‹ Génie du dix-neuvième siècle: ou Esquisse des progrès de l'esprit humainChapitre 22 sur 88 · CHAPITRE XIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIX

De celle qua proposée Mp Ampère,

Le plus parfait trayail qui ait été fait sur ces princijpes est la classification proposée par M. Ampère, et à laquelle il a donné le nom d'Essai sur la philosophie des sciences. Il a commencé par diviser toutes les sciences en deux règnes : celui des sciences cosmologiques, traitant de la connaissance de l'univers , et celui des sciences noologiques relatives à la pensée humaine. Les sciences cosmologiques sont divisées par M. Ampère en cosmologiques proprement dites et en physiologiques. Les cosmologiques proprement dites comprennent les sciences mathématiques et physiques ; les physiologiques embrassent les sciences naturelles et médicales.

Les sciences noologiques sont également divisées en noologiques proprement dites et en sociales. Les noologiques proprement dites comprennent les sciences philosophiques et les sciences dialegmatiques ; les sociales embrassent les sciences ethnologiques et les sciences politiques. Les embranchements du premier et du second règne sont eux-mêmes subdivisés par le savant auteur en sous-embranchements, lesquels se décomposent aussi en trois ordres de sciences.

Nous ne suivrons pas M. Ampère dans le détail de son système : il a eu le tort de composer des désignations nouvelles pour la plupart des sciences énumérées. Cela jette quelquefois un peu

d'incertitude dans l'esprit, touchant la vraie démarcation de chacune de ces petites sciences qu'il tire du sein des plus grandes, et qu'il nomme de son autorité privée. Son but a été de disposer nos connaissances dans un ordre tel, qu'on passât toujours du simple au composé, et du collectif au plus collectif. En uu mot, il a voulu que l'homme qui se proposerait d'étudier toutes les connaissances dont il a présenté le tableau pût, en suivant l'ordre de gon système , monter de degré en degré, sans jamais avoir besoin de recourir pour lacquisition d'une science à d'autres connaissances que celles qu'il aurait trouvées aux échelons précédents.

Cest ainsi qu'il place au sommet de son arbre encyclopédique les mathématiques, science qui se suffit à elle-même, et qui, n'ayant besoin d'aucune autre, est utile à la plupart de celles qui ont le monde pour objet. Aux mathématiques il fait succéder les sciences qui s'occupent des propriétés inorganiques des corps; et de là, il passe aux sciences naturelles et médicales, parce que la chimie et la physique n'ont besoin que des mathématiques, tandis que les sciences qui traitent des corps vivants, telles que la botanique, la zoologie et la médecine, réclament à la fois le secours des sciences mathématiques et physiques. Toutefois, nous devons faire remarquer que les sciences médicales, qui regardent beaucoup plus l'homme que le monde, ne sont pas bien placées dans le règne des sciences cosmologiques. D'un autre côté, il semble qu elles n'appartiennent pas à un ordre de sciences désignées sous le nom de sciences noologiques, puisqu'elles traitent du corps et non de l'esprit de l'homme. Cette observation suffit pour montrer que la division fonda-

^ LIVBE PRKAnER.

mentale du système ne satisfait pas à toutes ïe^ conditions. M. Ampère place Tétude de Thomme après celle de la nature, par cette raison que les sciences philosophiques , morales et politiques , ont quelque besoin des sciences mathématiques, physiques et naturelles, tandis que celles-ci peuvent se passer de Tétude psychologique et de l'application sociale des facultés de Tintelligence.

A la métaphysique et à l'éthique M. Ampère fait succéder Tétude des langues, delà littérature et des arts libéraux, parce qu'il regarde la connaissance approfondie des facultés intellectuelles et des sentiments moraux comme indispensable au perfectionnement des moyens par lesquels les hommes se transmettent leurs pensées, leurs sentiments et leurs passions. Les sciences sociales viennent naturellement se placer après la philologie, la littérature et les arts. Il sera facile de concevoir les motifs qui ont porté M. Ampère à ordonner les sous-embranchements des sciences sociales de la manière suivante : géographie comparée, archéologie, histoire, législation, stratégie, économie politique , diplomatie , politique proprement dite. Ces subdivisions gardent entre elles le même ordre que nous avons signalé plus haut, et qui est fondé sur le besoin que chaque science aurait des précédentes.

PROGRÈS IMS L'ESPRIT HUMAIN. Si

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