pen dant une ou deux minutes, elle sanglota avecunei amertume convulsive.
Puis elle reprit d'une voix suppliante et en étreignant de ses deux bras madame de Créquy, qui s'était pen:)hée sur son lit et qui pleurait :
— Madame, ayez la bonté de faire en sorte que mon pauvre malheureux cQrps ne soit pas tratné sur la claie... — vous me leproraellez, n est-ce pas. Madame?..
— Chère et malheureuse enfant, — répondit la marquise, — metlcz-y de l'humilité, du ooorage et
de la'fèiigQaiioD ! j6 ne saurais iraufi prometlre d*eiitpécher ce qui vous effraye, et {len^'êif e lïe 4e toadraââ-}e pas si Dieu ne vous permet pas de vous réconcilier avec lui... — Faites-en le sacrifice en v»e de Te^piaiion de voirre faule... Je -ne saurais, en consciente, eotraver la juâlke du roi, qaand etle agit en vue de la justice de D'reul — Repentez-vous ^e ce grand rpécbé que vous avez oomiais! ..
Geneviève leva ses beaux yeux vers le ciel et son visage prit une exfpression de résignaiion suMime.
*— SU le fattt, tnuf rnura-t-elle, — je me soumettrai à tout...
Puis, au bout d*un moment, elle ajouta :
— Et... lui?.., monseigneur?...
— Il est aussi malade que vous, r- dit madame de Créquy.
— Ah ! tant mieuiL ! — s^écria Geneviève avec l'expression d'une joie ardente, — ah ! tant mieux I nous allonsnotts rejoindre. . .
Ses yeux rayonnaient tandis qu*elle prononçait ces paroles, mais, presque aussitôt, elle ajouta tristement :
^ Nous rejoindre!., le âouhaite*twl, lui?.. -^
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m*aiine-t-il encore?... ohl.. dites-moi, Madame, in*aime-t-il encore?
— Cent fois plus que sa viel.. — répondit la marquise.
-*Ces lettres mentaient donc!.. — dit Geneviève, — elles mentaient I.. oh! si j'avais su!..
— Quelles lettres ? — demanda madame de Créquy à qui ces paroles faisaient soapçons^ qoelqiie nouveau mystère.
Geneviève prit sous son chevet deux feuilles de papier, tellement froissées, si souvent relues et tant mouillées de larmes, que récriture en était devenue presque indéchiffrable.
Madame de Créquy prit ces deux lettres et les parcourut avec horreur.
Toutes deux étaient anonymes.
La première en date, habile, insidieuse, véritable chef-d'œuvre de fourberie et de modération dans les termes, parlait d'un jeune prince que l'on n osait nommer à l'adorable madame de Saint-Paèr, et représentait sous un jour perfide les précautions» la prudence et toute la conduite de ce prince, comme étant les symplftmes assurés d'un naturel inconstant) d'un cœur volage et d'une rupture inévitable, à la-
CBNBYlivB CALLIOT. 303
quelle il était nécessaire et prudent de se préparer.
Dans Is^ seconde lettre, arrivée deux jours après la première, on parlait insolemment des amours du prince de Lamballe avec une femme de condition, connue pour la légèreté de sa conduite, et Dieu sait quels affreux mensonges venaient à Tappui de cette folle calomnie !
On ajoutait une liste de maîtresses imaginaires, prises dans toutes les classes de la société, depuis les femmes le plus haut placées jusqu*aux filles de bas étage.
Enfin arrivait le récit complet du souper de Mousseaux, souper qui se trouvait suivi d'un résultat si honteux pour M. de Lamballe, qu'il était obligé de pas sortir de son appartement, ce qui poo« vait durer pendant six mois.
Toute cette lettre était libellée d'un style impudent et cynique, — mais on y voyait à l'air lamilier dans l'outrage et à la connaissance de certains détails de localités, que l'auteur anonyme devait être un des convives de Mousseaux, — le pied fourchu
s'y montrait.
— Allons I — pensa madame de Gréquy, —Phi*
lippe d'Orléans a achevé son œuvre!...
Là mort d*ini «itCL
ffBa ce moment arriva le vicaire, qu'un des gem de la nf^rquise avait couru prévenir.
Madame de Créquy fit quelques pas pour quitter la chambre.
tieneviëve s*en aperçut et s'é(^ia avec une sorte d'effroi :
— Restez, Madame!... ahl restez auprès de mon litK.. auprès de moil... que je ne meure pas comme une abandonnée!... je vais mourir toute seule I... Ahl restez!... restez!... vous pouvez entendre ma confession...
— Ma chère enrant, — ma bonne Geneviève, — répondit la marquise en fendant en larmes de nouveaui — il faut que je vous quitte pour un instant^
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il faut que je retourne à Paris; mais vous me reverrez, je vous assure, et j*espère que je ne reviendrai pas seule. . .
