‹ Génie du dix-neuvième siècle: ou Esquisse des progrès de l'esprit humainChapitre 61 sur 88 · APOLOGÉTIQUE · texte numérisé non relu

APOLOGÉTIQUE

Paley, archidia publié, au commencement de cette période de 4o

(i). William Paley, archidiacre de Carlisle, a ublié, i

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ans, dont nous résumons les progrès, un tableau des preuv^es évidentes du Christianisme,

11 se demande dabord s'il est suffisamment avéré que plusieurs hommes, déclarant être les premiers témoins des miracles du christianisme, ont passé leur vie dans les travaux, les dangers et les souffrances auxquels ils se sont soumis par le seul effet de leur croyance, et s'il est également constaté que ces hommes aient, en vertu de leur foi chrétienne, suivi de nouvelles règles de conduite.

Après avoir résolu affirmativement cette première question, il en pose une seconde : si le récit contenu dans nos Écritures est hien cette même histoire que ces hommes ont annoncée et pour laquelle ils ont travaillé et souffert. 11 démontre aisément le second point en prouvant que l'histoire que les chrétiens possèdent aujourd'hui est la même que les chrétiens avaient alors.

Arrive ensuite sous la plume savante de Paley l'examen de cette troisième question : Le Nouveau Testament mérite-t-il notre confiance comme livre historique ? D'après notre auteur, son authenticité résulte : i° du grand nombre de manuscrits de l'Évangile, dont quelques-uns remontent à plus de mille ans, ce qui rend impossible une altération postérieure à cette époque, et improbable une altération antérieure; 2° des tournures syriaques et hébraïques employées dans le Nouveau Testament, et attestant qu'il n'a pu être écrit que par des hommes Juifs d'origine, qui ont transporté dans la langue grecque les locutions de leur langue maternelle; 3<» de ce fait que tous les auteurs chrétiens, sans interruption, depuis ceux qui furent contemporains des apôtres ou qui les ont injmédiateraeut suivis jusqnes à ceux de nos

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jours, font mention avec un pieux respect des livres historiques du Nouveau Testament; 4" de la morale enseignée par TÉvangile; 5"* des vertus et du caractère du Christ.

Dans la dernière partie de son travail, Paley rë* fute les objections puisées dans les différences qui se trouvent entre les Evangiles, dans les opinions erronées imputées aux apôtres, et dans la propagation incomplète du christianisme.

V essai sur la divine autorité du Nouveau Testamenty par le docteur David Bogue, mérite d'autant plus d'attirer notre attention, que cet ouvrage, lu par le captif de Ste-Hélène dans ses derniers moments, a pu contribuer à rendre l'âme qui avait régné sur Funivers assez grande pour vaincre le monde une seconde fois.

Le docteur Bogue puise les preuves de la divine autorité de l'Évangile : i** dans Tidée qu'il nous donne du créateur, dansle caractère de J.-C, dans la doctrine de la rédemption, dans la perfection à laquelle nous invitent les commandements du Médiateur; 2*" dans les diverses considérations qui sont relatives au contenu de ce livre divin, telles que celles-ci : l'Évangile est un incomparable trésor d'enseignements ; il ne renferme pas un principe faux; il combat sans exception tous nos mauvais penchants; ce livre n'a pu être surpassé; rien ne saurait être plus vaste que le système du gouvernement divin tel qu'il nous le présente; tous les principes qu'il renferme sont en harmonie avec les tendances du monde moral ; S*» dans la sincérité, la constance et le martyre des apôtres; 4** dans la possibilité et la réalité des miracles; 5*» dans l'exactitude, la clarté et la réalisation des prophéties; 6** dans les triomphes de l'Évangile, triomphes qu'il n'aurait jamais pu

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obtenir dans le monde s'il n'eut été la vérité même.

