‹ Génie du christianisme: et Défense du génie du christianisme: avec notes et éclaircissementsChapitre 38 sur 322 · TROISIEME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIEME PARTIE

défont les empires dépend des ordres secrets de la divine Providence. Dieu tient, du plus haut des deux, les rênes de tous les royaumes; il a tous les cœurs en sa main. Tantôt il retient les passions, tantôt il leur lâche la bride, et par là il remue tout le genre humain... Il connoît la sagesse humaine, toujours courte par quelque endroit; il l'éclairé, il étend ses vues, et puis il l'abandonne à ses ignorances. Il l'aveugle, il la précipite, il la confond par elle-même : elle s'enveloppe, elle s'embarrasse dans ses propres subtilités, et ces précautions lui sont un piège... C'est lui (Dieuj qui prépare ces effets dans les causes les plus éloignées, et qui frappe ces grands coups dont le contre-coup porte si loin... Mais que les hommes ne s'y trompent pas. Dieu redresse, quand il lui plaît, le sens égaré; et celui qui insultoit à l'aveuglement des autres tombe lui-même dans des ténèbres plus épaisses , sans qu'il faille souvent autre chose pour lui renverser le sens que de longues prospérités. »

Que l'éloquence de l'antiquité est peu de chose auprès de cette éloquence chrétienne!

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