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richesse des nations, il établit comme principe fondamental de l'économie politique cette vérité si longtemps méconnue, que le travail est Tagent véritable, unique, universel de la création des richesses. En faisant consister celles-ci dans la valeur échangeable des choses, il montra qu'elles n'avaient d'autres bornes que celles de Fîndustrie humaine. Par-là l'or et l'argent détrônés retombèrent au rang de simples marchandises.
Exciter le travail avec la certitude que la consommation viendra d'elle-même, regarder la balance du commerce comme une chimère, supprimer les douanes, et rendre au commerce une liberté entière, telles sont les doctrines développées par ce célèbre économiste.
Son ouvrage,qui contribuaà donner un immense développement à la production manufacturière de la Grande-Bretagne, provoqua dans tous les pays de l'Europe la publication d'une multitude de livres sur la même science. L'ouvrage qui, tout en reproduisant les principales idées de Smith, servit le mieux à rectifier et à compléter son système, fut le Traité d'économie politiquCy )ar J.-B. Say. Cet écrivain démontre avec succès es deux erreurs commises par le chef de l'école anglaise : Tune consistant à soutenir que la valeur des produits est toujours proportionnée au travail nécessaire pour les créer ; la seconde consistant à demander la suppression de tous droits d'entrée sur les marchandises importées dans un royaume. Dans le premier cas, Say prouve très- bien qu'à égalité de travail, la valeur d'un produit peut varier à raison de la demande; dans le second, il considère les droits d'entrée comme un équivalent des impôts dont les marchandises indigènes sont grevée?.
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SaENCE DE LA SOaÈTÉ. lai
Smith avait vu dans Taugmentation indéfinie de la population un indice de prospérité et de richesse. Il avait affirmé que dans les sociétés civilisées, les habitants ne se multiplient qu*à proportion des moyens de subsistance, et que la demande du travail règle la population , comme le fait la demande à Fégard ae toute marchandise.
Malthus soutint au contraire dans son Essai sur le principe de la population, ouvrage qui a foit une si vive^sensation dans le monde savant, que la population aune tendance constante à s'accrottre au-dessus de la quantité de subsistance nécessaire pour la nourrir. Il arriva dans ses calculs à reconnaître que si Tespèce humaine croit comme les nombres un, deux, quatre, huit, seize, etc., les subsistances croissent seulement comme les nombres un, deux, trois, quatre, cinq, etc., et qu'en conséquence, après deux siècles, la population serait aux moyens de subsistance dans le rapport de 256 à 9, et après trois siècles, dans le rapport de 49O96 à 1 3. Malthus voit donc dans la tendance de la population à déborder toujours ses moyens d'existence , la cause de la misère générale de lespèce humaine. Ce qu'il y a de vrai dans ces observations prouve Fexcellence des préceptes du christianisme, qui met pour barrière à la population la sainteté du mariage et le conseil du célibat. Toutefois, l'exagération des calculs de Malthus a. été aisément signalée par MM. Ricardo, Mill et Everett. Le premier de ces écrivains est regardé aujourd'hui en Angleterre comme le chef des économistes modernes. Ses vues sur le crédit et rimpôt sont opposées h celles de Smith. Il a cherché «1 établir que le revenu foncier ou fermage de la terre Càt tout-à-fait étranger aux frais de production, et que la hausse des salaires
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abaisse les profits, mais n'élève pas le prix des marchandises. Il a développé avec force cette dangereuse théorie de civilisation, savoir: que la modération des désirs n'est pas apte à provoquer la production, et que la première chose à taire ]f)Our rendre un peuple actif et industrieux est d'augmenter le nombre de ses besoins.
Cette doctrine, soutenue avec talent par Mac- Culloch, son disciple, avait déjà été réfutée par M. Malthus dans ses Principes d'économie politique y qui ont été publiés longtemps après son Essai sur le principe de la population, Malthus montre que l'envie de posséder une chose ne poussera aucun individu à produire, à moins que celui-ci ne reçoive une demande réciproque pour l'une des choses qu'il possède. Il signale aussi l'erreur de Ricardo et de ses disciples, qui n'ont eu aucun égard à Finfluence d'un principe aussi général et aussi important pour l'homme que celui de l'indolence et de l'amour du repos. Aujourd'hui l'économie politique commence à être cultivée dans le but sublime d'améliorer le sort des classes de la société , et d'appliquer à l'organisation du travail les divers préceptes de l'Evangile.
Le bel ouvrage de M. le vicomte de Villeneuve- Bargemont intitulé Economie politique chrétienne se rattache à ce mouvement, qui est si consolant pour la religion, et qui marque l'ère véritable de la science sociale dans ces années de repentir et de travail où les nations , bien que privées encore de foi, reconnaissent dans le christianisme une vertu cachée pour le meilleur gouvernement des hommes.
En même temps quelques principes sur les moyens d'associer les travailleurs pour leur bon-
SCIENCE i)E LA SOCIÉTÉ. ,à3
heur commun sont mis en circulation, avec beaucoup de talent, par de jeunes économistes , qui n'ont gardé des extravagantes théories de Saint- Simon et des rêves de Fourier que certaines idées avantageuses au bien de leur pays et à la condition de l'espèce humaine. Leur principal but est d'abolir, dans Pindustrie, le principe de concurrence, en faisant du Gouvernement le régulateur suprême de la production.