Voyage d'Arthur Young
très-irrégulières, qui arrêtent la vue en tous sens et la bornent à la plus affreuse des solitudes. Trois petits lacs et le triste hospice des Capucins interrompent seuls l'uniformité de ce désert, où l'on ne trouve pas la moindre trace de végétation ; c'est une chose nouvelle et surprenante pour un habitant de la plaine que le silence absolu qui règne sur cette plate-forme : on n'entend pas le moindre murmure; le vent qui traverse les cieux ne rencontre point ici un euillage; seulement, lorsqu'il est impétueux, il gémit d'une manière lugubre contre les pointes de rochers qui le divisent. Ce seroit en vain qu'en gravissant les sommets abordables qui environnent ce désert on espéreroit se transporter par la vue dans des contrées habitables ; on ne voit au-dessous de soi qu'un chaos de rochers et de torrents : on ne distingue au loin que des pointes arides et couvertes de neiges éternelles, perçant le nuage qui flotte sur les vallées et qui les couvre d'un voile souvent impénétrable ; rien de ce qui existe au delà ne parvient aux regards, excepté un ciel d'un bleu noir, qui, descendant bien au-dessous de l'horizon, termine de tous côtés le tableau et semble être une mer immense qui environne cet amas de montagnes. « Les malheureux Capucins qui habitent l'hospice sont pendant neuf mois de l'année ensevelis dans des neiges qui souvent dans l'espace d'une nuit s'élèvent à la hauteur de leur toit et bouchent toutes les entrées du couvent. Alors il faut se frayer un passage par les fenêtres supérieures, qui servent de portes. On juge que le froid et la faim sont des fléaux auxquels ils sont fréquemment exposés, et que s'il existe des cénobites qui aient droit aux aumônes, ce sont ceux-là. »
NOTE DE LA TRADUCTION DES LETTRES DE COXE SUR LA SUISSE, PAR M. RAMOND.
Les hôpitaux militaires viennent originairement des Bénédictins. Chaque couvent de cet ordre nourrissoit un ancien soldat et lui donnoit une retraite pour le reste de ses jours. Louis XIV, en réunissant ces diverses fondations en une seule, en forma l'Hôtel des Invalides. Ainsi, c'est encore la religion de paix qui a fondé l'asile de nos vieux guerriers.
NOTE LVIII, Page 277.
Il est très-difficile de donner un relevé exact des collèges et des hôpitaux , parce que les différentes statistiques sont très-incomplètes, et les géographies omettent une foule de détails : les unes donnent la
population d'un État sans donner le nombre des villes ; les autres comptent les paroisses et oublient les cités. Les cartes surchargées de noms de lieu multiplient les bourgs , les châteaux , les villages. Le grand travail sur les provinces de la France commencé sous Louis XIV n'a point malheureusement été achevé. Les cartes de Cassini , qui seroient d'un grand secours , sont aussi demeurées incomplètes.
Les histoires particulières des provinces négligent en général la statistique, pour parler des anciennes guerres, des barons, des droits de telle ville et de tel bourg. A peine trouvez-vous quelques fondations perdues dans un fatras de choses inutiles. Les historiens ecclésiastiques, à leur tour, se circonscrivent dans leur sujet, et passent rapidement sur les faits d'un intérêt général. Quoi qu'il en soit , au milieu de cette confusion, nous avons tâché de saisir quelques résultats, dont nous allons mettre les tableaux sous les yeux des lecteurs.
EXTRAIT DE LA PARTIE ECCLÉSIASTIQUE DE LA STATISTIQUE DE M. DE BEAU FORT.
18 Archevêchés.
117 Évêchés.
11 Évêques pour les missions, etc.
16 Chefs d'Ordres ou Congrégations.
366,000 Ecclésiastiques.
34,498 Paroisses.
4,644 Annexes.
S00 Chapitres et Collégiales.
36 Académies.
24 Universités.