Tert., Apologet
2 I.amp., in Alix. Sev., cap. iv et xxxi. Voyez la note XLVIII, à la fin du volume.
il eût eu sans doute pau de peine à pratiquer tant de vertus, à supporter tant de maux; mais c'est ici la gloire du mystère : le Christ ressentoit des douleurs; son cœur se brisoit comme celui d'un homme; il ne donna jamais aucun signe de colère que contre la dureté de l'âme et l'insensibilité. Il répétoit éternellement : Aimez-vous les uns les autres. Mon père , s'écrioit-il sous le fer des bourreaux, pardonnez-leur, car ils ne savent ce qu'ils font. Prêt à quitter ses disciples bien-aimés, il fondit tout à coup en larmes ; il ressentit les terreurs du tombeau et les angoisses de la croix . une sueur de sang coula le long de ses joues divines; il se plaignit que son Père l'avoit abandonné. Lorsque l'ange lui présenta le calice, il dit : Q mon Père! fais que ce calice passe loin de moi; cependant, si je dois le boire, que ta volonté soit faite. Ce fut alors que ce mot, où respire la sublimité de la douleur, échappa à sa bouche : Mon âme est triste jusqu'à la mort. Ah! si la morale la plus pure et le cœur le plus tendre, si une vie passée à combattre l'erreur et à soulager les maux des hommes, sont les attributs de la divinité, qui peut nier celle de Jésus-Christ? Modèle de toutes vertus, l'amitié le voit endormi dans le sein de saint Jean, ou léguant sa mère à ce disciple; la charité l'admire dans le jugement de la femme adultère : partout la pitié le trouve bénissant les pleurs de l'infortuné; dans son amour pour les enfants, son innocence et sa candeur se décèlent ; la force de son âme brille au milieu des tourments de la croix, et son dernier soupir est un soupir de miséricorde.