Les prophéties et leur accomplissement littéral^ tel quil résulte surtout de [histoire des peuples et des découvertes des voyageurs modernes , tel est le titre d'un ouvrage qui jouit en Angleterre d'une grande renommée et qui a rendu à la cause de la vérité un précieux service. Le docteur A. Keith est Fauteur de cet excellent livre : il envisage surtout l'accomplissement des prophéties dans leurs rapports avec l'histoire des peuples et avec les témoignages des voyageurs modernes; par lui sont tour à tour justifiées les prophéties concernant Ninive, Babylone, Tyr, TEgypte, la destruction de Jérusalem, les Juifs, la Judée, Edom ouFIdumée, laPhilistie, le Christ et la religion chréiienne et les sept églises d'Asie. Il montre qu'aux termes de la parole de Dieu, les ruines mêmes de Ninive ont péri; que Babylone, « ce marteau qui avait brisé les nations, » a été brisée à son tour parCyrus, Darius, AlexandreJe- Grand; que Tyr, qui était la première ville de commerce dans l'univers, est devenue « semblable à une pierre séchée, à un lieu pour étendre les filets ; » que l'Egypte est un désert au milieu des déserts, et que Jérusalem, au pouvoir des infidèles, voit encore labomination de la désolation, et s'accomplir le mot terrible : a Ils se mettront tous à dire aux montagnes : Tombez sur nous ! et aux collines : Couvrez-nous! » Les Juifs errants et dispersés, n'ont plus ni patrie, ni roi, ni temple; et leur nom continue à être une injure universelle. La Judée, si fertile autrefois, est aride et désolée ; « le cordon de confusion et le niveau du désordre sont étendus sur Tldumée ; » les oiseaux même marqués par l'Écriture la possèdent : le

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hibou et le corbeau y font leur habitation ; elle est possédée par le butor et le cormoran. La terre des Philistins est broutée par les brebis auxquelles Dieu Fa livrée. Le Christ, désigné par tant de prophéties , les a toutes réalisées dans Tépoque et le lieu de sa naissance , la tribu et la famille dont il sortait, son genre de vie, son caractère, ses miracles, ses souffrances et sa mort, la nature de sa doctrine et le sort de sa religion. Enfin les sept églises d'Asie ont été vraiment « les sept chandeliers d'or» au milieu desquels marchait dans FApocalypse «celui qui est le premier et le dernier. »

L'un des plus savants ouvrages qui aient été publiés de nos jours, en faveur de la vérité de la religion chrétienne, est dû au docteur Nicolas Wiseman, qui a dirigé le collège anglais établi à Borne et a occupé une chaire dans l'université de cette ville. Ce livre a pour titre : Discours sur les rapports entre la science et la religion révélée. Ces discours ont été en effet prononcés à Rome, en i835, devant un auditoire choisi et nombreux qui ^tait rassemblé chez le cardinal Weld. Cette circonstance sert d'explication et d'excuse au défaut d'harmonie entre les différentes parties de l'ouvrage. Le savant théologien y traite successivement de l'étude comparative des langues, de rhistoire naturelle de la race humaine , des sciences naturelles, de l'histoire des plus anciens peuples, des progrès de l'archéologie , de ceux des études orientales et de la littérature sacrée. Partout éclate Famour du profond écrivain pour la religion; on admire Fimmensité de sa lecture, Fabondance et la pureté de sa critique. Rien ne saurait réjouir davantage le cœur d un chrétien que de voir avec quelle religieuse assurance le docteur

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Wiseman interroge toutes les sciences les unes après les autres, les soumet au tribunal de Dieu et leur Éait rendre témoignage à la vérité de la révélation. L'âme se sent dilatée d'une sainte fierté devant le spectacle de ces sciences modernes traitées avec cette juste rigueur, brisées dans leur plus superbe arrogance et forcées, comme le possédé de rÉvangile, à chanter les louantes du fils de Dieu, dès qu'elles ont rompu les chaînes de Tesprit d'orgueil et de mensonge.

Le docteur Brenner a publié en Allemagne une apologie de la religion chrétienne et catho* lique, sous ce titre: Théologie catholique spé» culative. Il rétracte quelques opinions avancées avec trop de témérité dans ses autres ouvrages, et dont il reconnaît avec candeur la dangereuse tendance.

