‹ Génie du christianisme: et Défense du génie du christianisme: avec notes et éclaircissementsChapitre 269 sur 322 · SITUATION DES TOMBEAUX · texte numérisé non relu

SITUATION DES TOMBEAUX

Dans le sanctuaire, du côté de l'épitre.

Le tombeau du roi Dagobert Ier, mort en 638, et les deux statues de pierre de liais, l'une couchée, l'autre en pied, et celle de la reine Nanthilde, sa femme, en pied.

On a été obligé de briser la statue couchée de Dagobert, parce qu'elle faisoit partie du massif du tombeau et du mur; on a conservé le reste du tombeau, qui représente la vision d'un ermite, au sujet de ce que l'on dit être arrivé à l'âme de Dagobert après sa mort, parce que ce morceau de sculpture peut servir à l'histoire de l'art et à celle de l'esprit humain.

Dans la croisée du chœur, du côté de Vépître, le long des grilles.

Le tombeau de Clovis II, fils de Dagobert, mort en 662.

Ce tombeau étoit en pierre de liais.

Celui de Charles Martel, père de Pépin, mort en 741. Il étoit en pierre. Celui de Pépin, son fils, premier roi de la deuxième race, mort en 768. A côté, celui de Berthe ou Bertrade, sa femme, morte en 783.

Du côté de l'évangile, le long des grilles.

Le tombeau de Carloman, fils de Pépin et frère de Charlemagne, mort en 771 , et celui d'Hermentrude, femme de Charles le Chauve, côté, laquelle mourut en 869. Ces deux tombeaux en pierre.

Du côté de l'épître.

Le tombeau de Louis III, fils de Louis le Bègue, mort en 882, et celui de Carloman, frère de Louis III, mort en 884. L'un et l'autre en pierre.

Du côté de l'évangile.

Le tombeau d'Eudes le Grand, oncle de Hugues Capet, mort en 898, et celui de Hugues Capet, mort en 996.

Celui de Henri Ier, mort en 1060; de Louis VI, dit le Gros, mort en 1137, et celui de Philippe, fils aîné de Louis le Gros, couronné du vivant de son père, mort en 1131.

Celui de Constance de Castille, seconde femme de Louis VII, dit le Jeune, morte en 1159.

Tous ces monuments étoient en pierre, et avoient été construits sous le règne de saint Louis, au xme siècle. Ils ccntenoient chacun deux petits cercueils de pierre, d'environ trois pieds de long, recouverts d'une pierre en dos d'âne, où étoient renfermées les cendres de ces princes et princesses.

Tous les monuments qui suivoient étoient de marbre, à l'exception de deux qu'on aura soin de remarquer : ils avoient été construits dans le siècle où ont vécu les personnages dont ils contenoient les cendres.

Dans la croisée du chœur, du côté de Vépître.

Le tombeau de Philippe le Hardi, mort en 1285, et celui d'Isabelle d'Aragon, sa femme, morte en 1272. Ces deux tombeaux étoient creux, et contenoient chacun un coffre de plomb, d'environ trois pieds de long sur huit pouces de haut. Ils renfermoient les cendres de ces deux époux.

Celui de Philippe IV, dit le Bel, mort en 1314. -

Côté de l'évangile.

Louis X, dit le Hutin, mort en 1316, et celui de son fils posthume

3^3 NOTBS

(Jean, que la plupart des historien! De comptent pas au nombre dei rois de France), mort la même année troe son père, et quatre jonra aprèa sa naissain e. pendant l< q el u mpa il porta le l tre ii«' roi

aux pieds de Louis Le Butin, Jeanne, reine de Navarre, sa fille, morte en 1349.

Dam le tanctuaire, du côté de l'évangile.

Philippe V, dit le Long, mort le 3 janvier 1321, avec le cœur de sa femme, Jeanne de Bourgogne, morte le 21 Janvier 1339; Chartes n ,

dit le Bel, mort en 1328, et Jeanne d'Évreux, sa femme, morte en 1 3 T (> .

Chapelle de Notre-Dame~la-Blan< lie du côté de l'épitre.

Blanche, t. Ile do Charles le Bel, duchesse d'Orléans, morte en 1392, et Marie, sa sœur, morte en l -il i plus bas,

ces deux princesses, en pierre, adossées aux piliers de l'entrée de la chapelle.

