‹ Génie du dix-neuvième siècle: ou Esquisse des progrès de l'esprit humainChapitre 71 sur 88 · PEINTURE. — TABLEAUX D HISTOIRE · texte numérisé non relu

PEINTURE. — TABLEAUX D HISTOIRE

(7) Cornélius et Overbeck se sont rendus célèbres, l'un par les peintures à fresque dont il a décoré la glyptothèque de Munich et le palais du roi de Bavière, lautre par plusieurs tableaux religieux et par une fresque exécutée à Rome dans la villa Latrana, appartenant au marquis Massimî.

Le premier a été chargé de faire douze tableaux de très-grande dimension, représentant les articles du symbole des apôtres et destinés à couvrir les murailles d'une nouvelle église de Munich ; plusieurs dessins préparés pour ces peintures, et entre autres pour la crucifixion et le jugement der^ nier, ont excité en Italie une admiration universelle. Le second termine aujourd'hui, pour î^académie de Francfort, un très-grand tableau qui a pour sujet : les Beaux- Arts encouragés par la religion. Pour juger, d'ailleurs, du style et du caractère des compositions d'Overbeck , il faut étudier les effets de son pinceau dans les Enfants

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venant au Christ et dans le Christ assis au milieu du temple.

Schadow, de Berlin, a pris part aux travaux que ces deux peintres célèbres ont exécutés dans la salle Bartoldi à Rome. On place parmi ses tableaux les plus remarquables : le Christ à Emmaûs, le Christ sur la montagne des Oliviers et une Cliarité.

Les peintures dont M. Hess a orné la chapelle royale de Munich, et dont les sujets sont puisés dans la Bible, lui ont valu une honorable réputation. Nous en dirons autant de M. Schnorr, qui, dans la même ville, a eu Tidée de faire passer sur la toile, dans une série de tableaux, les situations les plus dramatiques du vieux poëme des Nibelungen,

Passons en revue les plus célèbres peintres d'histoire qui se trouvent aujourd'hui rassemblés à Dusseldorff. Lessing, auteur du Couple royal dans la douleur et du Sermon d'un hussite, se distingue par l'expression : il excelle à peindre les orages qui restent à demi étouffés dans Tâme. Hubner a le secret de la grâce : on lui doit Booz et Ruth et un Samson, E. Bendemann comprend la grandeur de la poésie biblique : il a composé les Juifs en exil et un Jérémie pleurant sur les ruines de Babylone, Hildebrandt gagne les suffrages par ta beauté de son coloris et par la richesse qu'il met dans les détails ; ses principaux ouvrages sont : une Judith^ le Magistrat malade^ le Guerrier allemand,

L école anglaise de ce siècle compte peu de peintres dans le grand genre de l'histoire. Les moins célèbres de Reynolds et de West, appartenant au xviii* siècle, nous permettent de citer en première ligne celiu de James Northcote ,

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élève de Reynolds; cet artiste , auteur des Deux fils d'Edouard étouffés dans la tour de Londres , est plus délicat dans son dessin et plus fin dans ses intentions que vigoureux dans sa- touche et original dans ses idées. Viennent ensuite les noms de James Barry, qui se complatt à retracer la forme et la beauté grecques : on a de lui des fresques sur les murs de la Société des Arts et un beau tableau représentant la Mort de fVolfe pendant la guerre d* Amérique; de Henry Fusely , adorateur des fables grandioses de la mythologie homérique : dépourvu de talent dans le dessin et d'habileté danslecoloris, il brille par l'invention et l'imagination; de William Allen, autour d'un assez grand nombre de tableaux , parmi lesquels on distingue particulièrement le Meurtre de David Rizzio dans le cabinet de Marie Stuart.

Le seul peintre d'histoire dont l'Italie puisse se glorifier au xix** siècle est Vincent Camuccini, né à Rome , ancien directeur de l'académie de Saint- Luc. Ses principaux ouvrages sont un Départ de Régidus et une mort de César. La composition de Camuccini manque d'originalité et son coloris d'éclat; mais son dessin est trés-pur et le caractère de ses figures plein de noblesse. Benvenuti, 3ui a dirigé l'académie de Florence , jouit aussi 'une certaine réputation : son tableau de Judith montrant au peuple la tête dHolopheme décèle quelque invention; on y trouve une agréable variété dans les figures. Galliano de Turin, Velasquès de Sicile et Pellagide Milan peuvent encore être cités avec distinction.

La Belgique possède dans M. Wappers un jeune peintre qui fait à l'art les plus hautes promesses ; le Bourgmestre de Leyde parlant au pçuplç dans la famine est un tabl^uu où les tons

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de chair sont excellents, et qui, brillant par une certaine vigueur, a révélé dans M. Wappers Tune des espérances de la peinture moderne.

Deux noms appartenant à la Russie doivent être cités dans cette nomenclature, ceux de MM. Yegoroff, auteur d'une Sainte Famille; et BrulofF, dont un tableau représentant une Eruption du Vésuve dans F antiquité a obtenu un grand succès en France et en Italie.

La patrie de Murillo,rEspagne, n'a qu'un nom à présenter dans la peinture d'histoire : c'est celui âiApariccio^ qui a été long temps directeur de l'académie de St-Ferdinand à Madrid. Son meilleur ouvrage est un tableau représentant un Rachat d'esclaves à Alger,

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