‹ Génie du christianisme: et Défense du génie du christianisme: avec notes et éclaircissementsChapitre 240 sur 322 · La fameuse bulle de Paul · texte numérisé non relu

La fameuse bulle de Paul

2. Le décret de Constantin, qui déclare libre tout esclave qui embrasse le thristianismb.

vertu dans les républiques et la crainte dans les États despotiques. N'existe-t-il pas d'ailleurs des républiques chrétiennes qui paroissent même plus attachées à leur religion que les monarchies? N'est-ce pas encore sous la loi évangélique que s'est formé ce gouvernement dont l'excellence paroissoit telle au plus grave des historiens1, qu'il le croyoit impraticable pour les hommes? « Dans toutes les nations, dit Tacite, c'est le peuple, ou les nobles, ou un seul qui gouverne; une forme de gouvernement qui se composeroit à la fois des trois autres est une brillante chimère, etc. 2.

Tacite ne pouvoit pas deviner que cette espèce de miracle s'accompliroit un jour chez des sauvages dont il nous a laissé l'histoire3. Les passions, sous le polythéisme, auroient bientôt renversé un gouvernement qui ne se conserve que par la justesse des contre-poids. Le phénomène de son existence étoit réservé à une religion qui, en maintenant l'équilibre moral le plus parfait, permet d'établir la plus parfaite balance politique.

Montesquieu a vu le principe du gouvernement anglois dans les forêts de la Germanie : il étoit peut-être plus simple de le découvrir dans la division des trois ordres ; division connue de toutes les grandes monarchies de l'Europe moderne. L'Angleterre a commencé, comme la France et l'Espagne, par ses états généraux : l'Espagne passa à une monarchie absolue, la France à une monarchie tempérée, et l'Angleterre à une monarchie mixte. Ce qu'il y a de remarquable, c'est que les cortès de la première jouissoient de plusieurs privilèges que n'avoient pas les états généraux de la seconde et les parlements de la troisième, et que le peuple le plus libre est tombé sous le gouvernement le plus absolu. D'une autre part, les Anglois, qui étoient presque réduits en servitude, se rapprochèrent de l'indépendance, et les François, qui n' étoient ni très-libres ni très-asservis, demeurèrent à peu près au même point.

Enfin, ce fut une grande et féconde idée politique que cette

1. Il faut se souvenir que ceci étoit écrit sous Buonaparte. L'auteur semble annoncer ici la charte de Louis XVIII. Ses opinions constitutionnelles, comme on le voit, datent de loin.

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