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Sept cardinaui en habits pontificaux, avec un Bacchus

peint sur la poitrine; en main un livre de chansons à l'honneur de Bacchus.

L'impératrice suivait de loin, en carrosse, pourvoir cette

procession. On avait allumé dans toutes les rues vies tonneaux «le poix.

\ l'arrivée de U procession dans la cour de la maison, un

grand nombre vie Russes Irappa a toutes lorces sur vies tonneaux \ivles. ce qui lit un tintamarre terrible I | .ardmaux

furent introduits et enfermés dans la chsmbrc on,

avec une bonne sentinelle a la porte.

L'empereur resta jusqu'à minuit, cl. en se retirant, mil son

sceau sur la porte, en sorte que personne ne pût sortir. Le conclave resta fermé de même, et chacun des cardinaux oblige de boire tous les quarts d'heure une grande cuillère de hois d'eau-de-vie, sans compter d'autres boissons.

Le lendemain matin, à six heures, Pierre Ier revint faire ouvrir les portes aux prisonniers. Les cardinaux passèrent ensuite dans la grande salle destinée pour l'élection, publièrent les trois candidats, en détaillant les qualités qui les rendaient recommandables. Ils ne purent se réunir sur un seul sujet, on passa aux voix : mais chaque fois elles furent égales pour les trois candidats. Alors on convint de les ballotter, et le choix tomba sur le commissaire des vivres, nommé Strohost. qui fut tout de suite porté sur le trône. Plusieurs cardinaux pleurèrent amèrement d'avoir manqué cette dignité, puisque le nouveau pape jouissait de deux mille roubles d'appointements, outre une maison à Moscou et à Saint-Pétersbourg et autant de bière et d'eau-de-vie de la cave de l'empereur qu'il lui en fallait pour sa consommation et celle de sa famille. Chacun fut obligé de lui baiser la main et la mule, sous peine d'une amende pécuniaire.

De son côté, il distribua de l'eau-de-vie à tout le monde: Bacchus la tirait du tonneau qui était sous le trône. Après quoi on descendit le pape du trône, on le mit dans le grand tonneau dont nous avons fait mention rempli de bière, dont il versa à boire, à droite et à gauche, à tous les assistants.

On servit ensuite une grande table au conclave ; l'abbesse et ses trois assistantes portèrent les plats. Il y en avait de viande de loups, de renards, d'ours, de chats, de souris, etc.

La simplicité de Pierre le Grand était extrême. — Toute sa maison se composait de douze jeunes gentilshommes qui servaient de valets de chambre et de douze grenadiers de sa garde.

Il ne mit guère plus de quatre fois en sa vie un habit de gala: — il gardait volontiers son uniforme, en y joignant à l'occasion les accessoires les plus

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bi/.ine C'è lill m'en plcinScn.it. au moment

de donner audience a un ambassadeur polonais, il lit que le froid était un peu vit' pour sa tête. Regardant .1 cote de lui. il cueillit, eu guise de calotte, l'énorme perruque de son chancelier (iolouinc qui resta ch iuvc pendant toute la .séance, dont l'eUe:

devait être assez bouffon.

Pierre avait lui-même peu de cheveux, Pendant campagne de Perse, il se les était fiait couper

et en avait fait taire une petite perruque qu'il gardait dans sa poche et qu'il mettait à l'occasion. Si elle ne suffisait pas. il usait du procède relaté plus haut en prenant la perruque de Menschikoff OU de tout autre seigneur à sa portée.

A L'occasion, il ne dédaignait point les perruques Je bourgmestre. A Dantxick, un dimanche, il était

entre à l'église pendant le service divin. Pour lui taire honneur, le bourgmestre le place à seau bapC des MiagistratS municipaux, mais à peine le CZar est-il assis qu'il sent le froid tomber des VOÛtes sur son cr.ine et qu'il se coiffe sans façon de l'ample

perruque de son voisin. Cette liberté parut étrai aux Dantzickois. Il tant ajouter qu'après le sermon. Pierre replaça la perruque où il l'avait prise, en

remerciant par une petite inclination de U

I es récits de sou voyage en France me donnent

encore une dernière preuve de son sans-fa '

propos de perruques. Arrivé .! Pari . dan

tements qui lui avaient été préparés, il ne voulut

point touehei aux habits qui l'attendaient, et

tenta de coiffer une perruque à la française après en avoir rogné la moitié à grands coups de ciseaux. Je aisse à penser si le Paris de la mode cria au Ta r tare.

J'ai dit qu'il avait pour pages une douzaine de jeunes gentilshommes. Sans leur donner de fonctions précises, il les pliait à tous les métiers : adjudants, chambellans, fourriers, courriers, ou valets de chambre. En voyage, le page de service faisait même les fonctions d'oreiller, et voici comment. Presque toujours le czar ne reposait que sur la paille et donnait à son page l'ordre de se coucher comme un traversin. « Dans cette posture, il fallait que le malheureux prît patience et ne fît pas le moindre mouvement. Car , dit Stœhlin , autant il était gai après avoir reposé , autant il était sombre et de mauvaise humeur quand on troublait son sommeil. »

Vue sous certains côtés, cette simplicité excessive touchait à la parcimonie.

Il faisait raccommoder ses bas et ressemeler ses souliers.

Sa voiture était une carriole à deux roues. Pendant l'hiver, il prenait de simples traîneaux de place et se trouvait souvent obligé d'emprunter au premier passant pour payer le cocher.

Il était parrain de presque tous les enfants des officiers de ses gardes. A l'occasion, il ne refusait même pas les simples soldats ; mais pour ceux-ci il ne donnait pas plus d'un rouble de cadeau en em-

PIERRE LE GRAND. i I ~

brassant l'accouchée. Les femmes d'officiers o

liaient un ducat.

Pour taire gagner son maître d'hôtel, il avait imaginé d'organiser chez lui des dîners et des soUpei

prix fixe, — ses généraux et ses officiers y pavaient comme lui leur quote-part d'un ducat.

l'ilote amateur, il conduisit plus d'une fois des vaisseaux anglais de Saint-Pétersbourg à Cronstadt, recevant chaque fois le salaire ordinaire en firom

et en argent.

Une autre fois, il fabriqua près de huit cents livres de fer dans la première usine métallurgique qui avait été établie de son temps en Russie par un Allemand. Werner Muller. Les seigneurs de sa suite avaient la charge d'apporter le charbon et de faire aller le soufflet Puis, il réclama son salaire en disant :

« Voilà de quoi acheter des souliers. C'est autant

d'épargné. »

Les souliers furent achetés et le c/ar se plaisait a les montrer à sa cour en répétant :

■ Voilà des souliers acquis du travail de mes

mains. »

Les dangers courus par Pierre dans sa jeunesse

lui donnaient une crise ner\ euse particulière a certains moments et surtout en cas de grande colère OU

de réveil subit. Le moyen de combattre cette infirmité était singulier. Son cuisinier courait aussi vite

que possible tuer une pie ; sans la plumer ni la \ îder,

il la rôtissait jusqu'au point ou elle était as.

-cinée pour en faire une poudre dont une dose guérissait l'illustre malade.

Stœhlin ne dit pas un mot du remède de la pie, mais il en indique un autre que le comte Paul Jagouchinsky, page du czar, avait imaginé le premier. Dès qu'on voyait Pierre tendre le cou et contracter le visage, on allait bien vite chercher l'impératrice ou la première femme ou fille venue, pourvu qu'elle fût jeune et belle. La surprise agréable causée par cette apparition inattendue suffisait, paraît-il, pour amener la prompte disparition de l'accès.

Le second remède me paraît infiniment plus naturel.

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