CHAPITRE XVIIL
De la classification donnée par les encyclopédistes
Tel est le système général des connaissances humaines imaginé par Bacon, et reproduit, sauf quelques légers changements, par d'Alembert et
PROGRÈS DE L'ESPRIT liUMAlN. 4;
Diderot, dans tEncyclopédie du xviii' siècle* Ces derniers se sont bornes, tout en adoptant la division des sciences en sciences de mémoire, sciences d'imagination et sciences de raison , à placer les sciences de raison au second rang, tan dis que Bacon leur avait assigné le troisième; ils se sont, en outre, écartés de leur modèle pour les subdivisions de la théologie , de la médecine et de la logi4|ue. Quelques reproches qu'on ait adressés à la classitication proposée par Bacon, elle subsiste encore comme le plus ingénieux effort de re&{M*it pour ordonner nos connaissances d après le principe subjectif, c'est-^-dire selon le systèia« emprunté à la nature même de Tente ndemeot humain. Userait facile de relever dans ce i)eau travail quelques erreurs accessoires : il ne le serait pas moins de les faire disparaître; mais ridée de Bacon demeure dans sa grandeur.
L'inconvénient des classifications subjectives est de séparer les unes des autres toutes les sciences qui s'enchaînent par une analogie réelle, et de troubler ainsi Tordre nécessaire dans lequel les sciences doivent être étudiées. Telle est la raison qui a fait préférer, dans ces derniers lea^, les classifications objectives aux classifications subjectives. On a donc classé nosconnaissanctô d'après les objets auxquels chacune de leurs branches se rapporte ; et de même que le natarailiste est parvenu à ordonner les animaux et les végétaux, en suivant une échelle de similitude entre les corps organisés, on a étudié les analogies qui unissaient toutes les vérités entre elles, et on a groupé les sciences en familles, en ordres et en règnes.