DE QUELQUES FETES CHRETIENNES. — LES ROIS, NOËL, ETC
Ceux qui n'ont jamais reporté leur cœur vers ces temps de foi où un acte dé religion étoit une fête de famille, et qui méprisent des plaisirs qui n'ont pour eux que leur innocence, ceux-là, sans mentir, sont bien à plaindre. Du moins, en nous privant de ces simples amusements, nous donneront-ils quelque chose? Hélas! ils l'ont essayé. La Convention eut ses jours sacres : alors la famine étoit appelée sainte, et YHosannah étoit changé dans le cri de vive la mort! Chose étrange! des hommes puissants, parlant au nom de l'égalité et des passions, n'ont jamais pu fonder une fête, et le saint le plus obscur qui n'avoit jamais prêché que pauvreté, obéissance, renoncement aux biens de la terre, avoit sa solennité au moment môme où la pratique de son culte exposoit la vie. Apprenons par là que toute fête qui se rall'e à la religion et à la mémoire des bienfaits est la seule qui soit durable. 11 ne suffit pas de dire aux hommes : Réjouissez-vous, pour qu'ils se réjouissent : on ne crée pas des jours de plaisir comme des jours de deuil, et l'on ne com-