‹ Génie du christianisme: et Défense du génie du christianisme: avec notes et éclaircissementsChapitre 189 sur 322 · ORDRE TEUTONIQUE · texte numérisé non relu

ORDRE TEUTONIQUE

A l'autre extrémité de l'Europe la chevalerie religieuse jetoit les fondements de ces États qui sont devenus de puissants royaumes.

L'Ordre Teutonique avoit pris naissance pendant le premier siège d'Acre par les chrétiens, vers l'an H 90. Dans la suite, le duc de Massovie et de Pologne l'appela à la défense de ses États contre les incursions des Prussiens. Ceux-ci étoient des peuples barbares, qui sortoient de temps en temps de leurs forêts pour ravager les contrées voisines. Ils avoient réduit la province de Culm en une affreuse solitude et n'avoient laissé debout sur la Vistule que le seul château de Plotzko. Les chevaliers teuton iques, pénétrant peu à peu dans les bois de la Prusse, y bâtirent des forteresses. Les Warmiens, les Barthes, les Natangues subirent tour à tour le joug, et la navigation des mers du Nord fut assurée.

Les chevaliers de Porte-glaive, qui de leur côté avoient travaillé à la conquête des pays septentrionaux, en se réunissant aux chevaliers teutoniques leur donnèrent une puissance vraiment royale. Les progrès de l'ordre furent cependant retardés par la division qui régna longtemps entre les chevaliers et les évèques de Livonie; mais enfin tout le nord de l'Europe s'étant soumis, Albert, marquis de Brandebourg, embrassa la doctrine de Luther, chassa les chçvaliers de leurs gouvernements, et se rendit seul maître de la Prusse, qui prit alors le nom de Prusse ducale. Ce nouveau duché fut érigé en royaume en 1701, sous l'aïeul du grand Frédéric.

Les restes de Tordre teutonique subsistent encore en Allemagne, et c'est le prince Charles qui en est grand maître aujourd'hui1.

1. Shoonbeck, Ord. milita Giustiniani, ht. cvonol. dell' or. d gli Ord. rniHt.; Hélyot. Hist. des Ord. rclig., t. III; Fleurv, Hist. eccl.

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