‹ Génie du christianisme: et Défense du génie du christianisme: avec notes et éclaircissementsChapitre 82 sur 322 · QUATRIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

QUATRIÈME PARTIE

L'Église trouve une autre source de chants dans les évangiles et dans les épitres des apôtres. Racine, en imitant ces proses l, a pensé comme Malherbe et Rousseau qu'elles étoient dignes de sa muse. Saint Chrysostome, saint Grégoire, saint Ambroise, saint Thomas d'Aquin, Coffin, Santeul, ont réveillé la lyre grecque et latine dans les tombeaux d'Alcée et d'Horace. •Vigilante à louer le Seigneur, la religion mêle au matin ses concerts à ceux de l'aurore :

Splendor paternœ gloriœ, etc.

Source ineffable de lumière, Verbe en qui l'Éternel contemple sa beauté, Astre dont le soleil n'est qu'une ombre grossière, Sacré jour, dont le jour emprunte sa clarté,

Lève-toi, soleil adorable, etc.

Avec le soleil couchant l'Église chante encore i :

Cœli Deus sanctissime, etc.

Grand Dieu, qui fais briller sur la voûte étoilée

Ton trône glorieux, Et d'une blancheur vive, à la pourpre mêlée,

Peins le cintre des cieux.

Cette musique d'Israël, sur la lyre de Racine, ne laisse pas d'avoir quelque charme : on croit moins entendre un son réel que cette voix intérieure et mélodieuse qui, selon Platon, réveille au matin les hommes épris de la vertu, en chantant de toute sa force dans leurs cœurs.

Mais, sans avoir recours à ces hymnes, les prières les plus communes de l'Église sont admirables; il n'y a que l'habitude de les répéter dès notre enfance qui nous puisse empêcher d'en sentir la beauté. Tout retentiroit d'acclamations si l'on trouvoit dans Platon ou dans Sénèque une. profession de foi aussi simple, aussi pure, aussi claire que celle-ci :

« Je crois en un seul Dieu, père tout-puissant, créateur du

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