Dans le sanctuaire de cette chapelle, côté de l'évangile.

Philippe de Valois, mort en 1300, et Jeanne de B .sa pre-

mière femme, morte en 13 *8.

Blanche de Navarre, sa deuxième femme, m rte en 1398. Jeanne, fille de Philippe de Valois et de Blanche, morte en I :T.{; plus bas, deux effigies, en pierre, de Blanche et Jeanne, adossées aux piliers du has de ladite chapelle

Chapelle de Saint-Jean-H<ii>tistr, dite des Charles.

Charles V, surnommé le Sage, mort eu 1380, et Jeanne de Bourbon, sa femme, mono i n 1378.

Charles VI, mort en 1422, et Isabeau de Bavière, sa femme, morte en 1435.

Charles VU, mort en 1461, et Mario d'Anjou, sa femme, morte en 1403.

Revenus dans le sanctuaire, du i 61 té de L'évan-

gile, le roi Jean, mort en Angleterre, prisonnier,

Au bas du sanctuaire et des degrés, du Côté de l'évangile, le massif du monument de Charles vin, mort i d 1 198, «1 m \\ ffig e et I s quatro anges qui étoient aux quatre coins avoient été retirés en 1792, a été démoli le S août 1793.

Dans la chapelle de Notre-Dame-la-Blanche étoient les deux effigies, en marbre blanc, de Henri II, mort en 1559, et de Catherine de Médicis, sa femme, morte en 1589; l'un et l'autre revêtus de leurs habits royaux, couchés sur un lit recouvert de lames de cuivre doré, aux chiffres de l'un et de l'autre et ornés de fleurs de lis. Dans la chapelle des Charles, le tombeau de Bertrand Du Guesclin, mort en 1380.

Nota. Ce tombeau, qui n'avoit pas été compris dans le décret, avoit été détruit par les ouvriers le 7 août, mais on a rapporté son effigie dans la chapelle de Turenne, en attendant qu'il fût transporté à sa destination.

Nota. Les cendres des rois et reines, renfermées dans les cercueils de pierre ou de plomb des tombeaux creux mentionnés ci-dessus, ont été déposées, comme il a été dit ci-devant, dans l'endroit où avoit été érigée la tour des Valois, attenant à la croisée de l'église, du côté du septentrion, servant alors de cimetière. Ce magnifique monument avoit été détruit en 1719.

L'on n'a trouvé que très-peu de chose dans les cercueils des tombeaux creux; il y avoit un peu de fil d'or faux dans celui de Pépin. Chaque cercueil contenoit la simple inscription du nom sur une lame de plomb, et la plupart de ces lames étoient fort endommagées par la rouille.

Ces inscriptions, ainsi que les coffres de plomb de Philippe le Hardi et d'Isabelle d'Aragon, ont été transportés à l'hôtel de ville, et ensuite à la fonte. Ce qu'on a trouvé de plus remarquable est le sceau d'argent, de forme ogive, de Constance de Castille, deuxième femme de Louis VII, dit le Jeune, morte en 1160; il pèse trois onces et demie; on l'a déposé à la municipalité pour être remis au cabinet des antiques de la Bibliothèque du ttoi.

Le nombre des monuments détruits du 6 au 8 août 1793 au soir, qu'on a fini la destruction, monte à cinquante et un : ainsi, en trois jours, on a détruit l'ouvrage de douze siècles.

P. S. Le tombeau du maréchal de Turenne, qui avoit été conservé intact, fut démoli en avril 1796 et transporté aux Petits-Augustins, au faubourg Saint-Germain, à Paris, où l'on rassemble tous les monuments qui méritent d'être conservés pour les arts.

L'église, qui étoit toute couverte en plomb, ne fut découverte et le plomb porté à Paris qu'en 1795, mais le 6 septembre 1796 on a apporté de la tuile et de l'ardoise de Paris pour, dit-on, la recouvrir, afin de conserver ce magnifique monument.

Les superbes grilles de fer faites en 1702, par un nommé Pierre Denys, très-habile serrurier, ont été déposées et transportées à la bibliothèque du collège Mazarin, à Paris, en juillet 1796.

Ce même serrurier avoit fait de pareilles grilles pour l'abbaye de Chelles, lorsque Mme d'Orléans en étoit abbesse.

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