QUATRIEME PARTIE
vers le Seigneur, dans leur détresse, et il les tire de danger. » a Jl arrête la tourmente, et la change en calme, et les flots de la mer s'apaisent. »
Vers le temps de Pâques, Jérémie se réveilloit dans la poudre de Sion pour pleurer le Fils de l'Homme. L'Église empruntoit ce qu'il y a de plus beau et de plus triste dans les Peivs et dans la Bible, afin d'en composer les chants de cette semaine consacrée au plus grand des martyres, qui est aussi la plus grande des douleurs. Il n'y avoit pas jusqu'aux litanies qui n'eussent des cris ou des él.uis admirables; témoin ces versets des litanies de la Providence :
« Providence de Dieu, consolation de l'âme pèlerine; « Providence do Dieu, espérance du pécheur délaissé; « Providence de Dieu, calme dans les tempêtes ; « Providence de Dieu, repos du cœur, etc., « Ayez pitié de nous. »
Enfin nos cantiques gaulois, les noè'ls mêmes de nos aïeux, avoient aussi leur mérite; on y sentoit la naïveté et comme la fraîcheur de la foi. Pourquoi, dans nos missions de campagne, se sentoit-on attendri lorsque des laboureurs venoient à chanter au salut :
« Adorons tous, ô mystère ineffable!
« Un Dieu caché, etc. »?
C'est qu'il y avoit dans ces voix champêtres un accent irrésistible de vérité et de conviction. Les noé'ls, qui peignoient les scènes rustiques, avoient un tour plein de grâce dans la bouche de la paysanne. Lorsque le bruit du fuseau accompagnoit ses chants, que ses enfants, appuyés sur ses genoux, écoutoient avec une grande attention l'histoire de l'enfant ,L;sus et de sa crèche, on auroit en vain cherché des airs plus doux et une religion, plus convenable à une mère.