‹ Génie du christianisme: et Défense du génie du christianisme: avec notes et éclaircissementsChapitre 276 sur 322 · Lib. ni, cap. in. 3. Ep. ix, cap. iv, v · texte numérisé non relu

Lib. ni, cap. in. 3. Ep. ix, cap. iv, v

des deux. Toi qui as la prérogative de la prédication de la foi, tu auras aussi les clefs qui désignent l'autorité du gouvernement. Ce que tu lieras sur la terre sera lié dans le ciel, et ce que tu délieras sur la terre sera délié dans le ciel. Tout est soumis à ces clefs : tout, mes frères, rois et peuples, pasteurs et troupeaux. Nous le publions avec joie, car nous aimons l'unité, et nous tenons à gloire notre obéissance. C'est à Pierre qu'il est ordonné premièrement d'aimer plus que tous les autres apôtres, et ensuite de paître et gouverner tout, et les agneaux et les brebis, et les petits et les mères, et les pasteurs mêmes : pasteurs à l'égard des peuples, et brebis à l'égard de Pierre, ils honorent en lui Jésus-Christ... (Note de l'Éditeur.)

NOTE LI, page 149.

Il va presque jusqu'à nier les persécutions sous Néron. Il avance qu'aucun des césars n'inquiéta les chrétiens jusqu'à Domitien. « Il étoit aussi injuste, dit-il, d'imputer cet accident (l'incendie de Rome) au christianisme qu'à l'empereur (Néron); ni lui, ni les chrétiens, ni les Juifs, n'avoient aucun intérêt à brûler Rome; mais il falloit apaiser le peuple , qui se soulevort contre des étrangers, également haïs des Romains et des Juifs. On abandonna quelques infortunés à la vengeance publique. ( Quelle vengeance , s'ils n'étoient pas coupables ?) Il semble qu'on n'auroit pas dû compter parmi les persécutions faites à leur foi cette violence passagère. Elle n'avoit rien de commun avec leur religion, qu'on ne connoissoit pas (nous allons entendre Tacite), et que les Romains confondoient avec le judaïsme, protégé par les lois autant que méprisé1. » Voilà peut-être un des passages historiques les plus étranges qui soient jamais échappés à la plume d'un auteur.

Voltaire n'avoit-il jamais lu ni Suétone ni Tacite? Il nie l'existence ou l'authenticité des inscriptions trouvées en Espagne , où Néron est remercié d'avoir aboli dans la province une superstition nouvelle. Quant à l'existence de ces inscriptions , on en voit une à Oxford : Neroni Claud. Cais. Aug. Max. ob provinc. latronib. et his qui novam generi hum. superstition, inculcab. purgat. Et pour ce qui regarde l'inscription elle-même, on ne voit pas pourquoi Voltaire doute que cette nouvelle superstition soit la religion chrétienne. Ce sont les propres paroles de Suétone : Afflicti suppliciis christiani, genus hominum super stitionis novœ ac maleficœ 2.

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