La défense du Christianisme , par M. de Frayssinous, évéque d'Hermopolis, est l'ensemble dfes discours que cet ecclésiastique prononça dans l'église de Saint-Sulpice de Paris, à plusieurs époques, entre les années 1802 et 1823. La première partie de ces conférences est toute pjiilophique : l'orateur y traite de la vérité ,' des causes de nos erreurs, de l'existence de Dieu, de la Providence dans l'ordre moral , de la spiritualité et de l'immortalité de l'âme , du culte en général et de la possibilité des miracles. Ija seconde partie est consacrée aux preuves de la vérité chrétienne , telles qu'elles résultent de l'autorité des saintes Écritures, de la réalité des miracles, des merveilles de l'établissement du christianisme, de l'histoire des persécutions de l'Église, et du changement opéré dans le monde

t)ar J.-C. considéré comme bienfaiteur du genre lumain. Enfin Thabile théologien emploie la

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troisième et dernière partie de ses conférences à montrer la convenance des mystères , à prouver Texcellence de la morale enseignée par le christianisme, et à célébrer la beauté de la liturgie catholique. Il venge la religion du reproche defanatisme , et ne craint pas de répondre à toutes les objections suscitées par les condamnations de Galilée et deJeanHus, par rétablissement de rinqnisition, lesguerres de religion, les croisades, le massacre des Indiens , la Saint-Barthélémy, et la révocation de Tédit de Nantes. Il expose les maximes de l'Eglise catholique sur le sort des enfens qui meurent sans baptême, des chrétiens qui meurent hors du sein de TEglise, et des infidèles qui meurent sans avoir connu la révélation. Après avoir fait honneur à la religion de la foi des beaux génies qui ont été chrétiens en Europe, depuis trois siècles , il termine son apologie par le tableau des services rendus éternellement, par le christianisme à la société en affermissant, pour le bien de tous, Fautorité des lois et la notion du devoir. En résumé, si les conférences de M. Tévêque d'Hermopolis ne renferment pas un seul aperçu nouveau, elles rajeunissent la vérité, en la rendant aimable et persuasive; si Téloquence n y tonne pas , elle y jette une pure lumière qui s'insinue dans la raison; et si Fauteur n'a pas innové dans la forme ni dans le fond de Fapologie, il a changé le cœur et la vie d'un grand nombre de ses auditeurs.

Lorsque M. Fabbé de Lamennais publia son premier volume sur Yindifférence en matière de religion^ cet ouvrage, qui se bornait à reproduire, dans un style admirable, les réponses faites de tout temps aux athées et aux déistes, valut à son auteur une prompte et brillante renommée.

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11 Y avait exposé les trois systèmes auxquels se réduit rindiff érence dogmatique, savoir : 1 ® la doctrine de ceux qui, ne voyant dans la religion qu une institution politique, ne la croient nécessaire que pour le peuple; 2^ la doctrine de ceux qui. tenant pour douteuse la vérité de toutes les religions positives, croient que chacun doit suivre celle où il est né, et ne reconneiissent de religion incontestablement vraie que la religion naturelle ; 3^ la doctrine de ceux qui admettent une religion révélée, de manière néanmoins qu il soit permis de rejeter les vérités qu'elle enseigne, à Texcéption de quelques articles fon damentaux.

Après avoir combattu avec une vigoureuse logique ces trois système d'indifférence religieuse, Fauteur établit la triple importance de la religion par rapporta Thomme, à la société et à Dieu.

Mais Féloquent écrivain, voulant ensuite enseigner aux hommes quels étaient les moyens de discerner la vraie religion, employa toute la force de son génie à prouver que ni le sentiment, ni le raisonnement nepouvaientconduire à la certitude, et qu'il n'y avait a autre autorité vraiment infaillible sur la terre que l'autorité du grand nombre ou le 56115 commun : il appelait cela substituer la méthode du sens commun à la méthode Carte* sienne ^ qu'il représentait comme celle de tous les ennemis du christianisme. Quel est le plus raisonnable, s'écriait M. de Lamennais, de dire: Je crois en moiy ou de dire : Je crois au genre humain? Son but ne manquait pas de grandeur ; mais, en voulant mettre le principe de la certitude philosophique d'accord avec le dogme de l'infaillibillté de l'Eglise, il ne s'aperçut pas qu'il employait la raison à saper le témoignage de la

raison, et que chercher à nousconvaincre qu'il faut croire ,à lautorité du grand nomhre , c était encore nous inviter àcroire en nous-mêmes.

