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L'ANCIENNE

8 juillet 189.J

L'ANCIENiNE

La bonn' vieille, au chef branlant, L'été s'en vient à la grève S'asseoir su' l' sabl' sec brûlant, Qu'un' bouffé' d' vent pur soulève, Pendant qu' chez un couturier Sa bru, laborieus', travaille, Et n'quitt', chaque soir, l'atelier Qu' pour soigner tout' sa marmaille.

GENS DE MKIl

Viciir maman d'un nid' marin Péchant, là-bas, la morue, Elle a laissé son chagrin Dans la pauvr' maison d' sa rue, Qu' est aussi trist' que l'hiver En juillet, août et septembre, Pour s" griser d' soleil et d'air Devant la houV bleu' qui s' cambre.

L" gilet d' son gas sur ses g'noux, Continuell'ment ell' tricote En r'gardant d' ses bons yeux doux L' canot des baigneurs qui flotte, Et en veillant ses tout pHiots, Dont l'un, pas pus haut qu' ma botte.

Creuse un grand trou près des flots.

Tandis qu' l'autr' dans l'eau barbote.

Puis eir s'amus' des bourgeois Débarquant des trains, en masse, Pour venir prendr' des bains froids Qui leur font fair' la grimace.

Car souvent ces fameux bains Commenc'nt par des p'tits cris d' femmes Et par des pleurs de bambins Qu'-mouiirnt, tête et tout, les haut's lames.

L ANCIKNNK

Kir rit d' les voir si frileux

Dans cett' mer tiéd', qui miroite

Sous r soleil dont les mill' feux

Font un' longu' nap' d'or tout' droite...

Ris, va, bonn' vieille, et n' rêv' pas,

Comm' la nuit, qu'au banc d' Terr'-Neuve

Un vapeur te noi' ton gas,

Et d' ta beir fill' fait un' veuve !

Gervais-Courtellet/ciut.

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