‹ Génie du christianisme: et Défense du génie du christianisme: avec notes et éclaircissementsChapitre 215 sur 322 · Corresp. gén., t. Iir, p · texte numérisé non relu

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lies, au péril de leurs jours, clans les débris de Rome et de la Grèce.

Le Bénédictin qui savoit tout, le Jésuite qui connoissoit la science et le monde, l'Oratorien, le docteur de l'université, méritent peut-être moins notre reconnoissance que ces humbles Frères qui s'étoient consacrés à l'enseignement gratuit des pauvres. « Les clercs réguliers des écoles pieuses s'obligeoient à montrer, par charité, à lire, à écrire au petit peuple, en commençant par Ta, b, c, à compter, à calculer, et même à tenir les livres chez les marchands et dans les bureaux. Ils enseignent encore non-seulement la rhétorique et les langues latine et grecque, mais, dans les villes, ils tiennent aussi des écoles de philosophie et de théologie scolastique et morale, de mathématiques, de fortifications et de géométrie... Lorsque les écoliers sortent de classe, ils vont par bandes chez leurs parents, où ils sont conduits par un religieux, de peur qu'ils ne s'amusent par les rues à jouer et à perdre leur temps1. »

La naïveté du style fait toujours grand plaisir, mais quand elle s'unit, pour ainsi dire, à la naïveté des bienfaits, elle devient aussi admirable qu'attendrissante.

Après ces premières écoles fondées par la charité chrétienne, nous trouvons les congrégations savantes vouées aux lettres et à l'éducation de la jeunesse par des articles exprès de leur institut. Tels sont les religieux de Saint-Basile, en Espagne, qui n'ont pas moins de quatre collèges par province. Ils en possédoient un à Soissons, en France, et un autre à Paris ; c'étoit le collège de Beauvais, fondé par le cardinal Jean de Dorman. Dès le ixc siècle, Tours, Corbeil, Fontenelle, Fuldes, Saint-Gall, Saint-Denis, Saint-Germain d'Auxerre, Ferrière, Aniane, et en Italie, ie Mont-Cassin, étoient des écoles fameuses 2. Les clercs de la vie commune, aux Pays-Bas, s occupoient de la collation des originaux dans les bibliothèques et du rétablissement du texte des manuscrits.

Toutes les universités de l'Europe ont été établies ou par des princes religieux, ou par des évêques, ou par des prêtres, et

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