Il s'engageait à prouver que le genre humain avait toujours été le dépositaire de la vérité , et ne s'était jamais trompé; selon lui, la majorité des hommes, même dans les temps où l'idolâtrie semblait envelopper la terre dans les ténèbres, avait toujours cru à Tunité, à Tinfinité et k la sainteté <ie Dieu et avait toujours attendu un libérateur céleste. Ainsi le peuple juif n'avait point d'autre religion ni d'autre culte que la re* ligion et le culte qu'avaient les hommes plus ou moins nombreux qui dispersés entre les nations, et instruits par la révélation primitive dont le souvenir ne s'éteignit jamais dans le monde , obéissaient fidèlement à cette loi générale et connue de tous {a).

Je crois avoir fidèlement résumé le système du célèbre ^auteur de ÏEssai sur l'indifférence. Cette doctrine nouvelle tomba, avec grand bruit , dans le sein de l'Eglise : ce n'était plus la lumière pure et sereine faite poiur être la joie et le lien des intelligences; c'était un de ces rayons qui percent la nuit, mais pour annoncer l'orage. Le livre de M. de Lamennais, fut en effet une cause déplorable de division dans les rangs du clergé et des fidèles. L'auteur eut des disciples passionnés et de redoutables adversaires. Â ces derniers est demeurée la victoire, même avant que M. de Lamennais ait pris soin de se détruire luimême.

M. l'abbé Lacordaire, longtemps nourri dans cette dangereuse école, s'en est noblement séparé

(a) Essai sur Tindiffér^nce, tom, ui, p. 43*

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lorsqu'il a vu $'ouyrir à ses pieds Tabime dans lequel le maître avait disparu : rendu à la liberté de ses convictions, il a porté le dernier coup à l'ancienne doctrine de l'éloquent sectaire. Quelques mots suffisent pour analyser ses Considérations sur le système philosophique de M, de Lamennais, 11 expose d abord quelle est Tautorité réelle du genre humain, aux yeux de l'Eglise; il montre la défense du christianisme établie dans toute la suite des siècles, non sur l'autorité du genre humain, mais sur celle de TEglise ; et après avoir défini l'usage que l'Eglise a fait constamment de la philosophie , il envisage le système de M. de Lamennais comme portant dans son sein le plus vaste protestantisme qui ait encore paru.

Selon lui, l'Eglise, tout en rassemblantes traits delà vérité épars dans le monde, et tout en y trouvant une nouvelle preuve de la révélation divine, n'a jamais prétendu que les lèvres de l'humanité fussentinspirées et infaillibles; au contraire, elle a dit que le cantique n'était que plus beau sur des lèvres qui déjà ne le comprenaient plus. L'impuissance de la philosophie pour unir les hommes dans la vérité a servi en tout temps de preuve à la nécessité d'un enseignement divin et infaillible dans FEglise. « Qui a va , qui a entendu le genre humain queM.de Lamennais représente comme revêtu d'une infaillibilité égale à celle de l'Eglise? L'humanité repose obscure dans le passé et dans l'avenir; et le lieu du monde où elle est le plus visible, ce sont les bibliothèques, autres sépulcres. L'Eglise nous cherche et nous parle la première : le genre humain interroge se tait d'un silence éternel. » En supposant même que la majorité des hommes eût toujours professé infailliblement dans chaque siècle les vérités utiles au salut,

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M. de Lamennais n indique pas le moyen de recueillir la pensée du plus grand nombre, à chaque époque de Thistoire de Thumanité. Or, s'il n'a pas d'autre conseil à nous donner à cet égard que de rimiter, c'est-à-dire de nous enfoncer dans le dédale inextricable de Térudition et de Tarchéologie , son système n'est d'aucun usage pour la plupart des hommes.

