Voyez la note LV1, à la fin du volume
On trouvera le morceau de Robertson tout entier à la fin de ce volume, ainsi qu'une explication sur le massacre d'Irlande et sur la Saint-Barthélémy; le passage de l'écrivain anglois étoit trop long pour être inséré ici. Il ne laisse rien à désirer, et il fait tomber les bras d'étonnement à ceux qui n'ont pas été accoutumés aux déclamations des philosophes sur les massacres du Nouveau- Monde. Il ne s'agit pas de savoir si des monstres ont fait brûler des hommes en l'honneur des douze apôtres, mais si c'est la religion qui a provoqué ces horreurs, ou si c'est elle qui les a dénoncées à l'exécration de la postérité. Un seul prêtre osa justifier les Espagnols ; il faut voir, dans Robertson, comme il fut traité par le clergé et quels cris d'indignation il excita.
en voyant les religieuses de l'Hôtel-Dieu non-seulement panser, nettoyer les malades, faire leurs lits, mais encore au plus fort de l'hiver casser la glace de la rivière qui passe au milieu de cet hôpital, et y entrer jusqu'à la moitié du corps pour laver leurs linges pleins d'ordures et de vilenies, ne les regarde comme autant de saintes victimes qui, par un excès d'amour et de charité pour secourir leur prochain, courent volontiers à la mort qu'elles affrontent, pour ainsi dire, au milieu de tant de puanteur et d'infection causées par le grand nombre des malades. »
Nous ne doutons point des vertus qu'inspire la philosophie; mais elles seront encore bien plus frappantes pour le vulgaire, ces vertus, quand la philosophie nous aura montré de pareils dévouements. Et cependant la naïveté de la peinture d'Hélyot est loin de donner une idée complète des sacrifices de ces femmes chrétiennes : cet historien ne parle ni de l'abandon des plaisirs de la vie, ni de la perte de la jeunesse et de la beauté, ni du renoncement à une famille, à un époux, à l'espoir d'une postérité; il ne parle point de tous les sacriiices du cœur, des plus doux sentiments de l'àme étouffés, hors la pitié qui, au milieu de tant de douleurs, devient un tourment de plus.
Eh bien, nous avons vu les malades, les mourants près de passer se soulever sur leur couche, et, faisant un dernier effort, accabler d'injures les femmes angéliques qui les servoient. Et pourquoi? parce qu'elles étoient chrétiennes! Eh, malheureux! qui vous serviroit, si ce n'étoit des chrétiennes? D'autres filles, semblables à celles-ci, et qui méritoient des autels, ont été publiquement fouettées, nous ne déguiserons point le mot. Après un pareil retour pour tant de bienfaits, qui eût voulu encore retourner auprès des misérables? Qui? elles! ces femmes! elles-mêmes! Elles ont volé au premier signal, ou plutôt elles n'ont jamais quitté leur poste. Voyez ici réunies la nature humaine religieuse et la nature humaine impie, et jugez-les.
La sœur grise ne renfermoit pas toujours ses vertus, ainsi que les sœurs de l'hôtel-Dieu, dans l'intérieur d'un lieu pestiféré; elle les répandoit au dehors comme un parfum dans les campagnes; elle alloit chercher le cultivateur infirme dans a chaumière. Qu'il étoit touchant de voir une femme jeune, b e