CHAPITRE XIV
Des beaux-arts depuis Vère chrétienne.
Les restes admirables de la statuaire antiquer ont toujours défié la sculpture moderne de jamais les égaler. Cet art ne reproduisant que la beauté physique de Fhomme, dans les traits généraux qui appartiennent à la perfection de Tespèce , ne pouvait profiter, comme les autres , de rinfluence d'une nouvelle religion et du cours des années. Néanmoins il y avait un genre de progrès qui lui demeurait ouvert : c'est l'introauction dans la sculpture de cette expression passionnée qui avait toujours été chez les Anciens le partage exclusif de la peinture. Cette alliance inconnue, essayée par Michel-Ange, a été réalisée bien longtemps après par Canova, dans la statue de la Madeleine repentante. Mais quelle merveilleuse architecture le génie humain a due aux inspirations de la religion chrétienne! Les Anciens ne s'étaient occupes que de la forme dans les trois ordres qu'ils avaient inventés ; les
Modernes trouvèrent Y architecture ogivale, <|iii, accompagnée de la forme pyramidale, est à la fois le symbole du plus saint des dogmes, 6guré par le triangle , et Fimage de la prière portée vers le ciel par la flèche gothique.
On sait jusqu'où s'est glorifiée la peinture dans les écoles romaine, florentine, vénitienne, lombarde , des x\^ et XYi^ siècles. Léonard, Michel- Ange, Raphaël, Titien, P. Véronèse, ont créé la peinture chrétienne. Un rayon divin semble éclairer leurs compositions, qui rendent visible le monde incorporel de lamour pur et des espérances éternelles. Cet art, qui ne s adonnait d Sabord qu'aux sujets religieux, recula les bornes de son domaine lorsqu'il entreprit de retracer sur la toile les grands événements de Thistoire profane. C'est Rubens , chef de l'école flamande, qui, au commencement du xvii^ siècle, attacha son nom, avec le plus de gloire, à cette mémorable création. On vit ensuite les scènes domestiques de la vie demander de vives et spirituelles images au pinceau des plus^rands artistes. Rembrandt, peintre hollandais, introduisit le familier dans la peinture. Chez les Flamands, Ostade, et plus tard Hogarth, en Angleterre, ont perfectionné ce genre secondaire.
La musique est un art qui a été poussé si loin chez les Modernes, qu'on peut les regarder comme layant créé une seconde fois. Ses grands progrès ont une date très-récente. Piccini, Gluck, Haendel , et surtout Mozart, florissaient dans le siècle dernier; cet art a reçu du christianisme un sublime caractère, toutes les fois qu'il a servi d'accompagnement anx louanges du Cr^a^e^^* Haydn est l'inventeur de cette coroposiK^o sacrée, qui est en quelque sorte une pv^i-^e ^^^ musique , et qu'on nomme oratorio, ^
36 LIVHË PRKMIEK.