Ibid
(le les reveiuliquei'. Aux yeux des populations conquises, comme au regard de la cour de Byzance, l'empereur restait le seul sou\erain légitime, et les princes barjjares, dans les provinces qui leur étaient cédées, étaient censés exercer le pouvoir par une délégation, toujours révocal^le, de la puissance impériale. Tel fut l'esprit de toutes les conventions de lEmpirc avec les conquérants barbares, même de celles qui furent conclues à une époque postérieure avec Clovis dans les Gaules', avec Théodoric le Grand et ses successeurs en Italie-, tel fut certainement aussi le sens de l'accord ménagé par Sévère entre Zenon et Genséric. L'impuissance de l'Empire restait donc pour le roi des Vandales le seul gage etïectif d'une domination durable en Afric[ue, ses alliances avec les rois barbares, leurs invasions et leurs conquêtes sur les territoires l'omains, les divisions qui affaiblissaient l'Orient, demeuraient les conditions nécessaires de sa sécurité.
Zenon ne tira des négociations de Sévère que le seul avantage d'épargner à ses Etats les courses continuelles des Vandales. Vers la fin d'octobre, ou en novembre de cette même année 475, la conjuration ourdie par Basiliscus et sasœurlimpératrice Vérine, veuve de l'empereur Léon, éclata tout à coup\
1. Grégoire de Tours, Hist. Franco/'., u, 38 (édit. Arndt, .1/. G., Script. rer. merovingic.,t. I, p. 102); — Godefroid Kurth, Clovis.
2. Procope, De bello golh., i, 6 {G. S. H. B.,p. 29) ; — Anon. Valesian., pars posL, 49 (M. G., A. A., t. L\, p. 310) ; — F. Matroye, YOccident à l'époque byzant., Goths et Vandales, pp. 34, 59, 283, 487.
3. On sait, d'une part, que l'usurpation de Basiliscus dura environ deux ans [Ckronicon paschale, a. 477; C. S. H. B., p. 600 ; — Zonai'as, Epitome historiar., \iv, 21 ; C. S. H. B., Zonaras, t. III, p. 130) ou plus exactement vingt mois (Victor Tonnennensis, Chron, a. 476; M. G., J. .1., t.XI, p. 189; — Vvoco\)C, De bello vandal., i, 7 :C. S. H. B., p. 342, lig. 19). D'autre part, il est certain qu'au mois d'octobre 477, Zenon était rétabli sur le Irùne à Constantinople depuis quelque temps, car le papeSimplice, dans une lettre adressée à Zenon et datée du 8 ou du 9 octobre 477 {Simplicii papne ep. vin; Migne, P. L., t. LVIII, pp. 44-46), félicite ce prince de sa restauration. Pour que la nouvelle de cet événement fût connue à Rome en octobre 477, il fallait qu'il se fût écoulé un certain temps, plus d'un mois, de|)uis la rentrée de Zenon à Constantinople; sa restauration était donc un l'ait accompli
Basiliscus, soutenu par Théodoric le Louche \ le fidèle allié de Genséric, se fit proelamer enipereui-, tandis que Zenon, qui par crainte d'être assassiné dans le palais de B} zance ^ s'était retiré à Chalcédoine ^ sous quelque prétexte d'affaires \ se vit réduit à se sauver sur des cheAaux de postée II s'enfuit en Isaurie % où sa femme Ariadne, avant
en juillet, ou en août au plus tard. Or, si on compte vingt mois avant juillet 477, on est amené à fixer la date de la révolte de Basiliscus à la fin d'octobre ou en novembre 475. Cette date coïncide avec une indication de la chonographiede Jean Malalas (liv. xv ; C. S. //. B., p. 377j, qui met la fuite de Zenon après le dixième mois de la seconde année de son régne. C'est en effet en ce sens qu'il faut entendre ce texte, comme l'a entendu Tiliemont [Empereurs, t. VI, j). Gio). Zenon, dont l'avènement eut lieu au commencement de 474, était, en 475, dans la seconde année de son règne, et le mois d'octobre était le dixième de cette seconde année. Une lettre du pape Simplice, donnée comme adressée à Zenon, et datée du ^0 janvier 476 (P. L., t. LVIII, pp. 38-41), et deux lois de Zenon qu'on datait du 1" janvier et du 20 février de cette même année (Cod. Jiist., V, tit. XII, 28 et V. tit. xxvii, 5), ont fait conjecturer qu'il fallait mettre la révolte de Basiliscus en 476, et non en l'année 475, indiquée par le comte Marcellin et Victor de Tonnenna (M. G., A. A., t. XI, pp. 91 et 188). ftlais la lettre du pape Simplice, qui est en réalité du 2 juin, fut adressée à Basiliscus, dont le nom a été changé en celui de Zenon par une erreur de copiste (Pagi, a)i7i. 476, xiv). Dans la loi du 1°' janvier, adressée à iElianus, préfet du prétoire, l'indication de l'année « Basilio Basilisco) ii et Armatio (Armato) Conss. » doit être corrigée en c Basilio Juniore cons. », qui est l'année 48U (Tiliemont, Empereurs, t. VI, p. 6io: — cdouard Cuq, Œuvres de Borghesi, t. X, p. 364, 7wle S). Quanta la loi du 2(1 février, on corrige « Basilisco ii et Armato » en « i'ost consulatum Armati V. G. » (477) (bdouard Cuq, Œuvres de Borghesi, t. X, p. 363, note 2). Il n'en subsiste pas moins une difficulté. Comme on vient de le voir, Zenon ne régnait pas plus en février 477 qu'en 476, on ne peut donc expliquer le nom de Zenon dans la suscription de cette loi qu'en admettant qu'il a été substitué, dans le code, à celui de Basiliscus, sous l'usurpation duquel cette constitution, non abrogée après sa chute, avait été promulguée.
1. Malchus, Excerpta de légation, gentium ad Romanos, 4; — Exe. de légation. Romanor. ad gentes, 9 (C. S. H. B.. pp. 238 et 268).
2. Chronicon paschale a. il~ (C. S. H. B., p. 600) ; — Jean Malalas, Chronogr., xv (C. S. H. B., p. 377).