‹ Génie du christianisme: et Défense du génie du christianisme: avec notes et éclaircissementsChapitre 249 sur 322 · QUATRIEME PARTIE · texte numérisé non relu

QUATRIEME PARTIE

l'affranchi Pythagore1 et Héliogabale célèbre ses noces avec Hiéroclès2.

Ce fut ce même Néron, déjà tant de fois cité, qui institua les fêtes Juvénales. Les chevaliers , les sénateurs et les femmes du premier rang étoient obligés de monter sur le théâtre, à l'exemple de l'empereur, et de chanter des chansons dissolues en copiant les gestes des histrions3. Pour le repas de Tigellin, sur l'étang d'Agrippa, on avoit bâti des maisons au bord du lac, où les plus illustres Romaines étoient placées vis-à-vis- de courtisanes toutes nues. A l'entrée de la nuit, tout fut illuminé4, afin que les débauches eussent un sens de plus et un voile de moins.

La mort faisoit une partie essentielle de ces divertissements antiques. Elle étoit là pour contraste et pour rehaussement des plaisirs de la vie. Afin d'égayer le repas, on faisoit venir des gladiateurs avec des courtisanes et des joueurs de flûte. En sortant des bras d'une infâme, on alloit voir une bête féroce boire du sang humain : de la vue d'une prostitution on passoit au spectacle des convulsions d'un homme expirant. Quel peuple que celui-là, qui avoit placé l'opprobre à la naissance et à la mort , et élevé sur un théâtre les deux grands mystères de - la nature pour déshonorer d'un seul coup tout l'ouvrage de Dieu ! Les esclaves qui travailloient à la terre avoient constamment les fers aux pieds; pour toute nourriture on leur donnoit un [peu de pain, d'eau et de sel; la nuit on les renfermoit dans ! des souterrains qui ne recevoient d'air que par une lucarne ; pratiquée à la voûte de ces cachots. Il y avoit une loi qui i défendoit de tuer les lions d'Afrique, réservés pour les spectacles : de Rome. Un paysan qui eût disputé sa vie contre un de ces animaux eût été sévèrement puni 5. Quand un malheureux périssoit ■ dans l'arène, déchiré par une panthère ou percé par les bois d'un cerf, certains malades couroient se baigner dans son sang et le . recevoir sur leurs lèvres avides6. Caligula souhaitoit que le peuple romain n'eût qu'une seule tête, pour l'abattre d'un seul coup7. Ce

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