QUATRIEME PARTIE
Exibit spiritus ejus, etc.
« Le jour qu'ils ont rendu l'esprit, ils retournent à leur terre originelle, et toutes leurs vaines pensées périssent l. »
Delicta juventutis meœ, etc.
« 0 mon Dieu ! ne vous souvenez, ni des fautes de ma jeunesse ni de mes ignorances 2 ! »
Les plaintes du roi prophète sont entrecoupées par les soupirs du saint Arabe.
« 0 Dieu! cessez de m'aflliger, puisque mes jours ne sont que néant! Qu'est-ce que l'homme pour mériter tant d'égards et pour que vous y attachiez votre cœur?...
« Lorsque vous me chercherez le matin, vous ne me trouverez plus3.
« La vie m'est ennuyeuse; je m'abandonne aux plaintes et aux regrets... Seigneur, vos jours sont-ils comme les jours des mortels, et vos années éternelles comme les années passagères de l'homme4?
« Pourquoi, Seigneur, détournez-vous votre visage et me traitez-vous comme votre ennemi? Devez-vous employer toute votre puissance contre une feuille que le vent emporte, et poursuivre uTie feuille séchée 5?
« L'homme né de la femme vit peu de temps, et il est rempli de beaucoup de misère; il fuit comme une ombre qui ne demeure jamais dans un même état.
« Mes années coulent avec rapidité, et je marche par une voie par laquelle je ne reviendrai jamais 6.
« Mes jours sont passés, toutes mes pensées sont évanouies, toutes les espérances de mon cœur dissipées... Je dis au sépulcre : Vous serez mon père; et aux vers : Vous serez ma mère et mes sœurs. »
De temps en temps le dialogue du prêtre et du chœur interrompt la suite des cantiques.
Le PrcLre. « Mes jours se sont évanouis comme la fumée, mes os sont tombés en poudre. »