LA CHARTREUSE DE PARIS
Vieux cloître où de Bruno les disciples cachés Renferment tous leurs vœux sur le ciel attachés; Cloître saint, ouvre-moi tes modestes portiques. Laisse-moi m'égarer dans ces jardins rustiques Où venoit Catinat méditer quelquefois, Heureux de fuir la cour et d'oublier les rois.
J'ai trop connu Paris : mes légères pensées, Dans son enceinte immense au hasard dispersées, Veulent enfin rejoindre et lier tous les jours Leur fil demi-formé, qui se brise toujours. Seul, je viens recueillir mes vagues rêveries. Fuyez, brillants remparts, pompeuses Tuileries. Louvre, dont le portique à mes yeux é' louis Vante après cent hivers la grandeur de Louis'. Je préfère ces lieux où l'âme, moins distraite, Même au sein de Paris peut goûter la retraite : La retraite me plaît, elle eut mes premiers vers. Déjà, de feux moins vifs éclairant l'univers,