Pour la seconde fois, Geneviève fît un geste de résignation mélancolique; puis, se tournant vers le prêtre, elle lui dit en joignant ses mains :
— Pardonnez-moi, mon père, parce que j*ai péché!...
Alors commença la confession.
Dieu lui-même dut écouter cette bouche si chaste t^conli^nt cette, exj$teft<:e simg SQQJtJlwea.
Pas une fois Tange gs^rdien de Genevi^v^'eut à voiler de ses blanches ail^ son frpnt humilié, tandis que la jeune femme déroulait lentement sa yie devant le prêtre incliné pour Tentpndre.
Dans cette vie entière, Geneviève navait commis qu'une seule faute, et cette faute c'était sa mortl...
Geneviève reçut Tabsolulion.
Immédiatement après, elle tomba dans, une sprtç de délire doux et calme qui la reporta par la pensée aux temps de son enfance.
Elle revit les solitudes pittoresques du Véxin. — les vieux arbres da parc d'Ânet, — les rochers de la
lip4,et :Iq.^ti)ii^nj]i^p«u*4i6jRQiiimi. .
Il lui sembla qu'elle était redevenue eDf<iHibiBfaq«a
UfmA^ Mv^M lqi:dP«Mit.sm, éçbMpô»; comme autrefois, pour rattacher s^^çhi^YE^ rçbelle^,
Â,,ce^dé)iro.siw;q^ raffois^^inenl n^f^iiqfif^^e le chirurgien avait prévu et annojo^>
Lf télp.clft lGçjae,^ièye;rç)te!nba fiiurj'or^Jter ; -^ ses yeux.é^wenfi.OMVQrteji.— *fi«» l^y*e«;S«arw^ftt;. — elM.re^p)))laÂ^ p)i9$;aff^.jam9ki8 à^r^dsubAbleiPMr lrj^U,dciGjîe«zQ..
L^.portftdeja cbs^rpbw s^TQuy;ri»../
Madame de Créquy entra..
-^ Gçii^yièye I G^Q^yièFe^!.... — s'éviartneile, — entendezTVOïWf.el.reçoAftai^?^- voua, avt ; voix?.... --* Voici monseigneur de PQQiUii^yi:e.;. il n^'a.dit.; — € CQçipftï^l,, la„femmQ.dçiïiw,ÇW... de.pao»,pauxre cûfanM... de niQa.filçibiftpTaiTOél.,/--^^ AllQua^ je vais à Clap^rt, je . veoix Ja^ voir et la.b4air, sa feqaRie }.....»
LejS lèvres de Geneviève remuèrent faiblement et. répétèrent ces mots : — Sa fenm^,.. --« m^is d'une f^n pr^Q^q^eJ9di«^^j[;le.et s»i^aniHiA.aQiQe9.Vde^la voî^,
Gependaat elle n'avait point encore perdu connais^ sance» et madame de Gréqny le voyait bien ; aussi elle reprit :
*- C'est monsieur le duc de Penlhièvre... il est là» ~ avec moi, — • près de vous.. .
•^ Les yeux de Geneviève étaient ouverts, mais ils ne voyaient pas.
Un joyeux rayon de soleil vint scintiller sur la plaque en diamants que portait le duc de Peu- Ihièvre, et l'éclat de cette plaque attira et fixa pendant un instant les regards afiaiblis de la mourante
Un sourire d'une ineffable douceur erra sur sep lèvres pâlies, et elle dit :
— Gomment ai-je pu mériter?... — Pardonnezmoi, Monseigneur... votre fils... je Taimais...
La voix de Geneviève s'éteignit.
— Mon fils, — s'écria le duc, — ne vous a-i-il pa&^élue pour sa compagne en présence dé Dieu! — N'a-t-il pas mis en vous le bonheur do sa viel... -- Je vous bénis, ma fille I... — je vais prier avec vous et pour vous...
M. de Penthièvre s'agenouilla.
Avant qu'il eût cessé de prier, Geneviève était morte, et, d'après la beauté, la candeur et le calme
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de son visage, on aurait dit qu'elle était morte de bonheur.
Geneviève Galliot est inhumée dans les caveaux de Téglise collégiale de Dreux, à c6té de Marie-Thérèse d'Est, de Uodène, la mère du prince de Lamballe.
La maladie de M. de Lamballe fut longue et pénible, mais la convalescence de ce malheureux prince fut plus longue et plus pénible encore.
Sa vie était perdue désormais ; — il le savait, — il le sentait, et sa résignation fut égale à sa douleur.
Dix ans plus lard, par déférence pour les désirs de son père et à la sollicitation de sa sœur, il se ré« solut à épouser mademoiselle de Carignan.
Funeste alliance 1 — Sinistres fêtes I
Dans la chapelle splendidement illuminée de l'hd' tel de Penthièvre, au moment de la bénédiction nuptiale, le prince de Laoïbalie pleurait, sous les regards de deux familles consternées et sous ceux de la jeune fille, qui pleurait aussi en voyant la tristesse de son fiancé.
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