Idace, lac. cil., n
o. Ibid., n. 190: « Jubente Maldere, Suevi, in solitam perfidiam versi, regionem Galliciae adhserentem fluminl Durio deprœdantur ». 6. Ibid., n. 193. — 7. Ibid., n. 188. 8. Majoriani «or., titres ii, m, iv, v, vi, vu, ix, .\i.
LA GUERRL: contre L'EMPIRE 185
de la diminution des fortunes acquises et de la difficulté de créer des ressources nouvelles qui ne permettaient pas le recouvrement régulier des impôts. 11 est fait remise par cette décision impériale de tout ce qui est dû au fisc jusqu'au commencement de la onzième indiction, qui courait alors depuis le mois de septembre précédente Le 8 mai de la même année, Majorien adresse à tous les gouverneurs des provinces une constitution pour faire élire dans les villes des défenseurs, chargés de protéger les faibles contre l'oppression cpii les réduisait au désespoir. Ce sera, dit l'empereur, le moyen de repeupler les villes que les habitants abandonnent pour se soustraire aux vexations des compulseurs ".
Une loi, datée de Ravenne le 11 juillet 458 et adressée <à .Emilianus, préfet de la ville ^ a pour but d'empêcher la
1. Majoriani nov., titre n (Haenel. pp. 295, 297). Cette novelle est adressée au préfet du prétoire Basilius. FI. Caesina Decius Basilius fut certainement trois fois préfet du prétoire d'Italie, en 4o8, en 463 et en 465. En 463, il avait la dignité de patrice et fut consul ordinaire {Œuvres de Borghesi, Prsef'ecli l'vsetorio Italiae, xc, .xcii, t. X, pp. 623, 626). il fut peutêtre une quatrième fois préfet du prétoire, en 483. Dans le concile de Rome, tenu en 502 (Labbe, Conc t. Y, p. 473), il est fait mention d'un Ba.silius, préfet du prétoire sous Odoacre, qui, après la mort du pape Simj)lice, avait été délégué pour représenter Odoacre, au nom duquel il avait intimé à l'assemblée du clergé la défense de proclamer le nouveau pontife avant de s'être assuré du consentement du roi. Ce personnage était déjà mort en o02, puisqu'il est dit d'illustre mémoire, comme le remarque Borghesi (t. X, \). 629). Il ne peut donc être identifié avec Basilius, préfet du prétoire sous Théodoric le Grand en 511, lequel est probablement celui qui fut consul, avec Longinus en 486 (Edouard Cuq, Œuvres de Borghesi, t. X, p. 632). Tillemont [Empereurs, t. VI, p. 444) pense que Basilius, préfet en 483, peut être le même qui avait rempli cette fonction en 438, 463 et 463, tout en observant l'incertitude qui résulte de ce (]uil n'est pas qualifié ex-consul, titre qui aurait dû lui être donné. Ms-^ Ducbesne [Liber ponlificalis. t. Il, p. 251, n. 16), partage le sentiment de Tillemont, et donne au préfet de 483 les noms de Cassina Basilius.
2. Major, nov., tit. m (Haenel, p. 301). Les compulseurs, officiers chargés de contraindre les contribuables en retard au paiement de l'impôt, se croyaient autorisés à les pressurer. Ils étaient le fléau des i)rovinces. (Edouard Cuq, Œuvres de Borfjhesi, t. X, p. 747).
2. Major, nov.. tit. iv, (Haenel, p. 302); — Tillemont, Majorien, note ii: Empereurs, t. VI, p. 635; — Borghesi, t. X, p. 623. Il est certain qu'.Emilianus était préfet de la ville, et non préfet du pré-
destruction des monuments endomniag'és. Elle prouve la sollicitude du nouvel empereur pour la conservation de Rome, mais montre aussi à quel degré de délabrement Rome était réduite. Pour reconstruire ou réparer tant bien que mal leurs demeures, les particuliers en étaient arrivés à prendre des matériaux dans les ruines des monuments. Ces monuments étaient dans un état déplorable, et la misère était si grande que l'autorité ne croyait pas devoir s'opposer à l'enlèx-ement de débris appartenant au domaine public. Des abus ne pou\'aient manquer de se produire, et plus d'un particulier peu délicat ne^se faisait pas faute sans doute de démolir des monuments incendiés. Le nou\el empereur, \oulant mettre un terme à ces déprédations, défendit sous des peines sévères aux magistrats d'autoriser des particuliers à porter atteinte aux temples et autres édifices. « S'il s'en trou^■e, dit l'empereur, dont la réparation est impossible, et si on a besoin de matériaux pour la construction d'un nouvel édifice public, il en sera donné a^'is à l'illustre et vénérable Sénat, afin que celui-ci, dans les cas où il le jugerait nécessaire, soumette la question à notre autorité, car tout monument qui ne pourra être restauré, doit au moins ser^•ir à fournir des matériaux à un autre édifice public. »
La teneur de cet édit révèle un des fiéaux, et non un des moindres, dont souffrait le monde romain, l'absorbante centralisation, créée par l'administration impériale qui s'était emparée de toutes choses, s'arrogeait le droit de tout régler, jusqu'aux plus petits détails, et ne laissait subsister aucune autorité indépendante, aucune activité libre, môme dans les plus petites affaires locales. Majorien avait (>u beau proclamer hautement son intention de gouverner avec le Sénat, les habitudes administratives ne lui permettaient
toire, carleSiYoD.de Majorien, ii, vi et vu. prouvent que pendant toute l'année 458 cette fonction fut exercée par Basilius.
même pas d'abandonner à la liante assemblée le droit de prendre une décision au sujet d'édifices tellement ruinés qu'on ne pou\'ait les l'établir, le Sénat ne pourra Cju'examinei- la question et en référer à l'empereur. Le pouvoir impérial absorbait la vie de la société tout entière. Les conti-aintes imposées par ce système, les exigences insatiables du fisc et les ^'exations qui en étaient les conséquences fatales, jointes aux guerres, aux invasions, aux luttes politiques et religieuses, avaient tari les sources de prospérité et amené la dépopulation des villes et des campagnes. Pour porter remède à cette cause d'affaiblissement, Majorien promulgua, le 2fi octobre 438, une loi qui ne fit qu'ajouter de nouvelles contraintes à tant d'autres et que son successeur abrogea le 20 février 463 ^ Une autre loi, du 6 novembre de la même année 458, a pour but de restaurer les curies nuniicipales. « 11 faut, dit l'empereur, considérer les curies, que les anciens appelaient avec raison de petits sénats, comme le nerf de la république et l'âme des villes, et cependant elles ont été tellement opprimées par l'iniquité des magistrats et par la vénalité des exacteurs que la plupart de leurs membres, renonçant à leur dignité et à leur pays, ont cberciié un asile obscur, hors de chez eux'-. »
Rele^'er Rome et l'Etat n'était point possible tant que lun et l'autre resteraient exposés aux invasions, et le danger le plus pressant venait de l'Afrique, d'où les Vandales pouvaient, d'un moment à l'autre, sortir pour recommencer leurs courses et leurs pillages. Dès le commencement de son règne, ]Majorien eut à lutter conti-e eux. Il le fit avec succès. Ses armées défii'ent un corps de \'andales (jui a^■ait débarciué en Campanie sous les ordres du beau frèi'e de (jenséric : ce chel
1,. Major, nov , lit. vi (llaenel, p. î0(j-314); — Seuevi nov., tit. i (Ilaencl, p. 335).