HIC JACET CORPUS NANTHILDIS
On n'a pas trouvé la tête de la reine Nanthilde. 11 est probable qu'elle sera restée dans l'endroit de sa première sépulture, lorsque saint Louis les fit retirer pour les placer dans le tombeau qu'il leur fit élever dans le lieu où il se voit aujourd'hui.
Dimanche W octobre 1795.
On a travaillé à détacher le plomb qui couvroit le dedans du tombeau de pierre de Philippe le Bel. On a refouillé auprès de la sépulture de saint Louis, dans l'espérance d'y trouver le corps de Marguerite de Provence, sa femme : on n'a rien trouvé qu'une auge de pierre sans couverture, remplie de terre et de gravats.
Dans cet endroit devoit être aussi le corps de Jean Tristan, comte de Nevers, fils de saint Louis, mort en 1270, quelques jours avant son père, près de Carthage, en Afrique.
Dans la chapelle dite des Charles, on a retiré le cercueil de plomb de Bertrand Du Guesclin, mort en 1380. Son squelette étoit tout entier, la tête bien conservée, les os bien propres et tout à fait desséchés. Auprès de lui étoit le tombeau de Bureau de La Rivière, mort en 1400. Il n'avoit que trois pieds de long; on en a retiré le cercueil de plomb.
Après bien des recherches, on a trouvé l'entrée du caveau de François Ier, mort en 1547, âgé de cinquante-deux ans.
Ce caveau étoit grand et bien voûté; il contenoit six corps renîermés dans des cercueils de plomb, posés sur des barres de fer : celui de François Ier; celui de Louise de Savoie, sa mère, morte en
1531 ; de Claudine de France, sa femme, morte en 1524, âgée de vingtcinq ans; de François, dauphin, mort en 1536, âgé de dix-neuf ans; de Charles, son frère, duc d'Orléans, mort en 1544, âgé de vingt-trois ans, et celui de Charlotte, sa sœur, morte en 152 i, âgée de huit ans.
Tous ces corps étoient en pourriture et en putréfaction liquide, et exhaloient une odeur insupportable; une eau noire couloit à travers leurs cercueils de plomb dans le transport qu'on en fit au cimetière.
On a repris la fouille dans la croisée méridionale du cbceur; on a trouvé une auge ou tombe de pierre remplie de gravats. C'étoit le tombeau de Pierre Baucaire, chambellan de saint Louis, mort en 1270.
Sur le soir, on a trouvé, près de la grille du côté du midi, le tombeau de Matthieu de Vendôme, abbé de Saint-Denis et régent du royaume sous saint Louis et sous son fils Philippe le Hardi; il n'avoit pas de cercueil, ni de pierre, ni de plomb ; il avoit été mis en terre dans un cercueil de bois, dont on trouva encore des morceaux de planches pourries. Le corps étoit entièrement consommé : on n'a trouvé que le haut de sa crosse de cuivre doré et quelques lambeaux de riche étoffe, ce qui marque qu'il avoit été enseveli avec ses plus riches ornements d'abbé. Il étoit mort en 1286, le 5 septembre, au commencement du règne de Philippe le Bel.
Le lundi 21 octobre 1793.
Au milieu de la croisée du chœur, on a levé le marbre qui couvroit le petit caveau où on avoit déposé, au mois d'août 1791, les ossements et cendres de six princes et une princesse de la famille de saint Louis, transférés en cette église, de l'abbaye de Royaumont, où ils étoient enterrés; les cendres et ossements ont été retirés de leurs coffres ou cercueils de plomb, et portés au cimetière dans la seconde fosse commune, où Pbilippe-Auguste, Louis VIII, François Ier et toute sa famille avoient été portés.
Dans l'après-midi, on a commencé à fouiller dans le sanctuaire, à côté du grand autel, à gauche, pour trouver les cercueils de Philippe le Long, mort en 1322; de Charles IV, dit le Bel, mort en 1328; de Jeanne d'Évreux, troisième femme de Cbarles IV, morte en 1370; de Philippe de Valois, mort en 1350, âgé de cinquante-sept ans; de Jeanne de Bourgogne, femme de Pbilippe de Valois, morte en 1348, et celui du roi Jean, mort en 1364.
Le mardi 22 octobre 1795.
Dans la chapelle des Cbarles, ie long du mur d3 l'escalier qui conduit au chevet, on a trouvé deux cercueils l'un sur l'autre : celui
de dessus, de pierre carrée, renfermoit le corps d'Arnaud Guillem de Barbazan, mort en 1431, premier chambellan de Charles VII; celui de dessous, couvert de lames de plomb, contenoit le corps de Louis de Sancerre, connétable sous Charles VI, mort en 1402, âgé de soixante ans; sa tête étoit encore garnie de cheveux longs et partagés en deux cadenettes bien tressées.
On a levé ensuite la pierre perpendiculaire qui couvroit les tombeaux en pierre de l'abbé Suger et de l'abbé Troon; le premier, mort en 1151, et le second en 12*21 : on n'y a trouvé que des os presque en poussière.
On a continué la fouille dans le sanctuaire, du coté de l'évangile, et on a découvert, bien avant en terre, une grande pierre plate qui couvroit les tombeaux de Philippe le Long et des autres.
On s'en tint là, et, pour finir la journée, on alla dans la chapelle dite du Lépreux, lever la tombe de Sédille de Sainte-Croix, morte en 1380, femme de Jean Pastourelle, conseiller du roi Charles V : on n'a trouvé que des ossements consommés.
Le mercredi 25 octobre 1793.
On a repris, du matin, le travail qu'on avoit laissé la veille, pour !a découverte des tombeaux du sanctuaire.
On trouva d'abord celui de Philippe de Valois, qui étoit de pierre, tapissé intérieurement de plomb, fermé par une forte lame de même métal, soudée sur des barres de fer; le tout recouvert d'une longue et large pierre plate : on a trouvé une couronne et un sceptre surmonté d'un oiseau de cuivre doré.
Plus près de l'autel, on a trouvé le tombeau de Jeanne de Bourgogne, première femme de Philippe de Valois; on y a trouvé son anneau d'argent, un reste de quenouille ou fuseau et des os desséchés.
Le jeudi 24 octobre.
A gauche de Philippe de Valois étoit Charles le Bel. Son tombeau étoit construit comme celui de Philippe de Valois ; on y a trouvé une couronne d'argent doré, un sceptre de cuivre doré, haut de près de sept pieds, un anneau d'argent, un reste de main de justice, un bâton de bois d'ébèue, un oreiller de plomb pour reposer la tête; le corps étoit desséché.
Le vendredi 25' octobre.
Le tombeau de Jeanne d'Évreux avoit été remué , la tombe étoit