PECHEURS A L'AUBERGE
2o avril 1893.
PÉCHEURS A LA.UBERGE
[Dans les environs de Saint-Malo, devant la mei\)
LE PÈRE THOMAS, patron.
JEAN-PIERRE et MATHURIX, matelots.
JEAN, novice.
FRANÇOISE, l'aubergiste.
LE PÈRE THOMAS, rentrant avec ses hommes.
Salut, la bourgeois* ! Donnez-nous du cide.
y crevons d' soif, bon Dieu! Allez, servez-nous!
FRANÇOISE
Comben d' bolé's ?
LE PÈRE THOMAS
Quale, allez, plumez-vous, Et passez-nous V pain, car j'avons F venir' vide.
FRANÇOISE
M'av'ous gardé du poisson d'à-matin ?
LE PÈRE TH03IAS
En voul'ous ?
FRANÇOISE
Oui, mais sT n'est pas cher, dame !
Comben ce p'tit lot ?
LE PÈRE THOMAS
Dix sous, mabrav' femme.
FRANÇOISE
Dix sous c' pau' p'iit loti C'est trop cher, mâtin !
LE PÈRE THOMAS
Comben donc pour vous ? -Sacré' marchandeuse ! .
PI^CHEUUS A l'auberge 217
FRANÇOISE
Dam'j' trouv'qiie c'iot là ii' vaut pas pus d' six sous.
LE PÈRE THOMAS
Six sous, ça ! v's êt's foll', bon sang j'serions fous D' vous r laisser à c' prix. V's ét's trop chipoteuse.
FRANÇOISE
Voyons j' vas vous Y prendr' pour huit. Ça va t' i'?
LE PÈRE THOMAS
Allons enl'vez-le! R"donnez-nous à boire.
J'ai un' soif de ch'val. Crédié c'est à croire
Qu' nous allons tous fondr' comm' du beurre, ici.