‹ Génie du dix-neuvième siècle: ou Esquisse des progrès de l'esprit humainChapitre 33 sur 88 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

^rt de la guerre.

Cet art est peut-être celui qu'il est le plus difficile de soumettre à des règles fixes. Ceux-là ne s'y distikigueraient jamais, qui auraient besoin de l'apprendre. Les victoires ne sont pas des théories. Cependant le xviu® siècle avait vu paraître quelques essais remarquables, aspirant à faire de Id guerre une vraie science. Le grand Frédéric avait ouvert la carrière. L'histoire de l'art militaire par D'Escremeville fut une ébauche sérieuse. Grimoard et Guibert traitèrent de la tactique des batailles. Faesch publia, en Saxe, un recueil dé maximes sur les opérations delà guerre. Au commencement de cette période, quelques-unes des- Campagnes de la Révolution ont été racontées par Bulow, qui avait deviné le grand changement prêt à s'introduire dans la stratégie. Une étude assez, complète de Fart militaire , publiée en Allemagne, vers la même époque ^ par M. de

Laroche-Âymon , présente Tensemble des options acquises sur la tactique des batailles. Un des plus beaux ouvrages en ce genre est le Traité des grandes Opérations militaires , par le général Joniini. C'est là que se trouve révélé, avec une profonde intelligence de la grande guerre, le système de Fart moderne, que i auteur résume daus cette simple manœuvre : disposer ses combinaisons de manière à accabler sous le gros de ses forces une aile de Farmée ennemie. Le vénérai Jomini aurait pu indiquer pour second élément de Fart moderne cette autre manœuvre : diviser par des marches. rapides les forces de Fennemi , afin de le vaincre en détail. Dans ce traité la science de ccmbattre se trouve enseignée par les grands capitaines, auxquels Fauteur sait arracher leurs secrets : ordres de batailles , marches stratégiques, lignes d'opérations, tout y est réduit en préceptes qiie justifie l'autorité des faits.

L'archiduc Charles , Fun des plus grands généraux de ce siècle , a composé sur Fart militaire plusieurs écrits où reluit une illustre expérience. Le plus important est une Histoire critique des Campagnes de 1796 et 1799. La relation des événements lui permet de présenter toutes les maximes de la guerre. Le général Rogniat a publié une Philosophie de la guerre, où il place Fancienne organisation des armées au-dessus du nouvel emploi des trois armes qui a présidé aux guerres de FEmpire. Nous avons eu enfin les Mémoires de Napoléon , qui a voulu lui-même expliquer son génie et se faire Fhistorien de sa gloire. Le recueil des Dépêches militaires de Wellington a jeté une vive lumière sur les campagnes de ce Fabius moderne. En résumé , la science de la guerre a subi dans ce siècle deux

SCIENCE DE LA SGOÉTÉ. laS

grands changements , Tun dans la tactique , Tautre dans la formation des lignes de bataille ; et on a vu se déployer trois systèmes principaux, [ue je me permets de caractériser par les noms e Système des guerres de la Révolution^ Système de tinvasioriy Système de la défense active: Tun personnifié dans Farchiduc Charles, l'autre dans Napoléon , et le troisième dan3 Wellington.

D'autres écrivains militaires , tels que Suchet^ Saint-Cyr, Wagner, Beauvais, Napier, Foy, Mathieu-Dumas , Fain , méritent une mention trèsdistinguée. M. Philippe de Ségur est digne d'une place toute particulière , par une œuvre de génie

3ui sera immortelle comme le nom du héros ont il raconte la désastreuse expédition.

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