Enfin, les appeler tous à feuilleter les traditions du genre humain pour y trouver l'oracle infaillible delà foi, c'est aller bien plus loin que les chefs delà réforme, qui, s'ils ont eu le tort de livrer les sain tes Écritures à l'interprétation de chacun, ont au moins pris un livre divin pour organe de la vérité éternelle. « Que répondre à un homme qui vous dirait : Vous prétendez que le genre nuraain est infaillible ; or, le genre humain n'a pas cruau médiateur : donc lemédiateur n^est pas venu. On lui répondrait que le genre humain a cru au médiateur ; on lui citerait des textes de poètes, de philosophes , d'hi.storiens, comme on cite aux protestants des textes d'Écriture sainte. Mais qui ne voit que l'obstination de l'un serait aussi naturelle que l'obstination de l'autre , et mille fois plus dangereuse , parce qu'on lui aurait accordé que le genre humain est une autorité infaillible, tandis qu'on montre aux protestants que l'Écriture sainte n'estpas une autorité infaillible, attendu qu'elle ne parle pas, n'ayant pas en ellemême son organe. »

Uaccord de la foi avec la raison ^ par M. l'abbé Beceveur, est une exposition sommaire, lucide, méthodique des principes sur lesquels repose la foi catholique. La portion la plus remarquable de ce livre est celle où l'auteur fonde la nécessité d^ne révélation sur Tin^uffisance de la raison

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i>our éclairer Thomme sur ses devoirs, et sur 'impuissance de la philosophie pour ramener le monde à des croyances.

Vhomme connu par la révélation^ ouvrage de M. Tabbé Frère, professeur de théologie en Sorbonne, se distingue par une philosophie morale qui pénètre dans la nature, dans les rapports et dans la destinée, de Thomme, et fiait voir, par les nobles débris de Tédifice , les restes de la grandeur du plan primitif. C'est le thème de Pascal, accommodé aux proportions d'un cours de théologie.

M. labbé Beautaiu, professeur de philosophie à Strasbourg, a publié sous ce titre : Philosophie du christianisme^ une correspondance avec plusieurs de ses élèves sur Forigine et Tautorité de FËglise, le mystère de la sainte Trinité , les vicissitudes philosophiques de l'humanité , la liberté de l'homme, les dogmes du péché originel et de la rédemption. On voit que son œuvre embrasse toute l'économie de la religion. La forme familière qu'il a employée lui permet de se soustraire aux habitudes de la controverse scholastique, habitudes qui, du reste, n'ont ja* mais été celles de son esprit. Ilmontre que l'Eglise catholique, considérée comme œuvre purement humaine, serait la preuve la plus magnifique du génie, de la haute vertu et de la profonde sagesse de l'homme; qu'elle se présenterait comme la réalisation de lidée la plus vaste, la plus généreuse et la plus sublime qui ait jamais été conçue 1)Our le perfectionnement de l'individu, pour 'union et la consolidation de la famille, pour le bien-être et la durée des sociétés, pour l'ennoblissement de toute l'espèce humaine. Mais il igoiUe que nul mortel, à cause des bornes de la

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raison et de la vie n'aurait été capable de con^cevoir ni d exécuter un tel plan ; et il en conclut que TËglise chrétienue n'est point fille du génie, mais une institution divine , la réalisation d'une idée conçue dans la sagesse éternelle, pour le salut de Thumanité.

Ce qui caractérise la théologie de M. Beautain, c'est l'exclusion complète qu'il donne à la raison dans l'enseignement des vérités religieuses. 11 regarde la foi comme la première condition pour être éclairé. La raison, abandonnée à elle-même, lui paraît dans l'impuissance de découvrir et d afnrmer une seule vérité : elle a besoin, pour connaître Dieu, qu'une parole supérieure le lui révèle.

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