‹ Génie du christianisme: et Défense du génie du christianisme: avec notes et éclaircissementsChapitre 301 sur 322 · II · texte numérisé non relu

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compris les marais, les bois et les montagnes stériles, et cela dans le temps où les propriétaires de terre engagés dans la révolte étoient en très-petit nombre. Il falloit donc, pour satisfaire l'engagement pris avec ces aventuriers, déposséder une infinité d'honnêtes gens qui n'avoient jamais troublé la tranquillité publique.

« Les Irlandois, principalement ceux d'Ulster, n'avoient pas oublié l'injuste confiscation de six comtés faite sur eux il n'y avoit pas encore quarante ans; ils regardoient les propriétaires actuels comme des usurpateurs, et, leur douleur ayant dégénéré en vengeance, ils se saisirent des maisons, des troupeaux et des effets de ces nouveaux venus, et les beaux édifices et les habitations commodes que ces colons avoient fait construire sur les terres de ces propriétaires furent ou rasés ou consumés par le feu *. »

Telles furent les premières hostilités commises par les Irlandois sur les Anglois ; il n'étoit pas encore question de massacres : les Anglois, dit Ma-Geoghegan, furent les premiers agresseurs ; leur exemple fut suivi trop exactement par les catholiques de l'Ulster, et la conta- • gion se répandit bientôt par tout le royaume ; il ne s'agissoit pas d'une querelle particulière, c'étoit une antipathie et une haine nationale entre les deux peuples, savoir, les Irlandois catholiques et les Anglois protestants... Voilà l'origine de cette malheureuse guerre qui coûta tant de sang; voilà les causes du soulèvement des Irlandois en 1641, lequel fut suivi d'un horrible massacre. Ma-Geoghegan assure comme une chose certaine qu'il y eut six fois plus de catholiques que de protestants massacrés dans cette occasion : 1° parce que les premiers étoient dispersés dans des campagnes, et par conséquent exposés à la furie d'un ennemi impitoyable, au lieu que les derniers demeuroient pour la plupart dans les villes murées et. dans des châteaux qui les mirent à couvert de la fureur d'une populace effrénée ; et ceux d'entre eux qui habitoient dans les campagnes se retirèrent au premier bruit dans les villes et places fortes, où ils restèrent pendant la guerre ; quelques-uns retournèrent en Angleterre ou en Ecosse, de sorte qu'il n'en périt que fort peu , excepté ceux qui avoient été exposés à la première furie des révoltés. Les garnisons angloises, sur ces entrefaites, massacrèrent les gens de la campagne sans distinction d'âge ni de sexe ; 2° le nombre des catholiques exécutés à mort par les Cromwelliens pour cause de massacre fut si petit, qu'il étoit impossible qu'ils eussent pu tuer un si prodigieux nombre de protestants 2.

« L'Irlande ayant été réduite, il y fut établi une haute cour de

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