‹ Génie du christianisme: et Défense du génie du christianisme: avec notes et éclaircissementsChapitre 188 sur 322 · Ilist. ecclés · texte numérisé non relu

Ilist. ecclés

taliers, obtient d'Andronic l'investiture de l'île, en cas qu'il puisse la soustraire à la domination des Mahométans. Ses chevaliers se couvrent de peaux de brebis et, se traînant sur les mains au milieu d'un troupeau , ils se glissent dans la ville pendant un épais brouillard, se saisissent d'une des portes, égorgent la garde, et introduisent dans les murs le reste de l'armée chrétienne.

Quatre fois les Turcs essayent de reprendre l'île de Rhodes sur les chevaliers, et quatre fois ils sont repoussés. Au troisième effort, le siège de la ville dura cinq ans, et au quatrième', 3rahomet battit les murs avec seize canons d'un calibre tel qu'on n'en avoit point encore vu en Europe.

Ces mêmes chevaliers, à peine échappés à la puissance ottomane, en devinrent les protecteurs. Un prince Zizime, fils de ce Mahomet II qui naguère foudroyoit les remparts de Rhodes, implore le secours des chevaliers contre Bajazet, son frère, qui l'avoit dépouillé de son héritage. Bajazet, qui craignoit une guerre civile, se hâte de faire la paix avec l'ordre, et consent à lui payer une certaine somme tous les ans, pour la pension de Zizime. On vit alors, par un de ces jeux si communs de la fortune, un puissant empereur des Turcs tributaire de quelques Hospitaliers chrétiens.

Enfin, sous le grand maître Villiers de l'Ile-Adam, Soliman s'empare de Rhodes après avoir perdu cent mille hommes devant ses murs. Les chevaliers se retirent à Malte, que leur abandonne Charles-Quint. Ils y sont attaqués de nouveau par les Turcs; mais leur courage les délivre, et ils restent paisibles possesseurs de l'île sous le nom de laquelle ils sont encore connus aujourd'hui1.

1. Vert., Hist. des Cheo. de Malte; Fleury, Hist. eccl.; Giustiniani , ht, on. dell' or. degli Ord. milit.; Hélyot, Hist. des Ord, relig., t. III.

Page 1